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Titres-restaurant : les restaurateurs réclament la fin de l'utilisation en grande surface

latribune.fr

Publié le 26 septembre 2024 à 18:14 - Mis à jour le 26 septembre 2024 à 18:17

Une dérogation permet d'utiliser les titres-restaurant dans les grandes surfaces depuis 2022.

Une dérogation permet d'utiliser les titres-restaurant dans les grandes surfaces depuis 2022.

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Les syndicats de la restauration déplorent un important manque à gagner depuis la dérogation qui permet d'utiliser le ticket-restaurant sur tous les produits alimentaires en grandes surfaces. À Lyon par exemple, la mesure « fait mal » aux restaurateurs.

Les restaurateurs réclament la fin du ticket-restaurant dans les grandes surfaces à la fin de l'année. Dans un communiqué publié mardi, Franck Chaumes, président UMIH Restauration, demande « que la dérogation temporaire dont bénéficie actuellement la grande distribution ne soit pas reconduite au-delà du 31 décembre 2024 ».

Pour rappel, mis en place 2022 dans un contexte d'inflation élevée, ce dispositif permet à plus de cinq millions de salariés en France d'utiliser leurs « tickets-resto » pour acheter en rayon des produits non directement consommables (farine, pâtes, riz, viande, etc...), alors qu'ils sont normalement réservés aux seuls produits directement consommables en plus des restaurants. Censée au départ s'éteindre au 31 décembre 2023, cette dérogation a été prolongée d'un an par le gouvernement, fin 2023.

Résultat, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) déplore que « depuis le 4ème trimestre 2022 et l'entrée en vigueur de l'extension à tous produits alimentaires, la part de marché des grandes et moyennes surfaces [dans le titre-restaurant] a progressé de 8.4 points alors que celle des restaurateurs a reculé de 6.4 points sur la même période ».

« Sur 1 an, cela représente un manque à gagner de 576 millions d'euros pour les restaurateurs et un transfert d'activité de 756 millions d'euros au profit de la grande distribution. À peine 40% des titres-restaurant sont aujourd'hui dépensés dans les restaurants », poursuit l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.

« Une nouvelle prolongation de l'utilisation à tous produits alimentaires transformerait à coup sûr le titre-restaurant en titre caddie », déclare Franck Chaumes.

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La révolution des titres-restaurant : vers une dématérialisation totale

« 1 milliard d'euros absorbés par les grandes surfaces »

Dans un communiqué publié jeudi dernier, le Syndicat National de l'Alimentation et de la Restauration Rapide (SNARR) appelait déjà « les pouvoirs publics à recentrer l'utilisation des titres-restaurant sur les produits de la restauration et ce dès le 1er janvier 2025, afin d'assurer la pérennité de ce mode de paiement ».

Selon le SNARR, « cet élargissement à tous les produits alimentaires, depuis août 2022, favorise les grandes et moyennes surfaces, au détriment des commerces de proximité : restaurants, commerces de bouche, boulangeries, traiteurs, bouchers... ».

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« Selon le CNTR (Commission Nationale des Titres-Restaurant, NDLR), environ 1 milliard d'euros de chiffres d'affaires en titres-restaurants ont ainsi été absorbés par les GMS en seulement un an. À la fin du deuxième trimestre 2024, ce secteur représentait 30,8% du flux financier du marché des titres-restaurants », ajoute le syndicat.

« Dans un contexte de recul de l'inflation à moins de +2% par rapport à l'année 2023, et de période estivale mitigée pour les restaurateurs, le SNARR appelle à revenir au périmètre initial du titre-restaurant ».

La mesure fait mal à Lyon

À Lyon par exemple, l'extension du ticket-restaurant aux grandes surfaces ne passe pas pour les restaurateurs. Cumulée à l'inflation et au télétravail, aux problématiques d'accessibilité en ville, ou encore au remboursement des prêts garantis par l'Etat, la mesure « fait mal » soutient Thibault Salvat, président de la branche restauration de l'UMIH du Rhône, comptant 250 restaurateurs sur 1.000 adhérents.

« Le centre-ville souffre beaucoup plus que les extérieurs de ville. Le midi, les quartiers d'affaires se sont un petit peu dépeuplés avec le télétravail. Les personnes, si elles ne sont qu'un ou deux collègues dans un bureau, ont moins envie d'aller au restaurant », regrette auprès de La Tribune Thibault Salvat, qui précise que le prix moyen d'un déjeuner complet se situe entre 19 et 25 euros à Lyon, dans la tranche du plafond autorisé de la carte ticket-restaurant.

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Restaurant : 11 suppliques pour la rentrée

Selon le restaurateur, le « recentrage » du ticket-restaurant permettrait d'attirer à nouveau une clientèle professionnelle, qui n'aurait d'autres choix que de déjeuner au restaurant pour dépenser ses avantages, hors commerce de bouche et boulangeries. Une mesure jugée « urgente » par ce professionnel, qui déplore une activité en « chute libre pour les établissements de moyenne gamme » à Lyon. Un tableau étayé par plusieurs fédérations professionnelles.

«Depuis la rentrée, la situation des restaurateurs est catastrophique : il ne se passe rien», estime en effet Gilles Courteix, président du Medef du Rhône. «Les cuisinistes ne tournent pas, les vendeurs de vin ne tournent pas... Tout cela crée une spirale négative.»

À l'inverse, les restaurants d'entrées et haut de gamme s'en sortiraient quant à eux "plutôt bien" dans la capitale de la gastronomie selon Thibault Salvat. Pour ces derniers, si la clientèle d'affaires se fait quand même plus rare, "il y a aussi une population qui vient moins au restaurant, mais qui privilégie des établissements un petit peu plus haut de gamme".

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Ainsi, l'Observatoire de l'Ordre des experts comptables a tout de même noté une légère reprise de l'activité en Auvergne-Rhône-Alpes début 2024, avec +2,7 % d'activité en restauration traditionnelle.

(Avec AFP)

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