La pénurie interrompt la vaccination en Île-de-France, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté

 |  | 877 mots
Lecture 5 min.
Les laboratoires n'arrivent pas à honorer les livraisons de vaccins prévues. Compte tenu de la situation extrêmement tendue sur les doses de vaccins, et la nécessité de garantir la deuxième injection pour les personnes déjà vaccinées, aucune primo-injection ne sera effectuée dans les établissements de santé la semaine prochaine.
Les laboratoires n'arrivent pas à honorer les livraisons de vaccins prévues. "Compte tenu de la situation extrêmement tendue sur les doses de vaccins, et la nécessité de garantir la deuxième injection pour les personnes déjà vaccinées, aucune primo-injection ne sera effectuée dans les établissements de santé la semaine prochaine." (Crédits : YVES HERMAN)
Alors que, dans toute l'Europe, les retards d'approvisionnement de Pfizer, AstraZaneca et Moderna obligent à ralentir le rythme des vaccinations, hier jeudi, trois Agences régionales de santé (ARS) françaises ont annoncé qu'elles étaient obligées d'interrompre toutes les primo-vaccinations dans leur région, les doses encore disponibles étant désormais réservées aux patients qui attendent leur deuxième injection.

DOSSIER - La course aux vaccins

Les Agences régionales de santé (ARS) d'Île-de-France, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté ont annoncé tour à tour jeudi que les centres de vaccination devraient décaler des rendez-vous de première injection en raison de la difficulté d'approvisionnement des vaccins contre le COVID-19.

Alors que les laboratoires Pfizer et AstraZeneca ont annoncé des livraisons moins importantes que prévu, les pays de l'Union européenne sont amenés à ralentir les rythmes de vaccination.

Lire aussi : Vaccin: le "léger problème logistique" de Pfizer en Belgique touche au contrôle de la température

Campagnes de vaccination ralenties en Europe

Le Portugal a fait savoir que sa campagne de vaccination serait plus longue que prévu et l'Allemagne a annoncé que les pénuries se feraient sentir au moins jusqu'en avril.

En France, le ministère de la Santé a déclaré que Moderna livrerait en février 25% de doses de moins que prévu et que les livraisons de Pfizer seraient fin janvier inférieures de 200.000 aux prévisions.

Priorité à la deuxième injection

L'ARS des Hauts-de-France a annoncé par communiqué le report des rendez-vous pour une première injection afin de "garantir l'administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier".

L'ensemble des rendez-vous de primo-vaccination prévus jusqu'au mardi 2 février inclus seront donc déprogrammés et immédiatement reprogrammés à partir de la première semaine de mars.

Pour sa part, l'ARS d'Île-de-France a déclaré aux acteurs du milieu de la santé, selon un compte rendu envoyé aux personnes présentes que Reuters a pu consulter:

"Compte tenu de la situation extrêmement tendue sur les doses de vaccins, et la nécessité de garantir la deuxième injection pour les personnes déjà vaccinées, aucune primo-injection ne sera effectuée dans les établissements de santé la semaine prochaine."

Selon ce même message, "aucune dose de vaccin ne sera délivrée aux établissements de santé par les établissements congélo-porteurs, seules les doses pour les deuxièmes injections seront délivrées".

Il n'était possible de savoir si cela touchait aussi les centres de vaccination de ville.

Trajectoire de vaccination maintenue malgré les aléas

Dans un communiqué, l'agence a précisé qu'elle confirmait néanmoins la trajectoire de la campagne de vaccination, "sur la base des volumes de livraisons annoncés par les fabricants, qui sont donc toujours susceptibles de subir des aléas".

Elle se donne donc encore pour cible de maintenir des volumes de primo-injections en direction des publics prioritaires, notamment les plus de 75 ans. Et dans le cas où il faudrait repousser des rendez-vous, elle se donne pour principe de décaler dans les 15 jours suivants au maximum.

En Bourgogne-Franche-Comté, la réservation en ligne de nouveaux rendez-vous dans les centres de vaccination pour des primo-injections est suspendue. Des rendez-vous qui avaient déjà été pris sont susceptibles d'être reportés de quelques jours ou semaines, a précisé l'ARS par communiqué.

Aucun rendez-vous "annulé", mais aucun rendez-vous possible jusqu'au 15 février

Selon le ministère de la Santé, 2,4 millions d'injections devraient être administrées au mois de février, premières et deuxièmes doses confondues.

Les 600.000 rendez-vous de première injection déjà programmés durant la première quinzaine de février devraient être honorés. Aucun nouveau rendez-vous ne pourra en revanche être pris avant le 15 février.

"La France est confrontée, comme ses partenaires européens, à une baisse d'approvisionnement en vaccins : une réduction des livraisons de vaccins Pfizer (- 200.000 doses) intervenue à la fin du mois de janvier, et une réduction des vaccins Moderna prévue pour le mois de février (- 25% des doses)", peut-on lire dans un communiqué.

"La baisse de ces approvisionnements a donc naturellement un impact sur le nombre d'injections pouvant être programmées : aussi, environ 5% des rendez-vous pour une première injections devront être décalés de quelques jours", précise-t-on.

Le ministère assure qu'aucun rendez-vous ne sera annulé. Pour l'instant, quelque 1,13 million de premières doses ont été injectées et 6.153 personnes ont reçu leur deuxième injection.

Lire aussi : CARTE. La course à la vaccination dans les régions françaises, en deux graphiques

L'achat groupé de l'UE met en évidence le retard global des labos

Comme l'Europe a souhaité parler d'une même voix pour procéder à l'achat de vaccins, d'autres pays connaissent des perturbations dans leur approvisionnement.

Le Portugal a estimé que la première phase de sa campagne de vaccination devrait s'allonger de deux mois, alors que la moitié seulement des doses attendues pour le mois de mars devraient être livrées.

Pour l'Allemagne, la pénurie devrait se faire sentir jusqu'en avril.

"Nous allons avoir dix semaines difficiles au moins [zehn harte Wochen] avec une pénurie de vaccins", a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn sur Twitter.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/01/2021 à 20:17 :
Bonjour,
vous pouvez ajouter l'Occitanie à la liste des régions à l'arret pour la vaccination; les rendez vous de fevrier sont tous booké.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :