L'équipementier automobile Schaeffler sabre dans ses effectifs
latribune.fr

Le groupe Schaeffler emploie 120.000 personnes depuis la fusion, sur 100 sites, et pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 25 milliards d'euros.
Reuters
latribune.fr

Le groupe Schaeffler emploie 120.000 personnes depuis la fusion, sur 100 sites, et pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 25 milliards d'euros.
Reuters
Nouvel exemple des difficultés du secteur automobile. L'équipementier allemand Schaeffler a annoncé ce mardi la suppression de 4.700 emplois en Europe. Les réductions d'effectifs toucheront principalement dix sites en Allemagne et cinq autres en Europe, entre 2025 et 2027. La firme a aussi indiqué fermer deux de ses sites.
Cette annonce de Schaeffler intervient un mois après sa fusion avec l'équipementier Vitesco (ancienne division du groupe Continental), qui fabrique des systèmes de transmission pour les voitures. Schaeffler avait d'ailleurs prévenu que cette opération entraînerait des suppressions d'emplois.
Ce plan d'économies correspond à 3% de la masse salariale du groupe, qui emploie 120.000 personnes depuis la fusion, sur 100 sites, et pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 25 milliards d'euros (sur la base des résultats de 2023). Par ailleurs, le plan devrait permettre de réduire les coûts d'environ 290 millions d'euros par an d'ici fin 2029. Présent dans 55 pays, ce nouveau groupe compte aussi délocaliser une partie de sa production, a-t-il précisé ce mardi.
Le secteur de l'industrie automobile et des équipementiers est en proie à une crise, déclenchée par la baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine. Plusieurs équipementiers ont annoncé des plans sociaux, à l'image de Bosch, ZF, Continental, et Valeo.
Lundi dernier, la filière européenne a tiré la sonnette d'alarme, mettant en cause le recul du marché automobile sur le continent et la lenteur de son électrification. « C'est la pire période qu'on ait connu, et aussi la plus difficile en termes de durée », a souligné ce jour-là, dans un entretien à l'AFP, le secrétaire général de l'Association européenne des fournisseurs automobiles (Clepa), Benjamin Krieger. La crise financière de 2009 avait par exemple été suivie d'une reprise rapide.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Selon les chiffres de son organisation, 32.000 suppressions de postes en Europe ont été annoncées dans le secteur au premier semestre 2024, soit plus que pendant la pandémie de Covid, chez ces fournisseurs qui emploient 1,7 million de salariés en Europe. En remontant plus loin dans le temps, depuis l'année 2020, 86.000 suppressions de postes ont au total été annoncées, notamment en Allemagne et en France. Parallèlement, seulement 29.000 postes ont été créés, pour un total d'environ 56.000 suppressions nettes.
Par ailleurs, depuis le début de la pandémie, le marché européen des voitures neuves est resté à un niveau très faible, et l'électrification du marché s'avère bien plus lente que prévu. « Cela pose d'énormes problèmes à cette industrie qui a investi massivement dans les nouvelles technologies ». De fait, le retour sur investissement se fait attendre, a aussi souligné le secrétaire général de la Clepa. D'autant plus que les deux tiers des entreprises du secteur étaient déjà fragiles, avec moins de 5% de marge brute annuelle (Ebitda), a-t-il précisé.
À l'instar de nombreux constructeurs, les équipementiers demandent à la Commission européenne une révision des objectifs de décarbonation de l'automobile dans les années à venir. Pour rappel, Bruxelles prévoit d'interdire la vente des voitures à essence et diesel neuves en 2035. Les équipementiers demandent notamment à laisser la porte ouverte dans les prochaines années à d'autres technologies que l'électrique, que ce soit des moteurs à combustion, plus efficients, ou des hybrides rechargeables.
À lire également
La Clepa demande aussi des mesures à la Commission pour encourager l'investissement dans les nouvelles technologies, avec des budgets comparables aux programmes chinois et américains, et de l'électricité moins chère pour assurer la compétitivité de l'Europe, a plaidé Benjamin Krieger.
(Avec AFP)
latribune.fr