Le gouvernement rouvre le débat sur le diesel

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Les ventes de diesel ont perdu 20 points de parts de marché en France en sept ans.
Les ventes de diesel ont perdu 20 points de parts de marché en France en sept ans. (Crédits : MAL Langsdon)
L'affaire Volkswagen est l'occasion de revenir sur la question du diesel et de sa fiscalité avantageuse. Le gouvernement souhaite relancer ce débat tout en prenant garde de ne pas pénaliser l'industrie automobile française. En réalité, l'arbitrage final pourrait revenir aux consommateurs eux-mêmes...

Le gouvernement va-t-il enfin trancher la question du diesel ? Cette vieille marotte source de nombreux couacs au sein-même du gouvernement pourrait trouver un épilogue, ou un nouveau départ, après le scandale des moteurs truqués de Volkswagen.

Poussé par la majorité, le gouvernement commence à sortir ses cartes plus tôt qu'il ne l'avait prévu. Des amendements ainsi déposés par des élus socialistes dans le cadre des discussions autour du projet de loi de finances visent à réduire l'écart de fiscalité entre le diesel et l'essence. Il s'agirait ainsi d'augmenter de deux centimes le prix du litre de diesel à la pompe, et de baisser celui de l'essence d'environ un centime. D'autres dispositifs fiscaux sont également dans la ligne de mire des députés : le barême de la taxe sur les voitures de sociétés, trop avantageux pour les diesels, ou encore la TVA.

Un "débat légitime" d'après Valls

Manuel Valls a fini par s'exprimer sur le sujet mercredi 7 octobre. Sur RTL, le Premier ministrea ainsi expliqué que "rapprocher la taxation sur le diesel et l'essence est un débat légitime" :

"Je réunirai cette semaine plusieurs ministres pour évoquer les solutions que nous pourrions proposer sans que cela représente un coût supplémentaire (...) pour les conducteurs, et sans que cela puisse représenter non plus un danger, une mise en cause des emplois dans l'industrie automobile."

"Je crois que c'est possible, mais ça veut dire qu'il faut le faire intelligemment, en prenant le temps, et sur plusieurs années", a-t-il ajouté. De son côté, Ségolène Royal s'est prononcée pour une égalisation des deux fiscalités. "Aujourd'hui, il y a un avantage pour le diesel de 15 centimes par litre. L'idée, c'est de neutraliser", a déclaré la ministre de l'environnement à la sortie du conseil des ministres.

De vieilles divergences

Les réticences du gouvernement à s'engager sur une telle voie étaient éminemment industrielles. Les constructeurs automobiles français sont parmi les plus importants fabricants de diesel du monde. Sous Jean-Marc Ayrault déjà, la question du diesel avait causé une violente passe d'arme entre Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Delphine Batho, ministre de l'environnement.

"Notre souhait est de trouver une formule qui n'attaque pas le diesel, car attaquer le diesel c'est attaquer le made in France car nous sommes les meilleurs en diesel", avait ainsi répondu Arnaud Montebourg à sa collègue qui fustigeait une technologie qui tuait 40.000 personnes par an.

Le diesel a déjà commencé à perdre du terrain

En réalité, le débat sur le diesel a d'ores et déjà porté ses fruits puisque les Français se détachent petit à petit de cette motorisation. Sur les neuf premiers mois de l'année, la part des diesels est brutalement tombée à 58,2% du marché alors qu'elle était de de 64,6% un an auparavant. En 2018, cette proportion était de 77%.

