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Luxe : LVMH dévisse en Bourse après la chute de son bénéfice au premier semestre

Maxime Heuze avec AFP

Publié le 24 juillet 2024 à 12:10 - Mis à jour le 24 juillet 2024 à 12:33

Ce mercredi, LVMH a vu son cours chuter de plus de 5,39% à l'ouverture de la Bourse de Paris, vers 10h, avant de remonter à -4,3% à 661 euros, vers 14h, dans un CAC 40 en baisse de 0,95%.

Ce mercredi, LVMH a vu son cours chuter de plus de 5,39% à l'ouverture de la Bourse de Paris, vers 10h, avant de remonter à -4,3% à 661 euros, vers 14h, dans un CAC 40 en baisse de 0,95%.

Sarah Meyssonnier

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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La première capitalisation boursière du CAC 40 a perdu plus de 5% ce mercredi à l'ouverture de la Bourse de Paris. Une chute due à l'annonce, mardi soir, d'un bénéfice net de 7,26 milliards d'euros au premier semestre, soit en baisse de 14% par rapport aux six premiers mois de 2023. Un résultat plombé par la baisse de la consommation en Chine, qui annonce une année 2024 compliquée pour toute l'industrie du luxe.

[Article publié mardi 23 juillet à 19h47, mis à jour mercredi 24 juillet à 14h10] Les investisseurs ont sanctionné le géant du luxe. Ce mercredi, LVMH a vu son cours chuter de plus de 5,39% à l'ouverture de la Bourse de Paris, vers 10h, avant de remonter à -4,3% à 661 euros, vers 14h, dans un CAC 40 en baisse de 0,95%.

A l'origine de ce dérapage boursier : un résultat semestriel inférieur aux attentes. Après avoir habitué ses actionnaires à une croissance constante de ses profits et de son chiffre d'affaires, la première société du CAC a annoncé, mardi, une baisse de 14% de son bénéfice net au premier semestre. Celui-ci recule à 7,26 milliards d'euros. Le repli est également palpable pour la performance opérationnelle. Le taux de marge opérationnelle courante s'établit à 25,5% sur le semestre, contre 27,4% au premier semestre 2023.

Les ventes du groupe de Bernard Arnault ont elles aussi reculé de 1% à 41,68 milliards d'euros, « dans un climat d'incertitudes économiques et géopolitiques ». Le chiffre d'affaires est ainsi inférieur aux prévisions établies par les analystes de Bloomberg et Factset, qui tablaient respectivement sur 42,13 et 42,3 milliards d'euros.

« Les analystes prévoyaient une légère baisse du chiffre d'affaires et une détérioration marquée du résultat net pour le premier semestre 2024 (...) Cependant, les résultats réels ont été encore plus négatifs que prévu », explique l'analyste de XTB, Antoine Andreani, dans une note.

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Dans le détail, LVMH pâtit notamment d'un recul de 2% des ventes de la division phare du groupe, la mode et maroquinerie, à 20,77 milliards d'euros et d'une chute de 6% du résultat d'exploitation de cette division. Le groupe argue néanmoins qu'à structure et taux de change comparable, les ventes progressent toutefois de 1%, ce qui représente « une poursuite de la croissance sur une base de comparaison élevée ». De même, il met en avant la marge opérationnelle de près de 40 % de cette division, qui « demeure à des niveaux historiquement élevés ».

« La marge opérationnelle dans la mode et la maroquinerie est restée élevée, en particulier pour les marques Louis Vuitton et Christian Dior », note aussi Antoine Andreani.

Les ventes des montres et joaillerie reculent de 5% à 5,15 milliards d'euros. Les ventes de vins et spiritueux chutent de 12% à 2,8 milliards d'euros. Elles sont marquées par une baisse de consommation du champagne dans un contexte « de normalisation » de la demande selon le groupe, ainsi que par un cognac pénalisé par une faible demande en Chine. Le chiffre d'affaires des parfums et cosmétiques progresse de 3% pour passer les 4 milliards d'euros, tiré par les parfums et le maquillage. Sephora tire les ventes de la distribution sélective, en hausse de 3% à 8,6 milliards d'euros. La division est pénalisée par les ventes des galeries commerçantes dans les aéroports (DFS), qui restent en dessous de l'avant-Covid.

