Prix du lait : accord entre Lactalis et une organisation d'éleveurs
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Le groupe Lactalis a annoncé fin septembre qu'il allait réduire de 450 millions de litres sa collecte de lait en France.
CHARLES PLATIAU
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Le groupe Lactalis a annoncé fin septembre qu'il allait réduire de 450 millions de litres sa collecte de lait en France.
CHARLES PLATIAU
Le groupe laitier Lactalis (Président, Lactel, Bridel) et une organisation représentant des éleveurs ont annoncé ce vendredi s'être accordés sur une partie du prix du lait acheté par l'industriel. Une étape majeure, puisqu'elle permey de démarrer les négociations avec la grande distribution.
« Cet accord permettra à Lactalis France d'entrer au plus tôt en négociations commerciales au niveau national avec la grande distribution », confirment-ils ainsi dans un communiqué conjoint. A titre indicatif, l'Unell représente 62% des besoins du géant laitier.
Dans le détail, les deux acteurs expliquent avoir « acté (...) une nouvelle revalorisation de la matière première agricole », de 10 euros les 1.000 litres, à l'intérieur de la formule de calcul déterminant le prix payé aux éleveurs. Cela concerne une partie des débouchés de l'industriel, non dépendants des cours mondiaux : les produits de grande consommation (PGC) France, autrement dit les produits Lactalis vendus dans les magasins hexagonaux.
« Cette décision aura un impact positif sur la rémunération des producteurs », ajoutent l'Unell et Lactalis. Ils ne donnent toutefois pas d'estimation du prix final pour l'éleveur. Pour rappel, celui-ci dépend de la valeur donnée à la production agricole, mais aussi des prix auxquels Lactalis vend à d'autres industriels, à l'export.
Le groupe Lactalis a annoncé fin septembre qu'il allait réduire de 450 millions de litres sa collecte de lait en France, et donc se séparer prochainement d'environ 300 fournisseurs. Objectif affiché : mieux payer chaque tonne de lait. En tant qu'union rassemblant plusieurs organisations de producteurs collectés par Lactalis, l'Unell a mandaté depuis un cabinet pour chercher de nouveaux débouchés aux éleveurs concernés.
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Début novembre, l'Unell s'est même montré plutôt optimiste quant à la possibilité de trouver des repreneurs. « Dans l'ensemble, dans les deux zones concernées, l'Ouest (sud des Pays de la Loire, ndlr) et l'Est, le potentiel d'achat des laiteries consultées, une vingtaine, semble permettre de couvrir les volumes produits par nos fermes », s'était réjoui, auprès de La Tribune, Yohann Serreau, président de l'Unell. Ces laiteries identifiées semblent même en mesure d'absorber le lait des éleveurs non-membres de l'Unell.
La phase suivante impliquera d'affiner ce diagnostic. L'objectif de l'Unell est donc d'identifier au moins une solution pour chaque producteur d'ici à la fin de l'année, tout en laissant à chacun la liberté de l'accepter ou pas. Il s'agira ensuite de « mettre en relation, au début de l'année prochaine, producteurs et acheteurs de manière collective », afin de renforcer le poids des premiers et de simplifier les échanges des deuxièmes, ajoutait à ce sujet Yoann Serreau.
Cette communication intervient à quelques jours d'une mobilisation nationale des syndicats agricoles FNSEA et JA, qui réclament notamment des prix rémunérateurs. Les syndicats demandent depuis des mois que les industriels du lait se mettent d'accord avec les producteurs sur un prix d'achat. Ceci, avant de commencer à batailler avec les enseignes sur les tarifs des produits.
Chaque année, les négociations commerciales annuelles agitent l'écosystème agroalimentaire pendant plusieurs mois. Les agriculteurs refusent que la volonté de la grande distribution de payer le moins cher possible se répercute en bout de chaîne sur leurs revenus.
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En début de semaine, soucieux d'afficher son soutien au monde agricole, le distributeur alimentaire français Les Mousquetaires/Intermarché a affirmé qu'il ne commencerait aucune négociation avec les industriels laitiers « tant qu'aucun accord » avec les producteurs de lait « ne sera conclu ».
(Avec AFP)
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