Les Régions de France appellent à une gestion décentralisée de la campagne de vaccination

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Pour les présidents des Régions de France, la stratégie vaccinale doit « basculer clairement d'une gestion centralisée de la crise et de la campagne de vaccination à une gestion décentralisée ».
Pour les présidents des Régions de France, la stratégie vaccinale doit « basculer clairement d'une gestion centralisée de la crise et de la campagne de vaccination à une gestion décentralisée ». (Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
Les présidents et présidentes des différents territoires ont formulé neuf propositions au gouvernement pour prendre part à la campagne de vaccination qui a démarré de façon "chaotique" selon eux.

Nouvelle critique à l'encontre de la stratégie de vaccination du gouvernement. Cette fois, elle est portée par les dirigeants des Régions de France via la voix de leur président, Renaud Muselier.

Qualifiant le démarrage de la campagne de vaccination de « chaotique », celui qui est aussi à la tête de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur se veut néanmoins optimiste. « Il n'est pas trop tard pour redresser la barre », a-t-il lancé dans un communiqué mercredi 6 janvier, accompagné d'une série de propositions pour « accélérer et réussir la campagne de vaccination ».

Parmi elles, la priorisation de la stratégie de vaccination aux « départements ayant dépassé la côte d'alerte maximale (taux d'incidence supérieur 250) et les personnes à risque afin de pouvoir vacciner de façon massive ces cibles prioritaires ». De façon générale, cette stratégie doit « basculer clairement d'une gestion centralisée de la crise et de la campagne de vaccination à une gestion décentralisée » d'après les présidents de Régions.

Miser sur le local

Dans cet optique, la première demande des dirigeants de territoires est d'installer une "instance de coordination à l'échelle régionale" qui réunirait chaque semaine les acteurs locaux engagés dans la gestion de la crise sanitaire (directeur général de l'ARS (agence régionale de santé), préfet, président de Région, présidents de départements et représentants des communes).

« Cette instance serait chargée notamment de sélectionner les lieux possibles de vaccination, de coordonner les questions de logistique de définir les stratégies d'identification des personnes cibles, de diffuser de l'information pratique. La stratégie nationale serait alors coordonnée à l'échelon régional et mise en œuvre sur le terrain avec l'appui opérationnel des régions, des départements et des communes », soulignent-ils.

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Les présidents des Régions souhaitent également que la possibilité de vacciner soit élargie, notamment aux « médecins libéraux, pharmaciens, infirmières libérales, kinés, sages-femmes, etc », précisant qu'à leurs yeux « les pharmaciens paraissent l'échelon le plus pertinent qui constituent un réseau maillé finement à l'échelle territoriale avec un circuit logistique éprouvé ».

Toujours sur ce volet, les dirigeants proposent la mise en place d'un "conseil des territoires" constituant au niveau national une « vraie instance de co-construction et d'évaluation avec les collectivités locales » et d'associer des représentants des collectivités locales au Conseil de défense.

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Ouvrir l'achat des vaccins

Les présidents des Régions demandent aussi à pouvoir acheter des vaccins de leur propre-chef, comme cela avait été fait pour les masques par exemple. Idem pour les employeurs de plus de 100 salariés, afin de compléter les dispositifs nationaux.

Renaud Muselier, a par ailleurs adressé ce jeudi 7 janvier un courrier aux présidents de quatre laboratoires pharmaceutiques - Sanofi France, Pfizer France, AstraZeneca France et Moderna - pour « connaître les conditions dans lesquelles les Régions qui le souhaitent pourraient leur commander 10 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 ». Il leur demande ainsi de communiquer notamment le prix et le délai de livraison.

Comme l'a rappelé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à la sortie du Conseil des ministres ce 6 janvier, la « commande de vaccins » pour lutter contre le Covid-19 s'est faite « au niveau européen » depuis « plusieurs mois ». Il a également précisé que le « mécanisme de répartition » se fait « entre les États membres pour garantir qu'il n'y ait pas de concurrence qui aurait été préjudiciable à tout le monde et pour garantir une arrivée la plus rapide possible ».

Interrogé s'il serait possible de négocier sans l'État ou l'UE, le représentant du gouvernement a répondu qu'« [il] ne le crois pas ». La Direction générale de la Santé (DGS) a de son côté rappelé à LCI que la position française est de « passer toutes les commandes de vaccin par l'UE ».

Sur ce volet « d'indépendance vaccinale », les présidents des Régions incitent le gouvernement à « soutenir massivement les efforts de R&D des entreprises susceptibles de produire des vaccins, dans une logique de souveraineté sanitaire, et dans l'attente, procéder à l'achat de licences pour produire en France les vaccins déjà homologués ».

