Sur les 63 milliards de dollars de transactions annoncées dans l'industrie pharmaceutique depuis le 1er janvier, 20% sont dédiées à l'oncologie. Cette aire thérapeutique est de plus en plus investie par les principaux laboratoires pharmaceutiques, alléchés par le prix des nouveaux anticancéreux.
La prochaine acquisition de renom pourrait être Medivation. Cette biotech américaine et son blockbuster, l'anticancéreux Xtandi (1,9 milliard de dollar de revenus, l'année dernière) est convoitée par plusieurs Big Pharmas ou grandes biotechs, dont Amgen, Pfizer et Sanofi.
Les Big Pharmas de plus en plus tournés vers l'oncologie
Sanofi est ainsi prêt à mettre plus de 10 milliards de dollars sur la table pour racheter la biotech américaine, devenue une "priorité" pour le laboratoire pharmaceutique, après avoir proposé 9,3 milliards de dollars initialement. En effet, le géant français a opéré un changement dans sa stratégie, faisant de l'oncologie un de ses nouveaux axes forts. "C'est l'une des plus importantes aires thérapeutiques du secteur et l'une de celles qui connaît le développement le plus rapide", justifiait le groupe en novembre. Disposant de revenus faibles en oncologie (4% de ses 37 milliards de revenus en 2015), il a mis en janvier plus d'un milliard de dollars sur la table pour remporter des partenariats avec deux biotechs spécialisées dans le domaine, Innate Pharma pour le développement d'anticorps contre les cellules tumorales et Warp Drive Bio pour le la recherche d'agents anti-cancéreux.
Cette stratégie nouvelle, fortement axée sur le développement d'anticancéreux est suivie par d'autres poids lourds de l'industrie pharmaceutique comme Gilead. Connu pour son traitement curatif contre l'hépatite C, ce dernier a annoncé qu'il comptait s'attaquer à l'immuno-oncologie.
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Et le marché de l'oncologie est encore très ouvert. Il existe autour de 200 types de cancers, et, alors que des nouveaux traitements sont capables de prolonger la durée de vie de plusieurs mois, la nouvelle génération de médicament promet prolonger la vie des patients de plusieurs années. Un argument que les laboratoires pharmaceutiques mettent en avant pour imposer des prix élevés pour leur traitements.
Merck, par exemple, avance que son Keytruda contre les mélanomes, est capable d'allonger la vie de certains patients de trois années. Ou encore Bristol-Myers assure que l'Opdivo, développé contre les cancers avancés du poumon peut rajouter deux années de vie supplémentaires. Alors que les traitements à base de certains anticancéreux atteignent parfois les 100.000 dollars par an et par patient, les laboratoires pharmaceutiques en demandent plus pour la nouvelle génération d'anticancéreux. Ainsi, Bristol-Myers a annoncé un coût de 256.000 dollars par an en moyenne pour une combinaison comprenant l'Opdivo et le Yervoy
La capacité des Big Pharmas à imposer des prix élevés, encore intacte