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Liquidée en 2022, la marque Camaïeu rachetée par Celio renaîtra le 29 août

latribune.fr

Publié le 21 juin 2024 à 09:34 - Mis à jour le 21 juin 2024 à 09:34

En décembre 2022, Celio avait racheté la marque Camaïeu pour 1,8 million d'euros lors d'une vente aux enchères.

En décembre 2022, Celio avait racheté la marque Camaïeu pour 1,8 million d'euros lors d'une vente aux enchères.

ErasmusOfParis, Wikipédia (CC BY-SA 2.0)

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L'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu, dont la liquidation fracassante en septembre 2022 avait laissé plus de 2.000 salariés sur le carreau, renaîtra de ses cendres le 29 août dans 12 magasins et en ligne, a annoncé vendredi la direction de Celio, qui a racheté la marque.

Camaïeu renaît de ses cendres. Symbole du déclin du prêt-à-porter en France depuis sa liquidation en 2022, la marque fait son retour le 29 août dans 12 magasins et en ligne, a annoncé la direction de Celio, qui a racheté la marque, ce vendredi.

«On n'a racheté que le nom Camaïeu, pas les magasins, sans les équipes, dans l'idée de lancer chez Celio une ligne femme», a déclaré à la presse Sébastien Bismuth, le président de Celio, qui a acquis Camaïeu aux enchères en décembre 2022.

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Des collections femmes « be camaïeu »

L'objectif est « de créer des magasins de grande surface, entre 700 et 1.000 mètres carrés », notamment en agrandissant les magasins Celio existants, qui en plus de l'offre hommes habituelle, proposeront des collections femmes sous la marque « be camaïeu », a explicité Sébastien Bismuth. Deux des douze boutiques - situées en France (Lille, Bayonne, Valence, etc.) mais aussi en Belgique (Bruxelles) - seront uniquement dédiées à « be camaïeu » dont les collections se veulent « du quotidien ».

«Connue de toutes les femmes en France», Camaïeu «était leader» en 2020, avec 8% de parts de marché, «devant Zara, H&M et Kiabi», a rappelé Sébastien Bismuth.«Celio avait besoin d'élargir sa gamme(...).Toutes les enseignes internationales aujourd'hui font de l'homme et de la femme», a-t-il justifié.

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« Nous avons déjà 25% de femmes qui rentrent chez Celio pour acheter des produits pour leur mari, ami, frère ou famille (...). On va pouvoir leur proposer une ligne femme », s'est réjoui Sébastien Bismuth, qui définit Camaïeu comme « l'alter ego de Celio », à la fois en termes de style et de prix.

Une cinquantaine de postes créés dans l'immédiat

L'objectif annoncé est de constituer un parc d'une cinquantaine de magasins sous ce format dans les « trois, quatre ans à venir ». Dans l'immédiat, une cinquantaine de postes va être créée dans les boutiques et 25 au siège, a précisé le patron de Celio. « Nous étudierons tous les CV des anciens de Camaïeu », a promis Sébastien Bismuth.

Le président de Celio n'a pas souhaité communiquer ni sur les investissements nécessaires à l'opération, ni sur le chiffre d'affaires de Celio. En revanche, il a soutenu que l'entreprise « était en croissance depuis trois ans et rentable » et « gagnait des parts de marché ».

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Illustration de la newsletter Industrie et service

Fondée en 1978, la marque de prêt-à-porter masculin Celio compte actuellement 320 magasins en France et est présente également en Espagne, en Belgique, en Afrique du Nord. En décembre 2022, Celio avait racheté la marque Camaïeu pour 1,8 million d'euros lors d'une vente aux enchères.

Licenciement de plus de 2.000 personnes

Pour rappel, Camaïeu avait été placé en liquidation judiciaire en septembre 2022, deux ans après sa reprise par une filiale de la Financière immobilière bordelaise (FIB) de l'homme d'affaires Michel Ohayon. L'enseigne fondée en 1984 à Roubaix (Nord) avait été chahutée par la crise sanitaire et une coûteuse cyberattaque. Cette liquidation avait entraîné le licenciement de plus de 2.000 personnes, la fermeture de plus de 500 magasins et suscité l'émoi du monde de la mode et de la politique.

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Prêt-à-porter : inflation, fast fashion... La « correction n'est pas terminée » pour le milieu de gamme

« Il y en a quelques-uns que je connais qui ont trouvé du boulot », a témoigné Laurent Gunst, ex-élu du CSE, auprès de l'AFP. « D'autres sont en formation ou en reconversion », car « les personnes n'ont pas forcément trouvé dans leur branche », a encore expliqué le responsable. Selon une ancienne salariée CFDT de Camaïeu à Dunkerque, « environ la moitié des anciens salariés n'ont pas retrouvé du travail à ce jour ». « Une partie est toujours sur le carreau, c'étaient des gens qui n'avaient pas encore tous leurs trimestres pour la retraite », a dénoncé celle qui n'a pas non plus retrouvé de travail.

Naf Naf repris par une entreprise turque

Autre bonne nouvelle pour une marque de prêt-à-porter féminin en difficulté : Naf Naf, en redressement judiciaire depuis septembre dernier, a été reprise mardi par une entreprise turque de fabrication de tissus, ce qui sauve près de 90% des emplois, selon une décision de justice consultée par l'AFP.

La société Migiboy Tekstil a offert plus de 1,5 million d'euros pour reprendre Naf Naf et s'est engagée à sauvegarder les emplois de 521 personnes et à conserver 100 boutiques en propre. Cette entreprise turque emploie environ 750 personnes, lit-on sur son site. En mai dernier, la direction de Naf Naf avait déclaré auprès de l'AFP que l'offre de Migiboy Tekstil témoignait d'une « réelle volonté de reprendre l'entreprise ».

Violente crise dans le prêt-à-porter

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Camaïeu, Kookaï, Gap France, Don't Call me Jennyfer, André, San Marina, Minelli, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, DPAM, Sergent Major, Princesse Tam Tam, Kaporal, IKKS... Le prêt-à-porter traverse une violente crise depuis plus d'un an. Ces marques bien connues des centres-villes français ont souffert d'un cocktail détonant : pandémie, inflation, hausse des prix de l'énergie, des matières premières, des loyers et des salaires, ou encore concurrence de la seconde main et de la « fast fashion ». Selon l'Institut français de la mode (IFM), le volume des ventes dans le secteur de la mode a reculé de 4% en 2023.

(Avec AFP)

latribune.fr

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