Crise chez Volkswagen : des grèves prévues en décembre
latribune.fr
En Allemagne, Volkswagen compte dix sites de production de voitures et environ 300.000 salariés, dont 120.000 pour la marque VW, la plus concernée par le plan d'économies.
En pleines discussions sur un plan d'économies, le syndicat IG Metall a appelé, ce jeudi, à une grève des salariés de Volkswagen à partir du 1er décembre.
Les salariés de Volkswagen en Allemagne vont être appelés à des grèves à partir du 1er décembre afin de faire pression sur les discussions avec la direction concernant le plan d'économies en préparation, a indiqué jeudi le syndicat IG Metall.
«Nous allons recommander à la commission tarifaire d'appeler à des grèves d'avertissement sur les sites de Volkswagen dès la fin de l'obligation de paix sociale, c'est-à-dire à partir du 1er décembre», a déclaré à la presse le négociateur du syndicat, Thorsten Gröger.
Le premier constructeur européen a annoncé en septembre travailler sur un plan d'économies drastiques pour redresser sa compétitivité, sans exclure des milliers de licenciements et des fermetures d'usines en Allemagne qui seraient une première dans l'histoire du groupe.
Les discussions en cours depuis plusieurs semaines entre la direction et les représentants du personnel, en vertu du principe de cogestion, n'ont pas permis de trouver d'accord sur les mesures de restructuration.
Une nouvelle séance de négociations se déroulera le 9 décembre, a indiqué IG Metall, syndicat du groupe à l'issue de plusieurs heures de discussions jeudi au siège de Volkswagen à Wolfsburg (nord).
«La différence entre les positions est encore énorme et c'est pourquoi nous allons continuer à faire pression», a ajoutéThorstenGröger, estimant que les fermetures de sites et les licenciements collectifs sont toujours envisagés par la direction du groupe.
En marge des discussions, ce jeudi, plus de 6.000 salariés ont manifesté à Wolfsburg pour dénoncer le risque de fermetures d'usines du groupe en Allemagne.
Un programme à 1,5 milliard d'euros d'économies
Les représentants des salariés avaient présenté mercredi leur « plan d'avenir », un compromis, selon eux, impliquant la renonciation des salariés à leurs bonus et aux augmentations de salaires, contre un allègement du temps de travail, pour répondre aux problèmes de surcapacité de certaines usines. Ce programme permettrait d'économiser 1,5 milliard d'euros, ont expliqué les syndicats. Une somme encore loin des économies jugées nécessaires par la direction.
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« Nous considérons comme un signal que les salariés se montrent ouverts à une réduction des coûts du travail et des capacités », a commenté jeudi Arne Meiswinkel, qui mène les négociations pour le groupe. Cette contre-proposition doit cependant « être jugée à l'aune de sa capacité à créer à la fois un allègement financier durable pour l'entreprise et des perspectives claires pour le personnel », a-t-il expliqué. De son côté, la direction a mis sur la table un plan de réduction de 10% des salaires et une révision du système de primes.
L'industrie automobile dans la tourmente
Dans le pays, Volkswagen compte dix sites de production de voitures et environ 300.000 salariés, dont 120.000 pour la marque VW, la plus concernée par le plan d'économies. Le fleuron de l'industrie automobile allemande souffre à la fois du ralentissement du marché des véhicules neufs, de la concurrence chinoise, notamment dans l'électrique, de modèles à batterie pas assez attractifs, et de coûts de main d'œuvre plus élevés que ses rivaux, selon les experts.
Le marché automobile mondial tourne au ralenti avec des consommateurs peu enclins à investir dans les nouveaux modèles électriques et des constructeurs traditionnels qui affrontent la concurrence croissante de nouveaux acteurs chinois. Les performances financières des principaux fabricants mondiaux se sont dégradées en 2024 et l'Allemagne, où l'automobile est un pilier de l'économie, est particulièrement touchée. Résultat, l'américain Ford a annoncé cette semaine 4.000 nouvelles suppressions d'emplois en Europe affectant principalement l'Allemagne.
Ce jeudi, ce fut au tour du groupe Mercedes-Benz d'annoncer vouloir réduire ses coûts de plusieurs milliards d'euros par an en réponse aux difficultés du marché mondial de l'automobile. « Nous ne resterons financièrement forts et capables d'agir que si nous parvenons à accroître durablement notre efficacité. C'est pourquoi, dans les années à venir, nous réduirons nos coûts de plusieurs milliards d'euros par an », indique le groupe dans un communiqué, confirmant des informations de presse. Le fabricant de voitures haut de gamme n'a pas précisé comment il comptait effectuer ces économies et si l'emploi serait affecté. Un accord d'entreprise garantit une protection contre les licenciements jusqu'à la fin de l'année 2029 et couvre la majorité des effectifs de l'entreprise en Allemagne.