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Prêt-à-porter : nouveau sursis pour l'enseigne Naf Naf, en redressement judiciaire

latribune.fr

Publié le 06 mars 2024 à 16:03 - Mis à jour le 06 mars 2024 à 16:03

Naf Naf emploie aujourd'hui 621 salariés (ils étaient 657 il y a deux ans) et compte 112 boutiques succursales et 60 boutiques affiliées, selon la CFDT.

Naf Naf emploie aujourd'hui 621 salariés (ils étaient 657 il y a deux ans) et compte 112 boutiques succursales et 60 boutiques affiliées, selon la CFDT.

ReutersMagali Cohen / Hans Lucas via Reuters Connect

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Le tribunal de commerce de Bobigny a décidé ce mercredi de prolonger la période d'observation de six mois, a appris l'AFP de sources syndicales. Lourdement endettée, en raison notamment de loyers impayés durant le Covid, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire en septembre dernier.

Le sort de l'enseigne de prêt-à-porter féminin Naf Naf, actuellement en redressement judiciaire, ne sera pas scellé ce mercredi. Les juges ont en effet décidé de prolonger la période d'observation de six mois, a appris l'AFP de sources syndicales.

Cette période d'observation court donc jusqu'au 6 septembre prochain, avec une audience intermédiaire le 28 mai, a fait savoir la déléguée syndicale CFDT, majoritaire chez Naf Naf, après avoir lu le jugement du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

La descente aux enfers d'une enseigne célèbre

Pour rappel, Naf Naf emploie aujourd'hui 621 salariés (ils étaient 657 il y a deux ans) et compte 112 boutiques succursales et 60 boutiques affiliées, selon la CFDT. En 2022, son chiffre d'affaires s'élevait à 141 millions d'euros.

Lourdement endettée en raison notamment de loyers impayés durant le Covid, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire en septembre 2023. La direction avait alors affirmé à l'AFP « tout faire pour remettre sur pied Naf Naf dans l'année à venir ». Au moment de ce redressement, le « passif exigible » de Naf Naf, c'est-à-dire ses dettes, s'élevait à 40 millions d'euros, selon le tribunal de commerce de Bobigny.

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L'enseigne de prêt-à-porter Naf Naf placée en redressement judiciaire

En octobre 2023, la CFDT avait annoncé que Naf Naf comptait fermer 17 magasins dans le cadre d'un nouveau plan social, menaçant 87 emplois en boutiques et 30 au siège. En parallèle, une autre procédure est actuellement engagée auprès du tribunal administratif. Celle-ci pourrait faire annuler le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) d'octobre 2023, a indiqué de son côté le syndicat Sud Commerces et Services sur le réseau social X, précisant qu'une décision sera prise le 19 mars prochain.

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Victime d'une conjoncture défavorable

« Suite à la reprise, la société "New Naf Naf" a fait face à une conjoncture défavorable pour le secteur de la vente au détail, avec le prolongement des mesures de restriction » durant la pandémie, « puis à l'inflation liée à l'augmentation du coût des matières premières », pouvait-on lire dans le jugement du redressement judiciaire. « La société n'a pas bénéficié de prêt garanti par l'Etat », précisait encore le document.

Lancée en 1973 par deux frères, Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf avait déjà été placée en redressement judiciaire en mai 2020. L'entreprise avait alors été reprise par le groupe franco-turc SY International, qui emploie plus de 1.000 personnes dans le monde, et avait déjà acquis l'enseigne Sinéquanone en 2019.

Le prêt-à-porter français se meurt

Kookaï, Naf Naf, Pimkie, Gap France, Don't Call me Jennyfer,

Burton of London

... Ces dernières années ont été particulièrement funeste 

pour nombre d'enseignes iconiques des centres-villes français.

Chez ces entreprises de prêt-à-porter en difficulté, les conséquences prennent des formes diverses. Certaines coupent dans les effectifs et ferment des magasins, comme Pimkie. D'autres sont placées en redressement judiciaire. Naf Naf en est un triste exemple. Certaines sont carrément liquidées, à l'image de San Marina le 20 février dernier, ou Burton of London, sept jours plus tôt.

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Prêt-à-porter : inflation, fast fashion... La « correction n'est pas terminée » pour le milieu de gamme

Les causes de leur chute peuvent aussi diverger. Selon les experts, après avoir été reprises, plusieurs sociétés pâtissent d'une mauvaise gestion de leur repreneur. Sont souvent citées les sociétés des galaxies des hommes d'affaires Michel Ohayon (Camaïeu, Galeries Lafayette, Gap France, Go Sport) ou Thierry Le Guénic (Burton of London, Orcanta, Maison Lejaby).

Interrogé par l'AFP mi-janvier, Yann Rivoallan, président de la Fédération du prêt-à-porter féminin, a partagé son analyse sur le sujet : « Il y a un vrai travail de formation à faire auprès des liquidateurs judiciaires, repreneurs et mandataires pour mieux comprendre l'écosystème de la mode ».

L'inflation, l'autre bourreau du secteur

Concernant les autres entreprises, « pour comprendre, il faut remonter à l'été 2022 », rappelait aussi à l'AFP Xavier Bailly, associé du cabinet en conseil Eight Advisory. Après une période « d'euphorie (...) très dynamique » marquée par la sortie du Covid, et la fin des ruptures d'approvisionnement, les marques ont réalisé « des commandes importantes ».

Or, d'après le consultant de Eight Advisory, fin 2022, l'inflation en France sévit, la consommation recule et les enseignes se retrouvent avec du surstock, des prêts contractés durant la pandémie qu'il faut rembourser, et une augmentation du Smic de ses employés de 9% sur un an.

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Et 2024 ne s'annonce pas sous de meilleurs jours, selon le dernier bilan annuel de l'Institut Français de la Mode (IFM), publié le 15 février. Cette année, la consommation d'habillement et textile pourrait ainsi chuter de 1%. A titre de comparaison, en 2023, les ventes se sont repliées de 1,3% en valeur, et de 4% en volume par rapport à 2022. Au regard des chiffres de 2019, la chute a donc été de 5,6% l'année dernière.

La « fast fashion » a aussi dynamité le milieu de gamme

Le prêt-à-porter de milieu de gamme subit aussi de plein fouet la concurrence de la « fast fashion » (qui se caractérise par un renouvellement quasi-constant des collections, mais surtout des prix ultra bas). Selon le dernier bilan annuel de l'IFM, l

es articles du milieu de gamme sont ainsi devenus trois fois plus chers que ceux d'enseignes de e-commerce, comme les sociétés chinoises Shein ou Temu.

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Autre type de concurrence évoquée par l'IFM dans son dernier rapport : celle de la grande distribution, qui n'a cessé de développer son offre de prêt-à-porter ces dernières années. 

Enfin, au-delà de la multiplication du nombre d'acteurs sur le marché de l'habillement, l'IFM pointe aussi les choix faits par le milieu de gamme d'étendre ses parcs de magasins en dépit des difficultés que rencontrait déjà le secteur en 2007 et en 2008, momentum de la dernière crise financière majeure. L'essor de la vente en ligne en France à partir de l'année 2013, ne poussera pas non plus les vents en leur faveur.

(Avec AFP)

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