Au regard des données compilées par La Tribune, les levées de fonds de la "proptech" au troisième trimestre 2021 tutoient les flux de financement captés au premier semestre. Vers une année record après le demi-milliard récolté en 2019 avant la Covid ? Toujours est-il que cet écosystème qui se retrouve ces 20 et 21 octobre au salon Rent prouve que l'industrie immobilière n'a plus rien d'immobile.177 millions d'euros en 2017, 204 millions en 2018, 503 millions en 2019, 282 millions en 2020 du fait de la crise économique et sanitaire... Vers 600 millions en 2021 ? Après avoir levé 230,54 millions d'euros au premier semestre, les jeunes pousses de l'immobilier ont attiré plus de 200 millions d'euros au troisième trimestre, au regard des données compilées par La Tribune.
Alors que Rent, "le salon dédié aux innovations pour les professionnels de l'immobilier", se tient ces 20 et 21 octobre 2021, ces startups de la proptech ont récolté, chacune, entre 200.000 euros et ...114 millions d'euros entre début juillet et fin septembre. Elles s'appellent Casafari, Hello Syndic, Saqara, Brik, Ibat..., elles sont une dizaine et elles révèlent surtout que les investisseurs sont de retour dans la transformation numérique d'une industrie longtemps qualifiée d'immobile.
Des marchés très concurrentiels
L'acteur du coliving Sharies annonce par exemple aujourd'hui même avoir levé 15 millions d'euros auprès de son actionnaire historique Audacia, la société de gestion de Charles Beigbeder qui vient d'entrer sur Euronext, et d'un gestionnaire de patrimoine (family office, Ndlr). Avec cette rentrée d'argent, ses fondateurs veulent renforcer leurs équipes pour tenir leur objectif de livrer 1.150 chambres d'ici à 2023. A la différence d'un concurrent comme Colonies, qui a notamment déjà récolté plus de 100 millions d'euros en une seule fois, Sharies explique proposer de la restauration et des espaces de travail ouverts sur la ville, et pas seulement des logements, des pièces de vie partagées entre coliveurs et des services.
Autre marché très concurrentiel, celui des syndics de copropriété dématérialisés. Après Matera (ex-Illicopro) qui a récolté, fin mai, 35 millions d'euros lors d'un troisième tour de table, c'est Bellman qui, lui aussi après un troisième tour, a annoncé, en septembre, avoir levé 11 millions d'euros. Après s'être concentrée sur Paris depuis sa naissance en 2019, la jeune pousse veut déployer son offre sur "tout le territoire national" et développer un réseau de franchises. Comme sa rivale, elle fustige les entreprises historiques, qui n'ont "pas ou peu évolué depuis de nombreuses années faute d'offres alternatives" et promet "plus de transparence, plus d'efficacité, plus de praticité et de collaboration".