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Le secteur du luxe se grippe

Cette baisse, peu habituelle pour le géant français, semble être commune à tout le secteur du luxe ou presque. Entraîné par le géant du luxe, vers 09h45, Hermès reculait de 1,97% à 2.041 euros, Kering de 4,27% à 301,50 euros et l'Oréal de 1,63% à 398 euros.

Car les mauvaises nouvelles s'enchaînent dans l'industrie. Le 15 juillet, l'horloger suisse Swatch Group avait fait état d'une baisse de 70,5% de son bénéfice net au premier semestre, plombé par le ralentissement de la demande en Chine. La performance est « très mauvaise », ont jugé les analystes de Bernstein, soulignant également l'exposition du groupe à la classe moyenne chinoise. Le même jour, le groupe de luxe britannique Burberry a annoncé le remplacement de son directeur général, Jonathan Akeroyd, à la suite de la publication de nouvelles « performances décevantes ».

A noter, plusieurs groupes publieront leurs résultats du premier trimestre ces prochains jours, dont Kering (le 24 juillet), Hermès (le 25) et L'Oréal (le 30 juillet).

Une année 2023 record

Si les investisseurs ont fortement sanctionné les groupes de luxe, c'est parce que ces derniers ont connu une année 2023 très porteuse et ne s'attendaient pas à un début d'année aussi morose. Fin janvier, le numéro un mondial du luxe avait encore annoncé des résultats record pour l'année 2023, malgré un ralentissement du marché, avec des ventes de 86,2 milliards d'euros (+9%) et un bénéfice net de 15,2 milliards d'euros (+8%).

Surtout, rien ne laissait penser que LVMH ralentirait aussi brusquement. Toujours en janvier, Bernard Arnault avait affirmé que « tout en restant vigilants dans le contexte actuel, nous abordons l'année 2024 avec confiance ».

« Ce sera une année exceptionnelle et inspirante, marquée par notre partenariat avec les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (...) C'est pour LVMH une nouvelle opportunité de renforcer encore son avance sur le marché mondial du luxe et de contribuer au rayonnement de la France à travers le monde », avait-il ajouté.

De plus, pour le quatrième trimestre 2023, le groupe faisait état d'une croissance organique de 10% de son chiffre d'affaires. Et il était encore en hausse de 3% à taux de change et structure identiques au premier trimestre 2024.

LVMH reste optimiste

Au final, même le géant du luxe, qui était jusqu'ici passé entre les gouttes, se retrouve impacté par la baisse de la consommation en Chine. Ce qui semblait inévitable, le pays représentant 29% des ventes de tout le groupe de Bernard Arnault.

D'ailleurs, si le PDG déclare ce mardi que « tout en restant vigilant dans le contexte actuel, le groupe aborde la seconde partie de l'année avec confiance et compte sur l'agilité et le talent de ses équipes pour renforcer encore en 2024 son avance sur le marché mondial du luxe », les analystes sont peu optimistes sur l'année en cours.

« Le super cycle que le secteur a connu pendant la reprise post-pandémie semble toucher à sa fin et nous allons vers une normalisation de l'activité»expliquait àLa Tribune, en février, Charles-Louis Scotti, analyste chez Kepler Cheuvreux, responsable de la recherche dans le secteur du luxe.

Ce dernier table notamment sur une croissance annuelle des ventes de 6% pour le secteur du luxe entre 2023 et 2026 contre 11% entre 2019 et 2023.

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Néanmoins, tous les groupes de luxe ne souffriront pas de la même manière. « Nous nous attendons à ce que Hermès s'en sorte mieux que le reste du secteur en raison de sa clientèle plus aisée et de facteurs favorables en matière de prix. En revanche, Kering semble susceptible de sous-performer, reflétant les tendances du premier trimestre, les entreprises en redressement étant les plus durement touchées par le ralentissement du marché », avance Jelena Sokolova, analyste chez Morningstar, dans une note.

(Avec AFP)

Maxime Heuze avec AFP

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