Nom de code ? Macaron. Mais aucun lien avec la cuisine pour ce projet d'usine dans l'Hexagone. Ce dernier a accueilli ces derniers mois une poignée de projets industriels destinés à la production finale de batteries pour les véhicules électriques (Verkor, ACC et ProLogium notamment). Avec Macaron, l'ETI Axens entend profiter de cette dynamique en investissant un demi-milliard d'euros dans le nord de la France pour fabriquer des matériaux actifs de cathode (CAM).
« Dans une pile, ce que nous appelons une cellule, il y a quatre éléments majeurs : un séparateur, un électrolyte, un pôle + et un pôle -. Nous, nous comptons fabriquer les CAM, un élément essentiel du pôle +, qui représente 40 à 50 % de la valeur d'une batterie. Nous avons la volonté de ramener en France un maillon essentiel de sa chaîne de valeur », explique à La Tribune Olivier Callebert, le directeur de ce projet d'usine.
Pour l'ETI, qui produit notamment des catalyseurs dans le Gard (500 collaborateurs sur 2 200), ce projet Macaron est avant tout une diversification de ses activités pour renforcer son identité comme acteur des mobilités et d'une industrie plus vertueuses. Cette production, encore inexistante en France, repose particulièrement sur un mélange d'hydroxyde de lithium et de PCAM (un composant issu de quatre minerais que sont le cobalt, le nickel et le manganèse).
Afin de réussir un tel pari, au regard des investissements engagés (pour un chiffre d'affaires annuel d'un milliard d'euros), Axens a fait le choix de s'associer avec un partenaire chinois dans cette aventure industrielle, Minmetals New Energy Materials, reconnu pour son expertise dans la production de CAM. « C'est notre partenaire qui va nous fournir la technologie industrielle pour fabriquer les CAM. Il va aussi nous donner accès à des clients autres qu'européens », justifie Olivier Callebert. Un autre projet d'usine en France de matériaux actifs de cathode, porté par Orano, a aussi fait le choix d'être accompagné par le Chinois XTC New Energy.