Hydrogène : feu vert pour la moto de compétition H2K
Amandine Ibled à Dijon
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TEXYS GROUP
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« H2 pour hydrogène ; K pour compact », explique Emmanuel Esnault, directeur général de Texys Group, ancien de chez Mc Laren et Renault Sport. Tout l'enjeu de ce projet est de réussir à faire tenir la technologie de la pile à combustible avec, notamment, un réservoir robuste et massif, dans un engin à deux roues, telle que la moto de compétition. « On croit beaucoup à la compacité ! », affirme Emmanuel Esnault. C'est pourquoi le bureau d'étude H2 Motronics, filiale de Texys Group, spécialisé dans la fourniture d'électronique embarquée, principalement dans le domaine de la course automobile, mais aussi dans l'aéronautique, et le ferroviaire, n'a pas hésité à se lancer dans ce défi d'ingénierie. Le groupe Texys (15 millions d'euros de chiffre d'affaires et 45 salariés) possède des bureaux aux Etats-Unis, en Allemagne, et en France. Son cœur de métier est le capteur industriel miniaturisé.
« L'idée de H2K est née d'une discussion de vieux motards », s'amuse Philippe Leuwers, président de Texys Group. Après avoir pensé à un groupe motopropulseur électrique, le projet s'oriente vers l'hydrogène. « Nous sommes basés en Bourgogne-Franche-Comté qui est très réceptive aux projets hydrogène, puis nous avons rencontré le pôle véhicule du futur dans le Doubs. Nous avons alors rapidement compris l'intérêt de faire un propulseur hydrogène plutôt qu'électrique », explique Philippe Leuwers. Après une étude de faisabilité de trois mois, terminée en janvier dernier, qui s'est avérée positive, H2 Motronics - désormais labellisé pôle véhicule du futur - a engagé la phase de pré-étude, actuellement à 95% d'avancement.
Le projet cochait plusieurs cases prometteuses : le poids estimé de la machine sera en dessous de celui connu aujourd'hui en moto électrique (200 kg) ; les performances visées sont proches d'une moto thermique sur un tour du circuit Riccardo Tormo à Valencia ; l'autonomie serait de 11 tours environ (simulations à affiner en fonction du choix des composants) avec un kilogramme d'hydrogène embarqué, « soit presque deux fois l'autonomie d'une moto électrique », confie Emmanuel Esnault. La moto à hydrogène sera un engin à zéro émission qui fonctionnera à 50% grâce à la propulsion de la pile à combustible et 50% grâce à la puissance de la batterie électrique. « Elle sera plus légère, plus performante - au moins au même niveau qu'une moto thermique - et roulera avec une meilleure autonomie que la moto électrique », assure-t-il.
Amandine Ibled à Dijon