Depuis mars 2017, l'immeuble Delta Green est le premier bâtiment mixte qui fonctionne à l'hydrogène. Sur les toits des 8.000 m² de bureaux, logements et services, se trouvent trois champs de panneaux photovoltaïques qui produisent de l'électricité.
Pendant une semaine, La Tribune publie une série d'articles sur la révolution de l'hydrogène vert. Aujourd'hui, l'avenir de cette énergie dans le chauffage urbain. Porteuse de 7 milliards d'euros du plan de relance, cette énergie équipe 3 logements sociaux à Montpellier et bientôt 30 à Belfort. La promesse reste la même: apporter un meilleur confort et réduire d'un tiers les factures d'électricité. Il n'empêche: le coût de l'hydrogène en fait encore un produit haut de gamme limité à un marché plutôt restreint.
C'est le défi que tente de relever le promoteur immobilier Alain Raguideau à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Depuis mars 2017, l'immeuble Delta Green est le premier bâtiment mixte qui fonctionne à l'hydrogène. Sur les toits des 8.000 m² de bureaux, logements et services, se trouvent trois champs de panneaux photovoltaïques qui produisent de l'électricité.
Le courant ainsi généré scinde des molécules d'eau (H20) en deux parties : l'hydrogène (H2) d'un côté, l'oxygène (O) de l'autre, qui repart de l'atmosphère. C'est l'électrolyse. L'hydrogène peut, lui, être stocké dans une pile à combustible (PAC) avant d'être réutilisé comme électricité. A la différence des batteries, qui conservent l'énergie des éoliennes et des panneaux photovoltaïques à court-terme, la pile à combustible peut la conserver à moyen-terme.
Des tuyaux et des infrastructures
« Aujourd'hui, Saint-Herblain reste un démonstrateur sans enjeu économique. Cela n'a pas de sens à faire un bâtiment autonome en France ou Europe quand vous avez un réseau électrique à 15 cents du kilowattheure», nuance le président de Powidian, la jeune pousse qui a installé la pile.« En revanche,si c'est une île ou des sites isolés - comme nous avons fait en Norvège - et qu'il faut remplacer un câble sous-marin, être autonome a du sens et l'hydrogène aussi »,ajoute Jean-Marie Bourgeais.
Autrement dit, remplacer une chaudière à 600 € par une pile à combustible à 30.000 euros ne peut pas se faire partout. Cela nécessite des tuyaux et des infrastructures. A un bailleur social qui voulait installer une PAC, le patron de la startup a répondu : « Mettez plutôt des panneaux photovoltaiques et vous gagnerez de l'argent ». « Des gens veulent faire des choses, mais c'est très cher et cela doit être sponsorisé », relève-t-il.
Il ne croit pas si bien dire. Après avoir répondu à un appel à projets de l'Agence de la transition écologique (Ademe) et de GRDF (Gaz, réseau et distribution France), l'office public de l'habitat de Montpellier Méditerranée Métropole (22.000 logements sociaux) a été retenu pour expérimenter trois piles à combustibles. L'installation et la mise en service ont coûté 28.100 euros hors taxe, dont 5.300 euros de reste à charge, soit le prix de quatre chaudières neuves. Il faut y ajouter 2.000 euros de subventions de l'Ademe pour le surcoût de l'entretien.
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