Northvolt se désengage d'une entreprise de recyclage de batteries
latribune.fr
Longtemps considéré comme l'un des grands espoirs européens en matière de batteries, Northvolt ploie sous une dette de 5,84 milliards de dollars (environ 5,72 milliards d’euros).
Le fabricant suédois de batteries électriques, criblé de dettes, va céder à son associé Norsk Hydro le reste de ses parts au sein du recycleur de batteries Hydrovolt, qu'ils ont co-créé en 2020.
C'est une transaction qui fera office de (toute) petite respiration pour Northvolt, en grandes difficultés financières. Le fabricant suédois de batteries va vendre les 28% de part de capital qu'il lui reste dans Hydrovolt à son associé Norsk Hydro, producteur norvégien d'aluminium. Ils avaient tous les deux créé cette société spécialisée dans le recyclage de batteries en 2020.
L'opération est chiffrée à 78 millions de couronnes (6,6 millions d'euros), selon un communiqué publié ce lundi 13 janvier par Norsk Hydro. Ce dernier espère la boucler d'ici la fin du premier trimestre de cette année et deviendra ainsi le seul actionnaire d'Hydrovolt. Au moins pour un temps. « (Norsk) Hydro explore activement de nouveaux partenariats pour garantir le financement et la croissance à long terme d'Hydrovolt », fait savoir l'entreprise norvégienne dans son communiqué.
Pour rappel, Hydrovolt prévoit d'ouvrir une usine de recyclage en milieu d'année à Hordain, dans le nord de la France, territoire considéré comme la « Vallée de la batterie ». Et en exploite déjà actuellement une à Fredrikstad dans le sud-est de la Norvège. Le recyclage des batteries permet de récupérer leur aluminium mais aussi la précieuse « masse noire » qui contient notamment du lithium, du nickel ou encore du cobalt, et qui peut être réutilisée pour produire des batteries neuves.
Restructuration en cours
Reste que pour être validée, cette vente doit notamment obtenir le feu vert de la justice américaine. Et pour cause, Northvolt s'est placé en novembre sous la protection du chapitre XI de la loi américaine sur les faillites. Une démarche censée lui permettre « de restructurer sa dette, d'adapter son activité aux besoins de ses clients et d'assurer une base durable pour la poursuite de ses activités », avait-elle expliqué.
Longtemps considéré comme l'un des grands espoirs européens en matière de batteries, Northvolt ploie sous une dette de 5,84 milliards de dollars (environ 5,72 milliards d'euros). Conséquence de l'accumulation d'importants retards de production ces derniers mois combinée au ralentissement de la demande des clients automobiles.
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Pour tenter de survivre, l'entreprise suédoise a obtenu en novembre un financement de 100 millions de dollars de l'un de ses grands clients : le constructeur de poids lourds Scania, propriété de Volkswagen, également l'un des deux plus gros actionnaires de Northvolt. Elle a également reçu 145 millions de dollars de prêt garanti sur ses actifs. En parallèle, elle a supprimé en fin d'année 1.600 emplois, sur ses 6.500 salariés, et a gelé le développement de son principal site de production, à Skelleftea dans le nord de la Suède. Enfin, elle a décidé de recentrer son activité sur la seule production de cellules de batteries, renonçant au reste de la chaîne de production (cathodes, recyclage...).
Ses actionnaires lui ont d'ailleurs donné leur accord la semaine dernière pour poursuivre l'activité. Un « soutien » selon la direction du groupe qui assure « continuer à faire des progrès dans le processus de restructuration tout en augmentant la production et en effectuant sa transformation ». L'avenir montrera si toutes ces mesures auront été suffisantes pour sauver l'entreprise, à l'heure où l'Europe cherche à accélérer l'électrification de son parc automobile.