Renault roule de plus en plus à l’intelligence artificielle
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Un employé à l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, qui produit des utilitaires.
Reuters
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Un employé à l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, qui produit des utilitaires.
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Cela fait plusieurs années, déjà, que Renault se dope à l'intelligence artificielle. Cette technologie irrigue aujourd'hui tous les métiers du groupe, explique Rodolphe Gelin, expert leader en IA du constructeur, à La Tribune. Il considère ces avancées aussi « vitales » qu'« incontournables » pour rester compétitif dans un écosystème concurrentiel de plus en plus féroce. « Une partie de mon travail, sourit-il, c'est de traquer nos collaborateurs qui n'utilisent pas encore l'IA pour leur demander s'ils ont vraiment une bonne raison pour ne pas en faire. »
Chez Renault, ce sont les usines qui ont été les premières à se convertir. Renault a d'abord déployé tout un système pour recueillir un maximum de données sur le fonctionnement des sites et des machines. Ces informations ont ensuite permis le développement d'applications pour améliorer la production, quantitativement et qualitativement.
De nombreuses tâches ont notamment été automatisées. Cela va de l'inspection des soudures et du moulage des pièces, à la vérification de la qualité de la peinture et de l'assemblage des voitures. Avec ces innovations, Renault affirme que les arrêts de chaîne, toujours coûteux, ont largement diminué. Le constructeur a chiffré ces économies à hauteur de 270 millions d'euros en 2023.
Aujourd'hui, Renault planche particulièrement sur la « détection d'anomalies ». D'après Rodolphe Gelin, l'objectif est, par exemple, d'alerter les ouvriers lorsqu'un problème rare et jamais vu sur un moteur survient, grâce à des procédés d'inspection visuelle. « Le problème est que dans un tel cas, les techniques classiques d'apprentissage supervisé [consistant à entraîner une IA avec une multitude d'images, Ndlr] ne sont pas très efficace, car nous ne disposons pas de beaucoup de pièces défaillantes », explique l'expert de Renault.
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La logistique est l'autre grande « chaîne de valeur », poursuit-il, où l'IA change la donne. Renault a notamment optimisé les trajets des semi-remorques qui font, chaque jour, la tournée des fournisseurs pour alimenter ses usines. « Nous réduisons de 8.000 le nombre de camions mis sur les routes chaque année », assure Rodolphe Gelin. Le constructeur souhaite désormais aller plus loin. Ses chercheurs développent des outils pour que ses camions évitent certaines routes bloquées « par des grèves ou encore des glissements de terrain », et fluidifier leurs trajets. « L'objectif est de cibler finement tout ce qui pourrait impacter notre logistique », résume l'expert.
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