Comment la "proptech" contraint les grands groupes à innover

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(Crédits : DR)
Avec la révolution numérique, les jeunes pousses viennent bousculer le secteur de l'immobilier et de la construction en prenant toujours plus de parts de marché aux grands groupes. Mais ces derniers résistent en accélérant leurs démarches d'innovation. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Strategy& (groupe PwC) et Real Estech, intitulée "La proptech : big bang ou effet de mode ?".

Dans le secteur de l'immobilier et de la construction, toutes les parties prenantes, du grand groupe coté au CAC 40 à la startup qui lève des millions d'euros, répètent les mêmes expressions à longueur de journée : "révolution numérique", "amélioration de l'expérience client" et "plateforme de services"...

"Cela ne va pas tout bouleverser"

Mais a-t-on vraiment assisté à une "ubérisation" des entreprises établies depuis des décennies par des jeunes pousses désireuses de prendre leur place ? Les géants du BTP se sont-ils vraiment converti à l'innovation, comme ils s'en vantent ? Pour y voir plus clair, Strategy& (groupe PwC) et l'association Real Estech viennent de publier une étude : "La proptech : big bang ou effet de mode ?"

"C'est un mouvement de fond qui s'est enclenché", résument Mathilde Hauswirth, associée chez PwC spécialisée dans l'immobilier et Vincent Pavanello, co-fondateur de Real Estech. "Cela change l'industrie en profondeur, cela pousse tout le monde à innover, mais cela ne va pas tout bouleverser."

De la concurrence d'un côté, de la complémentarité de l'autre

D'une branche à l'autre, les situations ne sont en outre pas les mêmes. Autant les agences immobilières dématérialisées qui se rémunèrent via un forfait fixé à l'avance, comme Liberkeys ou Homagency, viennent frontalement concurrencer les réseaux traditionnels ayant pignon sur rue, comme la FNAIM ou Era. Autant les logiciels chantiers, apportés par des startups, s'inscrivent dans une logique business-to-business avec leurs partenaires.

De même, les stratégies divergent entre un acteur A et son homologue B. Quoi de commun entre Bouygues Immobilier qui lance des concours internes d'intrapreneuriat pour retenir ses pépites, BNP Paribas Real Estate qui s'appuie sur un accélérateur de startups de la banque intégré à Station F, SoGeprom qui recrute le directeur général de Real Estech Robin Rivaton pour son conseil d'administration, et Vinci Immobilier qui ouvre une structure de capital-venture ?

Se nourrir de la culture startup

"Sachant que l'innovation n'est pas nécessairement dans l'ADN des grands groupes, ils ont soit intérêt à se nourrir de cette culture, soit à faire de l'acquisition externe", assurent de concert Mathilde Hauswirth et Vincent Pavanello.

Ces deux experts considèrent d'ailleurs qu'en s'ouvrant à la recherche et au développement, ces entreprises établies offrent "une image très positive pour attirer et fidéliser les talents".  D'autant plus que sur les 400 à 500 proptechs que compte la France aujourd'hui, il n'en restera à moyen-terme qu'un quart qui aura réussi à s'imposer sur les marchés...

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