A Cléon, Renault opère un virage industriel sous haute tension
Nathalie Jourdan
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Usine mécanique historique de Renault, le site de Cleon a fêté ses 60 ans en d'existence en 2018.
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Usine mécanique historique de Renault, le site de Cleon a fêté ses 60 ans en d'existence en 2018.
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« L'usine de Cléon intègre de nouveaux actifs stratégiques et confirme son rôle d'expertise dans les moteurs électriques ». C'est sous ce titre engageant que débute le communiqué publié en fin de semaine dernière par Ampère. La filiale de Renault 100% dédiée aux véhicules à batteries y annonce son intention d'attribuer au site normand, qui lui est rattaché, la fabrication de son moteur électrique « de troisième génération »: le E7A de son nom de code.
Conçu avec Valeo, ce bijou de technologie est voué à équiper les grosses cylindrées de la firme au losange à qui il promet des performances incomparables sur autoroute. Sa production devrait débuter fin 2027. « L'ensemble des étapes clés du process sera réalisé par les équipes de Cléon », précise expressément le texte.
La direction d'Ampère indique dans la foulée confier à ces mêmes équipes l'industrialisation d'un moteur diesel « répondant à la norme Euro7 » pour les utilitaires ainsi que le développement et la production d'un nouveau boîtier d'électronique de puissance assorti de la création, en interne, d'une école de formation ad hoc.
La perspective de ces nouvelles activités ne suscite pourtant guère d'enthousiasme dans les rangs des salariés. Au contraire. En témoigne, la manifestation pour la défense de l'emploi qui se tiendra ce mercredi, 14 mai, devant les portes de l'usine à l'appel de trois syndicats (la CGT, la CFDT et Sud) en présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT et de plusieurs parlementaires de gauche dont François Ruffin et Manuel Bompard.
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La raison de ce mouvement d'humeur ? La délocalisation en Chine et Slovénie de la conception et de la fabrication de la future Twingo à batterie mais pas seulement. Les représentants syndicaux se sont aussi procuré un document confidentiel attestant de la volonté de Renault de transférer dans l'empire du Milieu la production des moteurs des R5 et R4, actuellement réalisée à Cléon. Et ce, à rebours des promesses de made in France du constructeur.
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Nathalie Jourdan