Stellantis : Carlos Tavares officiellement à la retraite en 2026
latribune.fr
Stellantis a annoncé fin septembre une nette révision à la baisse de son objectif de marge opérationnelle, estimée désormais entre 5,5% et 7%, contre « deux chiffres » auparavant, pour l'année 2024.
Stellantis est à la recherche de son prochain patron, après l'annonce dans la nuit de jeudi à vendredi du départ de Carlos Tavares à la retraite à la fin de son mandat début 2026.
Il l'avait laissé entendre mais l'information a pris de court plus d'un observateur. Carlos Tavares, patron du groupe Stellantis, issu de la fusion en 2021 de Peugeot-Citroën et de Fiat-Chrysler, partira à la retraite à la fin de son mandat début 2026.
«En 2026, la personne qui vous répond aura 68 ans, c'est un âge raisonnable pour prendre sa retraite. C'est l'option», avait déclaré aux journalistes le patron portugais du constructeur, lors d'une visite de l'usine historique de Peugeot à Sochaux en octobre.
Le groupe a indiqué dans son communiqué que le processus d'identification de son successeur dès la fin de son mandat, en janvier 2026, était désormais formellement lancé. Il a été confié à un comité spécial du conseil d'administration présidé par John Elkann, qui doit achever ses travaux au quatrième trimestre 2025.
Avant de piloter la création de Stellantis en janvier 2021, Carlos Tavares était devenu patron du conseil de PSA en mars 2014, seulement deux mois après avoir intégré le groupe. Il arrivait de chez Renault (2011-2013), où il a commencé sa carrière en 1981 mais était parti chez Nissan en 2004.
Dans le communiqué envoyé dans la nuit de jeudi à vendredi par Stellantis, le patron sur le départ relève que «dans cette période de transformation darwinienne pour l'industrie automobile, notre devoir et notre responsabilité éthique sont de nous adapter et de nous préparer pour l'avenir, mieux et plus rapidement que nos concurrents, afin d'offrir à nos clients une mobilité propre, sûre et abordable».
C'est ainsi toute une réorganisation managériale que va subir le constructeur. « Afin de simplifier et d'améliorer la performance de son organisation dans un environnement mondial turbulent », le groupe franco-italo-américain a décidé d'opérer « des changements organisationnels ciblés qui entrent en vigueur immédiatement au sein de son équipe managériale », précise le communiqué. Il s'agit, poursuit-il, de « recentrer la société sur ses principales priorités opérationnelles et de s'attaquer avec détermination aux défis mondiaux auxquels le secteur automobile est confronté ».
La directrice financière va quitter le groupe
Le groupe a notamment nommé Doug Ostermann, jusqu'à présent directeur des opérations en Chine, au poste de directeur financier où il va remplacer Natalie Knight. Cette dernière, précise Stellantis dans un communiqué, va quitter le groupe.
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Par ailleurs, Antonio Filosa remplace Carlos Zarlenga - sa prochaine affectation sera annoncée ultérieurement - au poste de directeur des opérations pour l'Amérique du Nord, tout en conservant ses fonctions actuelles de patron de la marque Jeep.
Le groupe a également décidé de rattacher la gestion de ses approvisionnements à la direction industrielle, et plus à celle des achats « pour davantage de performance commerciale ». De son côté, John Elkann, président du conseil d'administration, a assuré du soutien « unanime » des administrateurs envers Carlos Tavares et la redistribution des rôles opérée.
«Nous sommes convaincus que ces étapes de simplification de notre organisation renforceront notre équipe de direction dans ses efforts pour rétablir les performances de la société à des niveaux de référence dans son secteur», a-t-il souligné.
Le groupe aux 15 marques traverse une passe difficile
La départ du patron s'inscrit dans un contexte de crise pour le groupe aux quinze marques. Il a annoncé fin septembre une nette révision à la baisse de son objectif de marge opérationnelle, estimée désormais entre 5,5% et 7%, contre « deux chiffres » auparavant, pour l'année 2024. Stellantis, qui produit aussi bien des Chrysler que des Citroën, Fiat, Jeep, Dodge, Lancia, Opel, Peugeot, Ram ou Vauxhall, a publié en juillet un résultat en forte chute au premier semestre, handicapé notamment par une baisse de 18% des ventes en Amérique du Nord, la machine à cash du groupe. Et, au troisième trimestre, elles ont encore chuté de 20% sur un an en Amérique du Nord.
Après avoir enchaîné les trimestres record, Stellantis a pris finalement acte récemment d'une « détérioration » globale du marché automobile et de difficultés particulières sur le marché américain, avec des stocks de véhicules trop importants. Mais « ce n'est pas Stellantis qui est (en difficulté), isolé au milieu de l'industrie automobile (...). C'est Stellantis, Volkswagen, BMW, Mercedes, et ce n'est probablement pas fini », avait souligné Carlos Tavares il y a une semaine lors de sa visite de l'usine de Sochaux.
Dans les échanges électroniques après la fermeture des marchés, l'action Stellantis progressait de 0,36% à la Bourse de New York.