Luca de Meo : portrait d’un séducteur… opportuniste
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Luca de Meo quitte Renault le 15 juillet, après cinq années passées comme directeur général de la marque au losange.
BENOIT TESSIER
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Luca de Meo quitte Renault le 15 juillet, après cinq années passées comme directeur général de la marque au losange.
BENOIT TESSIER
Cinq ans à peine. Carlos Ghosn n'était-il pas demeuré PDG de Renault durant treize ans, Carlos Tavares à la tête de PSA puis de Stellantis pendant presque onze ? Luca de Meo quittera le constructeur au losange le 15 juillet, quelques jours après son 58ème anniversaire. Il en était le directeur général depuis le 1er juillet 2020 seulement.
Ses cadres dirigeants se montrent d'ailleurs tous choqués par ce lâchage brutal, ce départ quinze jours avant la présentation des résultats semestriels du groupe (le 31 juillet). Et ce, alors que le directeur général venait à peine de présenter en interne son futur plan stratégique Futurama ! « Je suis tombé de ma chaise », reconnaît avec rancœur un proche de Luca de Meo.
Renault avait eu pourtant beaucoup de mal à engager l'Italien ! Le président du groupe tricolore Jean-Dominique Senard avait en effet dû batailler ferme en 2019 avec le groupe Volkswagen, qui ne voulait pas le laisser partir ! Logique. Luca de Meo était alors le dirigeant de Seat, filiale espagnole du constructeur germanique. Les dirigeants allemands n'avaient évidemment aucune raison de faire ce cadeau au concurrent français, en leur cédant leur étoile montante. Jean-Dominique Senard demeure très fier d'avoir, par son obstination et son sens diplomatique, réussi ce transfert majeur ! Même si Luca de Meo sera in fine resté chez Renault bien moins longtemps qu'espéré.
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Lors de sa prise de fonctions chez Renault le 1er juillet 2020, Luca de Meo avait trouvé une situation dramatique. En plein Covid, Renault était déchiré par les conflits internes depuis l'improbable arrestation de Carlos Ghosn à Tokyo en novembre 2018. En guerre avec son allié japonais Nissan qui ne voulait plus rien savoir et défendait une farouchement une dépendance tardivement recouvrée, Renault semblait au point mort. De fait, la firme tricolore devait afficher une perte record de 7,3 milliards d'euros au premier semestre 2020, 8 milliards sur l'année complète 2020. Le pire résultat de l'histoire du groupe au losange.