Toyota bat des records avec un bénéfice net de 13,6 milliards d'euros en 2013-2014

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Akio Toyoda, le PDG de Toyota, a annoncé des résultats records pour son groupe, en partie grâce à la dépréciation du yen et la hausse de sa production de véhicules. Reuters
Akio Toyoda, le PDG de Toyota, a annoncé des résultats records pour son groupe, en partie grâce à la dépréciation du yen et la hausse de sa production de véhicules. Reuters (Crédits : reuters.com)
Après un niveau de production historique atteint l'an dernier, le constructeur d'automobiles japonais dégage un bénéfice net annuel presque doublé sur un an.

Le premier constructeur mondial d'automobiles fait ronfler ses mécaniques. Déjà champion de la production avec dix millions de véhicules assemblés en un an, Toyota bat cette fois un record de bénéfice net en 2013-2014. Son résultat a presque doublé sur un an et il estime même pouvoir le maintenir en 2014-2015, malgré des inquiétudes pour les pays émergents.

Un résultat soutenu par la dépréciation du yen

Entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2014, le premier constructeur mondial a dégagé un profit net de 1.823 milliards de yens (13,6 milliards d'euros au taux de change moyen de l'exercice). Pour l'exercice 2014-2015 en cours, il pense que ce bénéfice net va s'effriter de seulement 2,4% à 1.780 milliards de yens (12,7 milliards d'euros au taux de change prévu par Toyota).

Le géant basé dans la région de Nagoya (centre du Japon) a expliqué avoir bénéficié de la forte dépréciation du yen. La monnaie japonaise a en effet perdu environ un quart de sa valeur face au dollar et à l'euro du fait de la politique du Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a poussé la banque centrale du pays à nettement assouplir sa politique monétaire.

A coût de production égal et à prix de vente identique, les véhicules fabriqués par Toyota au Japon puis exportés rapportent désormais beaucoup plus car le fruit de leur vente dans des devises étrangères est converti en yens dépréciés.

Des ventes qui continuent d'augmenter aux Etats-Unis et en Europe

Cette évolution s'est révélée d'autant plus rentable pour le mastodonte qu'il produit plus de 40% de ses véhicules au Japon quand son concurrent nippon Nissan, dont le français Renault est le premier actionnaire, n'y assemble plus que 20% de ses voitures.

Les ventes de voitures au détail du pionnier des véhicules hybrides -double motorisation à essence et à l'électricité- ont grimpé de 4,5%, dépassant la barre des dix millions de véhicules pour une période de douze mois, une première mondiale pour un groupe d'automobiles. Cette performance a été accomplie avec l'ensemble des marques du groupe : Toyota elle-même, de luxe Lexus, de mini-véhicules Daihatsu et de poids lourds Hino.

Toyota a écoulé davantage de véhicules au Japon comme son monospace Noah, aux Etats-Unis avec la berline Camry ou le pîck-up Tundra, et en Europe avec la SUV RAV4 et la citadine Yaris. Il a en revanche marqué le pas en Asie, en dehors Japon, bien que ses ventes semblent se redresser en Chine, premier marché mondial du secteur, où elles avaient souffert à l'exercice précédent des conséquences d'une querelle diplomatique sino-nippone.

Toyota aligne les bons résultats

Dopé par les effets de change, son chiffre d'affaires a bondi de 16,4% à 25.691 milliards de yens, soit 191,7 milliards d'euros. Son bénéfice opérationnel a lui aussi atteint un nouveau record, s'envolant de 73% à 2.292 milliards de yens, soit 17,1 milliards d'euros.

Pour l'exercice en cours, le groupe s'attend à une très légère progression de ses ventes de véhicules (+1,2% en volume), malgré des craintes pour ses ventes dans les pays émergents où demeurent des "incertitudes", et au Japon où le constructeur craint des affaires en déclin ce printemps après la hausse d'une taxe sur la consommation (équivalente à la TVA française).

Un rebond américain après le scandale des pédales d'accélération

Il s'attend à une poursuite de son rebond aux Etats-Unis, où le groupe s'est remis d'un scandale de rappel de millions de voitures, fin 2009 et début 2010, à cause de pédales d'accélération pouvant rester bloquées en position enfoncée ou de freins réagissant tardivement. Il a annoncé début avril une nouvelle gigantesque vague de rappels concernant 6,39 millions de véhicules dans le monde à cause de divers problèmes techniques, mais cette fois en vertu d'un "principe de précaution" destiné à prendre les devants au moindre souci.

Toyota prévoit in fine une stagnation de son chiffre d'affaires, à 25.700 milliards de yens, et de son bénéfice d'exploitation, à 2.300 milliards de yens lors de l'exercice en cours. Les effets de change ne devraient pas être favorables cette fois et Toyota espère compenser de moindres profits tirés de ses ventes par des réductions de coûts supplémentaires.

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a écrit le 09/05/2014 à 16:55 :
Toyoya .... Toyota... Attendez, ça me dit quelque chose. C'est pas la société qui produit ses voitures en France ? Je croyais qu'on ne pouvais pas faire de profit en France ?
a écrit le 09/05/2014 à 11:41 :
Toyota : des véhicules relativement fiables par rapport aux véh européens. Je dis bravo et encore bravo. pas besoin d'aller tous les 6 mois au garage, et ils interviennent quand il y a un souci. ils sont très professionnels.
a écrit le 09/05/2014 à 8:59 :
...aux entreprises nippones qui voient leurs profits s'envoler et non aux ménages Japonais dont les salaires non seulement n'augmentent pas mais sont rongés par l'inflation importée.
a écrit le 09/05/2014 à 4:28 :
Vous les français toujours gueulard acepte pour une fois que en ce qui concerne la technologie les japonais vous dépasse de très loing
Réponse de le 09/05/2014 à 8:39 :
Les japonais n'ont pas encore inventé la musique d'habitacle imitant une grosse cylindrée pour le plaisir du conducteur... c'est la technologie de pointe (R-Link) chez Renault! :-)
Réponse de le 10/05/2014 à 11:27 :
Désolé de te decevoir mais cette tchnologie existe déjà depuis quelque temps chez Toyota via Lexus avec l'IS300h notamment Toyota est la firme qui dépose le plus de brevets au monde et qui investit le plus en R&D ...
a écrit le 08/05/2014 à 17:33 :
Que ça soit VW ou Toyota , rien qu'avec leur résultat 2013 , ils peuvent s'acheter deux Peugeot.
Réponse de le 08/05/2014 à 18:44 :
C'est normal lorsque la majorité de ses sous-traitants sont chinois à l'instar des constructeurs allemands... Les constructeurs japonais et allemands abusent leur clientèle par le lieu d'assemblage de pièces chinoises sans mentionner la nationalité des ouvriers participant à la production complète (de la fonderie/usinage de pièces détachées à leur l'assemblage) de chaque véhicule. Comparativement aux constructeurs français, cela s'apparente à de la concurrence déloyale bien que les constructeurs français ont encore beaucoup de chemin à faire pour s'internationaliser et se détacher de leur dépendance nationale. Cela passera nécessairement par une réduction de la sous-traitance française au regard de la demande interne.
Réponse de le 09/05/2014 à 9:44 :
Euh Michel, vous faites preuve de mauvaise fois...
a écrit le 08/05/2014 à 13:22 :
Ceci nous rappelle que l'euro tue nos entreprises; et nos emplois par la même occasion.
Réponse de le 08/05/2014 à 13:57 :
C'est pas la faute de l'euro que la France n'est pas compétitive, et que les coûts sociaux sont extrêmement élevés...

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