Opération rabibochage : la nouvelle stratégie de Stellantis
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John Elkann et Emmanuel Macron, lors du dernier Mondial de l'Auto de Paris, en octobre dernier.
Reuters
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John Elkann et Emmanuel Macron, lors du dernier Mondial de l'Auto de Paris, en octobre dernier.
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Sous la direction de Carlos Tavares, Stellantis était un acteur redouté pour son intransigeance. Tous les dirigeants politiques, fournisseurs, partenaires et clients qui avaient le malheur d'être en désaccord ou d'entraver les desiderata du « psychopathe de la performance », comme le PDG du constructeur franco-italo-américain se définit lui-même, devaient s'attendre à un féroce bras de fer. Personne n'échappait à cette logique du conflit permanent. Pas même Giorgia Meloni, la première ministre de l'Italie, dont les relations avec Carlos Tavares étaient devenues exécrables, sur fond d'inquiétudes sur le sort des usines Fiat dans le pays.
Mais depuis le début du mois de décembre et l'éviction du patron portugais, les choses ont changé du tout au tout. John Elkann, le président du conseil d'administration de Stellantis, a entrepris de rabibocher le géant de l'automobile avec les gouvernements et acteurs de la filière dans toutes ses géographies. La poignée de main a, d'une certaine manière, remplacé le coup de poing. Et John Elkann n'a, sur ce plan, pas perdu de temps. Dans la foulée du départ de Carlos Tavares, le représentant de la famille Agnelli, premier actionnaire du constructeur, s'est rendu coup sur coup aux États-Unis, en Italie et en France.
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Au pays de l'Oncle Sam, qui a des années durant constitué la « cash machine » du groupe, Stellantis était dans viseur des autorités et des syndicats. Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump a multiplié les piques à l'égard du géant de l'automobile. Le président élu, fervent défenseur du « made in USA », ne cachait pas sa colère contre d'éventuelles délocalisations au Mexique. « Dites à Stellantis que s'ils ont l'intention de déménager, nous leur imposerons des droits de douane de 100% sur chaque voiture, et ils ne déménageront pas », a canardé le nouveau locataire de la Maison Blanche lors d'un meeting début novembre. Pour enterrer la hache de guerre, Stellantis est revenu, peu avant Noël et sous l'impulsion de John Elkann, sur sa décision de licencier 1.100 postes dans son usine Jeep de Toledo, dans l'Ohio.