La crise qui frappe l'immobilier depuis quelques années a lourdement pesé sur le segment de la construction de maisons individuelles. Pointés du doigt par l'ancienne ministre du Logement Emmanuelle Wargon, qui avait qualifié les maisons individuelles de « non-sens écologique » en 2021, les constructeurs du secteur encaissent les coups... Et si la maison individuelle demeure l'habitat préféré de 80 % des Français, selon le baromètre IFOP de février 2025 pour la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles (FFC), l'accès à la propriété reste plus compliqué qu'il y a trois ans, notamment du fait de la baisse du pouvoir d'achat des ménages.
Selon la dernière note du pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) du 3 juillet, les ventes brutes de maisons individuelles ont augmenté de 15,8 % sur douze mois glissants à fin mai. Et même de 33,9 % sur les cinq derniers mois, avec des disparités selon les régions : de +12,7 % en Bourgogne-Franche-Comté, à + 64,9 % dans les Hauts-de-France, en passant par + 20,8 % en Nouvelle-Aquitaine, + 43,2 % en Occitanie ou + 46,2 % en PACA.
Une bouffée d'oxygène après une longue traversée en apnée nuancée par Damien Hereng, patron des Maisons Mikit et président de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles* : « Ce sont des hausses sensibles, mais sur la base de niveaux historiquement les plus bas depuis quarante ans ! En 1990, on comptabilisait 90 000 maisons individuelles construites par an, contre 50 000 à 60 000 en 2024. À fin juin 2025, on comptabilisait 66 000 mises en chantier en un an, un chiffre logiquement encore bas puisque pour la première fois en trente ans, il n'y a pas eu d'aide publique après l'extinction du prêt à taux zéro [PTZ, ndlr] en avril 2024 ».
Cécile Chaigneau, avec César Armand, Pierre Cheminade, Florence Falvy, Guillaume Fischer, Nathalie Jourdan, Emma Rodot