Stellantis dégringole en Bourse après la révision à la baisse de ses objectifs
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[Article publié le lundi 30 septembre 2024 à 10h58 et mis à jour à 14h22] Début de semaine compliqué pour Stellantis. Le cours du groupe automobile a chuté de 7% à l'ouverture de la Bourse ce lundi, à 13,52 euros l'action (contre 14,54 euros vendredi, à la clôture). La dégringolade se poursuit en ce début d'après-midi : le titre accuse une baisse de 14,48%, à 12,44 euros, à 14h20.
Ce plongeon est la conséquence directe de l'annonce formulée par le constructeur ce lundi. Dans un communiqué, la direction de Stellantis a indiqué réviser à la baisse ses objectifs et perspectives pour 2024. Notamment sa marge opérationnelle courante.
En parallèle, les flux financiers (« free cash flow ») industriels de Stellantis sont attendus à être négatifs, entre -5 et -10 milliards d'euros, alors qu'ils devaient être positifs. « Cela reflète principalement la perspective d'une marge opérationnelle courante nettement plus basse ainsi que l'impact d'un fonds de roulement temporairement élevé au second semestre 2024 », indique le groupe.
Après avoir enchaîné les trimestres record, Stellantis prend finalement acte d'une « détérioration » globale du marché automobile. Qui est marquée, selon la direction, par des prévisions de ventes annuelles abaissées au niveau du marché, une « augmentation de l'offre » et « une concurrence chinoise accrue ». Avant lui et pour les même raisons, ses concurrents Volkswagen, BMW, Mercedes, Volvo ou Aston Martin ont aussi abaissé leurs objectifs pour cette année, avec parfois des suppressions de postes à la clé.
Stellantis souffre particulièrement depuis le début de l'année sur le marché américain, qui est d'ordinaire sa machine à cash. Les ventes y ont fortement ralenti au premier semestre (-18%) en raison de l'abandon de plusieurs modèles - à l'instar des Dodge Charger et Challenger ou des Jeep Renegade et Cherokee - et de « pénuries temporaires de production, dues à une période transitoire de renouvellement » de certains de ses modèles phares, comme le pickup Ram 1500 et le SUV Peugeot 3008, comme l'a précédemment expliqué le constructeur.
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Pour redresser la barre, Stellantis a lancé plusieurs opérations coûteuses. Puisque les concessionnaires américains peinaient à écouler des véhicules trop chers, le groupe a opté pour « une augmentation des promotions sur les véhicules ». Dans le même temps, il a mis en place « des initiatives d'amélioration de la productivité », pour produire moins et pour moins cher. Ce qui se répercute sur la santé financière de l'entreprise.
La dégradation de la performance du groupe en Amérique du Nord au premier semestre aurait également des conséquences sur l'avenir de l'actuel directeur général, Carlos Tavares. Son mandat doit prendre fin en janvier 2026, conformément à sa durée initiale de cinq ans. Mais, il y a quelques mois encore, l'éventualité de le prolonger au-delà faisait partie des hypothèses sur la table.
Une réunion du conseil d'administration du groupe doit avoir lieu début octobre au siège américain du groupe à Auburn Hills, près de Detroit, avec notamment cette question à l'ordre du jour.
Selon l'agence de presse Bloomberg, le président du groupe John Elkann ne le souhaiterait désormais plus, insatisfait de la situation sur son marché de prédilection. Ce qui expliquerait pourquoi le processus de succession a été lancé la semaine dernière, d'après le média. Une allégation néanmoins balayée par Stellantis.
Les mauvais résultats outre-Atlantique ont en tout cas entraîné dans leur sillage l'ensemble des résultats du constructeur. Le bénéfice net de Stellantis s'est ainsi affiché à 5,6 milliards d'euros au premier semestre, en recul de 48% par rapport à la même période l'année dernière où il avait enregistré un bénéfice record de 10,9 milliards. Son résultat opérationnel courant a aussi plongé de 40%, à 8,4 milliards d'euros. Quant au chiffre d'affaires, la baisse est moindre, mais tout de même importante (-14%, à 85 milliards d'euros) sur fond de marché automobile atone.
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Le groupe prévoit de se rétablir dès le second semestre. Et compte pour cela sur une offensive de 20 nouveaux modèles avant la fin 2024 dont plusieurs électriques à moins de 25.000 euros (telles que la Fiat Grande Panda ou la Citroën C3).
(Avec AFP)
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