Un pont tous les 30 km est dégradé : le scénario noir des professionnels
César Armand
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Un pont s'est effondré le 18 novembre 2019 à Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse.
Batard Patrick/ABACA
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Un pont s'est effondré le 18 novembre 2019 à Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse.
Batard Patrick/ABACA
L'effondrement d'un viaduc à Gênes à l'été 2018 avait réveillé les esprits au Sénat français. Et pour cause, le sujet revêt un caractère d'urgence. Sur les 100 000 à 120 000 ouvrages d'art qui appartiennent aux départements - sur les 200 000 à 250 000 ponts routiers - 40 000 sont en très mauvais état. Pire, un pont tous les trente kilomètres présente une dégradation structurelle importante.
Partant de ce constat, le syndicat STRRES, qui porte la voix des réparateurs d'ouvrages d'art dans le débat public, vient de publier une étude réalisée avec le cabinet d'études Citizing sur l'entretien des ponts « pour accélérer la prise de conscience des élus locaux ». La conclusion est limpide : le coût de l'inaction est neuf fois plus élevé que le coût des travaux.
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Sauf que les collectivités territoriales n'ont pas nécessairement les moyens de leurs ambitions. Les départements connaissent bien l'état de leurs ouvrages, « mais reportent actuellement certains programmes d'entretien, car ils vivent de vraies difficultés financières, notamment du fait de la chute des droits de mutation ». Pour autant, les communes, dont la situation financière est moins contrainte, restent, elles, « trop souvent dépourvues des moyens humains pour préparer techniquement et financièrement les dossiers » d'entretien des ouvrages. Et la loi de finances 2025 « n'envoie aucun signe positif », alerte le STRRES.
César Armand