La crise qu'essuie l'industrie automobile européenne a frappé durement les équipementiers l'an dernier. Tous ont payé au prix fort la baisse des ventes de voitures. Une enquête de l'Association européenne des équipementiers automobiles (Clepa) pour le Financial Times indique qu'en 2024, ces acteurs ont supprimé plus de 30.000 emplois sur le continent. C'est deux fois plus qu'en 2023, où environ 15.000 postes sont partis en fumée. Ces difficultés ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs années, ces industriels pâtissent de la morosité du marché.
Lorsque les constructeurs toussent et réduisent les cadences dans les usines, les équipementiers, qui emploient environ 1,7 million de personnes dans l'Union européenne, sont les premiers à éternuer. La fin d'année 2024 s'est transformée en hécatombe sociale. Au mois de novembre, Michelin a annoncé la fermeture de deux usines à Cholet et à Vannes. L'état-major du champion français des pneumatiques a évoqué « une décision inéluctable ». Comme d'autres équipementiers, il a fustigé la « concurrence asiatique », conjuguée à une explosion des coûts, notamment de l'énergie.