Autoroutes : pourquoi des élus locaux reprennent la main sur les routes de l'Etat
César Armand avec Cécile Chaigneau
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C'est la conséquence de la loi de décentralisation, de déconcentration, de différenciation et de simplification de l'action publique (« 3DS »). A l'origine, l'Etat avait prévu de déléguer aux collectivités l'aménagement, l'entretien, l'exploitation et la gestion de 11.000 km de routes et autoroutes. Or, un an après la promulgation de cette loi, ce ne seront finalement qu'à peine 3.000 kilomètres d'autoroutes non-concédées et de routes nationales qui vont être confiés aux élus locaux d'ici au 1er janvier 2024. C'est quatre fois moins que ce que prévoyait la loi, et surtout, cela ne représente que 0,75% du réseau routier national.
Autrement dit, la majeure partie des élus locaux y va à reculons. Sur les 101 départements du territoire, une quarantaine de conseils départementaux s'était d'abord positionnée. Pour finalement finir sur moins d'une vingtaine de départements prêts à reprendre les rennes des axes routiers. « Dans un contexte financier tendu, certains ont pu craindre des coûts cachés ou des conditions de compensation insuffisantes. D'autres ont pu redouter un niveau de services trop lourd, avec un patrimoine vieillissant et sous-entretenu ainsi qu'un transfert de centres d'exploitation et de personnels », comprend François Sauvadet, président (UDI) de l'Assemblée des départements de France (ADF)
L'ADF est favorable au transfert de compétences : « Nous gérons déjà 380.000 km de routes départementales. Avec nos équipes et nos ingénieurs, nous possédons une réelle expertise », justifie François Sauvadet.
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Vingt-deux collectivités ont manifesté leur intérêt à cette décentralisation des routes, selon le Journal officiel du 8 janvier. Seize départements et trois métropoles se verront transférer ces pouvoirs d'aménagement en 2023.
César Armand avec Cécile Chaigneau