Renault : les ventes baissent, mais c'est le plan de Luca de Meo

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(Crédits : STEPHANE MAHE)
Le groupe automobile français, dirigé par Luca de Meo, accuse une baisse de son chiffre d'affaires trimestriel, malgré une comparaison pourtant très favorable. Cette mauvaise surprise traduit en partie une conjoncture encore fragile, mais également des choix stratégiques structurants et pénalisant pour les volumes de vente.

La mauvaise performance commerciale du groupe fait-elle partie plan de transformation? Le discours relève de la gageure. Mais c'est celui utilisé par Renault pour expliquer les résultats du premier trimestre.

Un effet de comparaison pourtant favorable

Il est vrai qu'avec un chiffre d'affaires en baisse de 1,1 %, le groupe automobile français déçoit. La base de comparaison était pourtant favorable puisque le premier trimestre 2020 avait été impact par le début du confinement dans de nombreux pays dont la France (mi-mars) et avait déjà démarré en Italie plusieurs semaines auparavant. Ainsi, avec 10,015 milliards d'euros, les ventes sont loin du niveau d'avant-crise (12,5 milliards d'euros en 2019).

Lire aussi : La méthode de Luca de Meo pour enterrer le Renault de Carlos Ghosn

Même les effets de change, sans lesquels le chiffre d'affaires aurait augmenté de 4,4%, ne suffisent pas à justifier une telle contre-performance. A cela, il faut ajouter les pertes de part de marché sur le marché européen qui représente la moitié des ventes et les trois quarts des profits du groupe.

Des ventes de meilleure qualité

Ce tableau bien sombre cache une autre réalité. Renault explique par exemple assumer complètement la baisse des ventes en volume. Cette stratégie a été mise en oeuvre dès 2019 par Clotilde Delbos, alors directrice générale par interim, expliquant vouloir mettre un terme à la politique de volumes menée par Carlos Ghosn, l'ancien PDG. Ce principe a été confirmé par le plan "Renaulution" mis au point par Luca de Meo, nouveau PDG, et annoncé en janvier dernier : en finir avec les ventes dites "tactiques", destinées aux loueurs de courte durée et aux démonstrations chez les concessionnaire.

Non-rentables, elles permettent de faire du volume, mais font plonger la cote des modèles à la revente. Au Brésil par exemple, cette stratégie a fait perdre au moins 40% des volumes de ventes en 2020.

La recette rappelle celle appliquée avec sévérité par Carlos Tavares lorsqu'il a pris les manettes du groupe PSA en 2014 : vendre mieux, quitte à vendre moins. Une mesure qui s'accompagne souvent d'une politique plus stricte en matière de prix et de remises.

Cette discipline commerciale semble déjà produire ses premiers effets vertueux avec une hausse de l'effet prix. Le prix moyen a ainsi augmenté de 6 points sur les trois premiers mois de l'année. Cette donnée est un indice précieux sur la performance financière. Il est également à noter la très forte dynamique sur les véhicules utilitaires dont les ventes ont augmenté de presque un tiers sur le trimestre (+30,3%). Renault est l'un des premiers vendeurs de ce segment en Europe, réputé très rentable.

Les ventes vont continuer à baisser

Mais Renault est encore en convalescence. Certes, les ventes totales de voitures ont augmenté (+1,1% à 665.038 voitures). Mais celles de la marque Renault accusent une baisse de 4,6% sur le segment des voitures particulières, tandis que celles de Dacia ont augmenté de 8% (+10% au total).

Le groupe travaille sur une refonte de sa gamme dont les premiers modèles n'apparaîtront pas avant 2023. D'ici là, il espère capitaliser sur des innovations technologiques comme l'hybridation notamment sur des modèles à fort volume comme la Clio ou le Captur. En attendant, le groupe continuera d'ajuster ses ventes sur cette nouvelle politique commerciale. Et continuera donc de communiquer sur des volumes en baisse...

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Commentaires
a écrit le 24/04/2021 à 8:17 :
Des resultats desatreux et il perore ! Renault va au tapis, assurement.
a écrit le 23/04/2021 à 8:35 :
Pour acheter Renault, encore faudrait-il une gamme attractive. Or c'est une suite d'échecs: Espace 4 et 5, Talisman, Laguna 3, scenic 4, velsatis, avantime, ... Restent Megane avec 1 look torturé et Clio made in Turkey. Quant à Zoé, ce n'est qu'une électrique avec tous les défauts inhérents à cette motorisation, inadaptée à de nombreux usages. Alors ...
a écrit le 22/04/2021 à 20:46 :
Je ne souscrirai jamais à ce genre d'offre.
a écrit le 22/04/2021 à 20:41 :
Redresser n’importe quelle entreprise, c'est 1 réduire les couts 2) augmenter les recettes.
1) réduire les couts dans l' industrie, c'est augmenter la performance industrielle (travail sur le capacitif, make ou buy, politique achats, stratégie de communalité, etc, mais aussi effectif, politique salariale, etc.....
2) augmenter les recettes, c'est vendre plus cher un produit de meilleure qualité.
(fidélisation, image de marque, etc...)
Tous les patrons le savent
Par contre concevoir, "designer" le produit voiture et avoir une stratégie de gamme; seul un patron qui a la fibre automobile peut le faire. On attend encore ce patron chez Renault.
Le dernier était le grand M. Lévy. (oubliez schweitzer et Ghosn).
a écrit le 22/04/2021 à 18:06 :
les volumes permettent d'amortir les couts fixes ( en microeconomie ca s'appelle economie d'echelle, c'est censer aider)
une baisse des volumes ca peut etre tres sain, si c'est bien organise, ce qui est rarement le cas; faut pas oublier que renault, c'est pas ferrari, alors c'est pas gagne
ca ca s'appelle segmentation, et expliquer ca a des ingenieurs, je vous souhaite bien du plaisir!
Réponse de le 23/04/2021 à 9:32 :
's'appelle segmentation, et expliquer ca a des ingenieurs, je vous souhaite bien du plaisir! '

Allez-y, expliquez-nous, même à ceux qui ne sont pas ingénieurs...

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