La perspective d'un réajustement fiscal encore flou ou encore des restrictions annoncées dans Paris notamment (Anne Hidalgo veut y interdire le diesel en 2020) a fait fuir les consommateurs inquiets de la valeur résiduelle (le prix à la revente) de ce qui est encore considéré comme un actif financier. La campagne sur les effets sanitaires du diesel a également éloigné les acheteurs. Enfin, les progrès des motorisations essence en matière de consommation ont plaidé en sa faveur.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2015 à 23:09 :
Jolie entourloupe : la consommation de gazole étant beaucoup plus importante que celle d'essence, la neutralité des recettes fiscales voudrait que la taxation de l'essence diminue plus de deux fois plus que celle du gazole monte. C'est à dire qu'une éventuelle hausse de 2ct de la fiscalité du gazole devrait s'accompagner d'une baisse de 4 à 6 centimes de celle de l'essence. Quant à la soi-disant perte de terrain du diesel dans les immatriculations, elle est surtout due à la disparition du marché des petites voitures diesel (genre Twingo, 108, Up! ) que les constructeurs ont jugées trop coûteuses à adapter aux normes Euro 6 en regard de leur prix de vente potentiel. De la même manière la faible diffusion du carburant agroéthanol E85 est surtout due à l'absence d'une offre de véhicules neufs qui l'utilisent (il n'y a plus que 4 modèles sur le marché, 1Jeep Cherokee et 3... VW !) et pourtant ce carburant est une alternative économique réelle au diesel si on persiste à vouloir lui faire un sort.
a écrit le 07/10/2015 à 22:11 :
Pas de panique! Comme la majorité des francais ont un diesel et qu'il y a des élections presidentielles bientot, ils ne feront que gesticuler. C'est tout. Comme chacun sait un quinquénat, c'est maxi 2 ans de réforme. Le reste, c'est des campagnes électorales. Je propose de tirer les députés au sort dans la population. Franchement ca ne pourra pas etre pire!!!
a écrit le 07/10/2015 à 21:59 :
si le différentiel de prix est de 15 CENTS, c'est l'essence qu'il faut baisser, et la porter au niveau du Diesel. Ce Gouvernement obsédé par plus d'impots plus de taxes et plus de csg, ne le fera évidemment pas. L'alignement sera plus de taxes, c'est tout
Réponse de le 07/10/2015 à 23:18 :
Hé là, comme vous y allez! Avec quoi on paierait les déplacements, émoluments et autres réceptions de nos ministres si l'on baisse les taxes ?
a écrit le 07/10/2015 à 21:30 :
Ce débat sur le diesel n'apporte rien.
Le temps est aux décisions car on souhaiterait connaître quel énergie doit acheter pour notre voiture.
Je ne crois pas au catastrophisme énoncé sur le diesel, l'essence ne me paraît pas meilleur, l'hybride sans rechargement par prise me paraissait la seule manière d'évoluer progressivement sans faire appel aux centrales nucléaires ou aux éoliennes qui défigurent les pays, mais on ne sait pourquoi cette solution n'a connu pratiquement aucun progrès technique depuis le lancement il y a au moins une dizaine d'année ( cf Toyota qui n' a su qu'augmenter la puissance...du moteur thermique sur la Prius).
A quand les poids lourds et véhicules utilitaires sans moteur diesel. Qui en parle? Il n'y a que les vilains automobilistes que l'on veut sanctionner!
a écrit le 07/10/2015 à 19:40 :
Le diesel perd du terrain en grande partie parce que les membres du gouvernement naviguent à vue, et font presque chaque jour des déclarations contredisant celles de la veille, sans argumentation sérieuse Donc l'acheteur éventuel ne sait plus qui croire, (là comme sur bien d'autres sujets).
a écrit le 07/10/2015 à 18:26 :
la seule réponse des politiques : TAXES; et si on baissait les indemnités de frais de ces élus afin qu'ils se déplacent moins ils pollueraint moins et on ferait des économies
il est vrai que les politiques ne font pas dans l'exemplarité !
a écrit le 07/10/2015 à 16:32 :
J'ai du mal à comprendre le tollé en Europe sur le diesel avec l'affaire VW, sachant que la bidouille ne concernait que le passage du contrôle technique américain. Pourquoi rappeler les véhicules diesel européen dans ses conditions ? C'est étrange d'investir autant d'argent dans une mise à jour qui ne changerai rien pour la conformité européenne ? On nous aurai menti ?
a écrit le 07/10/2015 à 15:51 :
On sera en avance!! Dans les pays où j'ai circulé (D, SF, S, DK, A, L, I (NL, E et N, trop ancien)), le gazole est moins cher que l'essence (en Sardaigne, y a 3 ans, 1,7€/L gasoil, 1,8€/L essence, on a de la marge pour les rattraper). En Suisse, sais pas, en ai jamais acheté la bas (& pas de FS en poche).
J'en suis à 3,6-3,8L/100 selon ville ou route (moteur Peugeot fin 2014). Annoncée 3L, mais ça c'est juste une base de comparaison (homogène ?) de véhicules des diverses marques d'après les normes.
Si l'essence à injection directe faible consommation génère quantité de particules fines, c'est fortement fâcheux. Cercle vicieux ?
a écrit le 07/10/2015 à 14:37 :
Suggestion : plutôt que d'augmenter les taxes du gazole, ce serait plus simple de ramener les taxes du super au niveau du gazole.

Quoi ? J'ai dit une bêtise ?
a écrit le 07/10/2015 à 13:14 :
Le débat légitime serait de questionner Valls sur sa présence dans un gouvernement qui se dit socialiste !!
Réponse de le 07/10/2015 à 13:52 :
Hors-sujet. Le débat légitime serait de questionner Léon sur sa présence dans un article sur le diesel et qui vient troller sur Valls !!!
a écrit le 07/10/2015 à 12:21 :
ils ont deja augmente de 5 cts quand le prix du gasoil a baisse, de memoire.... bon effectivement les caisses sont vides, 75% des voitures tournent au diesel, alors oui ca va augmenter
et pour faire passer la pillule, une bonne louche de sauce ecolo
Réponse de le 07/10/2015 à 13:23 :
Surtout quand on sait qu'un diesel moderne pollue moins qu'un moteur essence ! Mais quand on tient un bouc émissaire pour pouvoir augmenter des taxes........

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