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Accentuer la com'

Enfin, convaincus que « les traitements et les vaccins permettent d'éradiquer le virus », deux mesures visent à « faciliter l'adhésion de ceux qui doutent ». À savoir, d'une part, la co-construction et la diffusion massive d'une campagne de communication grand public sur les enjeux de la vaccination, et, d'autre part, « montrer l'exemple » en organisation et en médiatisant la vaccination des principaux responsables politiques à commencer par les présidents des Régions eux-mêmes. « Grâce à la vaccination, nous pourrons assurer la santé de nos concitoyens qui le souhaitent ainsi que la reprise d'une activité économique, sociale et culturelle proche de la normale », considère Renaud Muselier.

58% des Français ne veulent pas se faire vacciner selon un sondage Odoxa-Backbone consulting réalisé pour Franceinfo et le Figaro, publié dimanche 3 janvier. Un chiffre par ailleurs en progression de huit points par rapport au mois dernier.

Lire aussi : Cinq choses à savoir sur le très attendu vaccin AstraZeneca/Oxford

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a écrit le 09/01/2021 à 9:36 :
Après Nevers, c'est la ville d'Auxerre qui craint de perdre son centre d'appel du Samu, le 15. Plusieurs élus demandent la mutualisation du 15 avec le centre d'appel des pompiers.La mobilisation continue.Pierre Pribile, directeur général de l'ARS. "S’agissant de ce dossier, il y a une programmation ce sujet. On rouvrira les discussions calmement avec les élus des parties prenantes mais ...après l’épidémie.Pendant ce temps,le directeur de l’ARS Jean-Jacques Coiplet fait partie des personnalités du département, distinguées par la promotion du 1er janvier de la Légion d’honneur.Alpes du Sud : la directrice de l'ARS 05 faite chevalier de la légion d'honneur, le directeur de l'ARS PACA élevé au grade d'officier. Jean-Yves Grall, directeur de l'ARS (agence régionale de santé) d'Auvergne-Rhône-Alpes devient officier.Didier Jaffre, directeur de l'offre de soins dans une agence régionale de santé, pour ses 22 ans de services. Actuellement en Ile-de-France, il a été adjoint de l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté.
a écrit le 08/01/2021 à 22:15 :
Je suis favorable à l'intervention de l'armée pour nous vacciner en ouvrant les possibilités par classe d'âge et dans des centres organisés pour que cela soit efficace: à ce jour, nous sommes et ridicules, et criminels (ce "principe de précaution", cette "prudence" alors que nous avons 300 morts -paraît-il- par jour, est une vilenie! L'objectif doit être de vacciner en deux mois tous les plus de 65 ans, 20% de notre population, 13 millions de personnes, viser une couverture de 60% donc il faut viser plus de 100 000 vaccinations par jour (mais avec deux doses donc on double!! C'est pourtant pas difficile à comprendre!
a écrit le 08/01/2021 à 12:19 :
Si c'est pour attirer les vaccins dans leur région sur le contingent national, en payant plus cher, aucun intérêt.
Une région ne va quand même pas être mieux vaccinée et avant les autres sur des critères de finances.
Les présidents de régions veulent se faire mousser avant les élections.
Ils ont mieux à faire.
Réponse de le 08/01/2021 à 18:13 :
J'y vois surtout l'intérêt de croquer au budget décentralisé plus que la prise en charge logistique qui sera malgré tout traitée avec amateurisme public dans tous les territoires...
a écrit le 08/01/2021 à 11:18 :
Une dde de bon sens, à condition que les achats et la logistique d'approvisionnement restent centralisés et délégués à qcqs logisticiens de qualité qualifiés pour respecter la chaîne du froid et l'acheminement de matière fragile et périssable.
a écrit le 07/01/2021 à 15:40 :
Assez de bavardages ils serait temps de commencer à vacciner les volontaires, dites à l'armée de se débrouiller pour la logistique.. Nous sommes la honte...
a écrit le 07/01/2021 à 15:38 :
Que ce soient pour les problèmes concernant la Santé ou l'Economie, les Régions Françaises se doivent d'être dotées comme leurs homogènes U.E. Espagnoles, Allemandes ou Italiennes, de pouvoirs réels, exécutifs, et donc bénéficient d'une vraie décentralisation des pouvoirs centraux, nationaux qui handicapent un fonctionnement déocratique du pays et notre compétitivité.
a écrit le 07/01/2021 à 15:15 :
Tous sujets confondus ,pour un avenir viable, les régions doivent enfin prendre le pouvoir .Libérons nous des chaînes parisiennes, de leur bureaucratie,...
Réponse de le 07/01/2021 à 17:55 :
Ne vous déplaise, les parisiens ont imposé à tous la langue française car dans le cas contraire la France serait encore un amas de villages gaulois sans envergure laminés par l'empire romain.

La décentralisation à la française ont la connait déjà avec l'hyperinflation de la dette publique centralisée à Paris (cf. reprise de la dette de la SNCF) mais creusée par les territoires grâce au copinage à grande échelle... à quand le démantèlement de la France trop grande pour être gouvernée?

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