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Doliprane: la grève maintenue à Lisieux, l'inquiétude toujours présente

latribune.fr

Publié le 22 octobre 2024 à 18:07 - Mis à jour le 22 octobre 2024 à 18:07

Le logo de sanofi

Les syndicats craignent que cette cession aboutisse à une « casse sociale », parmi les 1.700 emplois que compte Opella sur le sol français.

Sarah Meyssonnier

Le Quotidien Numérique

11 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Johann Nicolas, délégué CGT Opella du site de Lisieux, justifie ce mardi la poursuite du mouvement car les garanties de sauvegarde de l'emploi et de production sur le territoire français « ne sont pas satisfaisantes ». Les salariés du site de Compiègne, qui ont repris le travail, n'excluent pas de redébrayer la semaine prochaine.

La grève contre la cession des sites de production du Doliprane en France est reconduite mardi à Lisieux, mais suspendue à Compiègne, alors que d'autres sites ont rejoint le mouvement, a appris l'AFP des syndicats.

Une situation en réaction à la vente par Sanofi de la moitié du capital d'Opella, sa filiale de médicaments sans ordonnance, au fonds américain CD&R. La finalisation de la transaction est prévue au plus tôt au deuxième trimestre 2025. Pour rappel, les syndicats craignent que cette cession aboutisse à une « casse sociale », parmi les 1.700 emplois que compte Opella sur le sol français.

Grève reconduite vs suspendue

« La grève est reconduite aujourd'hui (mardi) suite au vote des salariés, car nous n'avons pas d'éléments complémentaires et les réponses apportées ces derniers jours » concernant la sauvegarde de l'emploi et de la production sur le territoire français « ne sont pas satisfaisantes » a déclaré à l'AFP Johann Nicolas, délégué CGT Opella du site de Lisieux (Calvados), en grève depuis jeudi.

« On fera la même demain, nous aurons la visite d'Olivier Faure [secrétaire général du PS] sur le site », a ajouté le syndicaliste de ce site dédié à la production du Doliprane qui compte 250 emplois, précisant que « d'autres sites Sanofi sont en grève aujourd'hui en soutien, Ambarès, Sisteron, Aramon et Maisons-Alfort ».

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A Compiègne (Oise), une assemblée générale s'est déroulée mardi matin, d'après Adil Bensetra, coordinateur adjoint CFDT de Sanofi Compiègne, et une autre a lieu dans l'après-midi. Pour l'instant, « nous n'allons pas reconduire la mobilisation », a-t-il expliqué, avant de prévenir que « dès la semaine prochaine, nous allons entamer les négociations et si ça ne se passe pas bien, s'il y a une perte des acquis sociaux, il y a aura une nouvelle mobilisation ». Adil Bensetra estime qu'elle sera bien plus importante, si c'est le cas, parce que ça concernera « tous les salariés », affichant l'objectif de 250 grévistes.

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Prise de participation de l'Etat

Annoncé le 11 octobre dernier, ce projet de cession suscite depuis une vive émotion au sein de l'opinion publique et de la classe politique parce qu'il concerne un médicament de base utilisé par un grand nombre de Français pour soulager la douleur et la fièvre.

Interpellé à plusieurs reprises sur le sujet, le gouvernement a tenté de calmer l'inquiétude en annonçant une prise de participation au capital d'Opella, via la banque publique d'investissement Bpifrance. Celle-ci va prendre « de 1 à 2% » de part, soit « entre 100 et 150 millions d'euros », selon son directeur général Nicolas Dufourcq.

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Annoncé dimanche soir par l'exécutif, l'accord tripartite entre l'Etat, Sanofi et CD&R, comprend « la pérennité des sites de production de Lisieux et Compiègne », le maintien du siège et des activités de recherche et développement en France, et la protection de l'emploi. Cette prise de participation donnera aussi à Bpifrance un siège au conseil d'administration, et donc « un point de contrôle supplémentaire » sur les engagements futurs d'Opella sous pavillon américain, a assuré le gouvernement.

Régime de sanctions

En cas d'arrêt d'un des deux sites de production, suite à l'achat d'Opella, cet accord tripartite prévoit un certain nombre de sanctions, applicables dans les cinq prochaines années. Notamment une pénalité financière allant jusqu'à 40 millions d'euros, a précisé hier le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci.

En outre, afin de ne pas masquer la baisse d'emploi, tout licenciement dans le cadre de licenciements économiques contraints se verra assorti d'une peine de 100.000 euros par emploi supprimé. Enfin, l'accord souligne l'obligation du maintien d'approvisionnement auprès des fournisseurs et sous-traitants français sous peine d'une pénalité de 100 millions d'euros, et tout investissement inférieur aux 70 millions d'euros prévus pendant cinq ans sera sanctionné.

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L'Etat souligne que son entrée au capital permettra d'apporter une pression supplémentaire pour le respect de cet accord. Des mesures qui doivent rassurer, alors que le cas de General Electric et l'accord pour la création de 1.000 emplois non tenu en 2014, après le rachat de la branche « Energie » d'Alstom plane toujours. Le groupe américain avait préféré payer les sanctions plutôt que de créer de nouveaux postes.

(Avec AFP)

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