L'année 2020 vient à peine de se terminer que les professionnels du BTP se sont engagés le 5 janvier auprès du gouvernement à recruter 150.000 personnes d'ici à fin 2022. L'an dernier, tout s'est pourtant arrêté net lors du premier confinement, avant une reprise en demi-teinte marquée par l'ajournement des élections locales et les vacances estivales. Tant est si bien que dans ce secteur qui pèse 15% du PIB et qui emploie 2 millions de salariés, l'activité a chuté de 15% dans le bâtiment comme dans les travaux publics.
Logiquement, en tant que premier pôle économique de France et d'Europe, la région Ile-de-France reste impactée par l'actuelle crise sanitaire. Si les acteurs franciliens pèsent toujours pour un tiers du chiffre d'affaires national - 10 sur 36-37 milliards d'euros dans les travaux publics, 40 sur 140 milliards dans le bâtiment -, tous leurs indicateurs sont à la baisse. Quelle que soit la filière, l'activité globale y a ainsi chuté de 13%. Soit 2 points de moins par rapport au niveau national.
Dans le détail, la fédération régionale des Travaux Publics avance une baisse de 20% sur les travaux du quotidien, comme l'entretien des infrastructures. « A l'exception de Paris, où les dernières commandes sont passées en décembre, nous espérions une reprise au dernier quadrimestre 2020, mais entre le manque de recettes et les surcoûts, nous serons forcément impactés, au moins autant que les autres régions », précise le président de la FRTP-IDF José Ramos.
La fédération du bâtiment d'IDF accuse, elle, une baisse des mises en chantier de 13,7% pour le logement et de 19,6% pour les locaux tertiaires. Entre le décalage de trois mois du second tour des élections municipales et la généralisation du télétravail dans les mairies, la délivrance des permis de construire a même reculé de 26%. « Tous les interlocuteurs ne répondent plus, tout se passe désormais par mail », lâche le patron de la FB-IDF Jean-Luc Tuffier.