Malgré les coups de butoir du fonds d'investissement britannique Bluebell Capital Partners, Pierre-André de Chalendar vient d'être confirmé à son poste de président du conseil d'administration de Saint-Gobain. Un choix contesté par le fonds activiste qui estime que le directeur général du groupe, Benoît Bazin, n'a pas besoin de transition. Explications d'une passe d'armes.
Après avoir obtenu, en mars 2021, la tête d'Emmanuel Faber chez Danone, le fonds d'investissement britannique Bluebell Capital Partners souhaite le départ de Pierre-André de Chalendar. Sans succès pour l'heure. Réunis en assemblée générale dans l'après-midi du 2 juin 2022, 94,75% des actionnaires de Saint-Gobain ont accepté de renouveler, pour une durée de quatre ans, son mandat d'administrateur et de président du conseil d'administration.
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« Benoît Bazin n'a pas besoin de transition »
« Nous n'avons absolument rien de personnel envers Pierre-André de Chalendar, mais nous pensons que Saint-Gobain doit nommer un président indépendant, quelqu'un du conseil d'administration ou quelqu'un de l'extérieur »,explique, àLa Tribune,Marco Taricco, co-fondateur de Bluebell Capital Partners.« La performance opérationnelle et boursière de la société a été pauvre sous Chalendar. Il a aussi raté l'opportunité d'acquérir Sika(en 2020, son principal concurrent suisse, Ndlr)et la chance de devenir un leader mondial »,ajoute le porte-parole du fonds détenant moins de 0,5% du capital.
Nommé PDG de Saint-Gobain en 2010, le patron a lâché les rênes en juillet 2021, cédant les manettes à son dauphin Benoît Bazin, promu directeur général. « Toutes les initiatives et les décisions stratégiques sont proposées par le DG, et toutes les opérations supérieures à 150 millions d'euros nécessitent l'accord du conseil d'administration », a répondu Pierre-André de Chalendar à un actionnaire qui l'interrogeait sur la dissociation président/directeur général.
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« J'ai consacré 33 ans de ma vie à Saint-Gobain et je ne cherche pas à m'accrocher ou à me maintenir »
Plus tôt, au cours de l'assemblée générale, l'administrateur référent Jean-Dominique Senard a témoigné « d'un couple président/DG qui fonctionne merveilleusement bien où le directeur général est chargé de déployer la stratégie ».« L'un s'appuie sur l'autre et vice-versa. C'est la meilleure garantie pour l'avenir », a poursuivi le président du conseil d'administration du groupe Renault.
Un argument qui fait « sourire » l'investisseur Marco Taricco. « Benoît Bazin est directeur général depuis un an, dans le groupe depuis 23 ans et n'a pas besoin de transition », estime le co-fondateur de Bluebell Capital Partners. « Si nous avons beaucoup de respect pour Benoît Bazin qui apporte une nouvelle culture à la société, nous voulons éviter qu'il soit influencé dans sa stratégie par Pierre-André Chalendar », enchaîne-t-il.
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