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ClimatEnergie & Environnement

Situation d'urgence pour Total en mer du Nord

latribune.fr (avec Reuters)

Publié le 28 mars 2012 à 02:38 - Mis à jour le 28 mars 2012 à 02:46

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A la suite de la fuite de gaz survenue dimanche, le pétrolier français n'exclut pas qu'il faille six mois pour réparer sa plate-forme. Mardi, l'action Total a enregistré la plus forte baisse de l'indice CAC 40, cédant 5,96% à 38,56 euros, son plus fort recul depuis décembre 2008 , faisant fondre la capitalisation du groupe de six milliards d'euros environ.

Le nuage de gaz naturel explosif qui s'est formé autour d'une plate-forme de Total au large de l'Ecosse après une fuite sur un puit a forcé Shell à évacuer à son tour mardi son personnel de deux installations voisines et le groupe pétrolier français n'exclut qu'il faille six mois pour réparer la fuite. Les inquiétudes croissantes au sujet de la plate-forme d'Elgin-Franklin, que ce soit en termes de pertes de production ou de possibles coûts de réparation du site, a fait chuter le cours de Bourse de Total, qui assure que la fuite n'a pas eu pour l'instant un impact important sur l'environnement.

Ce n'est pas l'avis de Frederic Hauge, qui dirige Bellona, un important groupe de défense de l'environnement norvégien suivant de près l'exploitation pétrolière en Mer du Nord. Estimant qu'il s'agissait "du puits de l'enfer", il a jugé que "le problème échappe à tout contrôle". La fuite de gaz sur Elgin-Franklin a formé un nuage suffisamment dense pour être visible d'autres plates-formes de la mer du Nord. Shell a décidé de suspendre, par mesure de précaution, ses activités de forage sur l'une d'entre elles.

L'action Total a enregistré la plus forte baisse de l'indice CAC 40 mardi, cédant 5,96% à 38,56 euros, à ses plus bas niveaux des trois derniers mois. Le titre accuse ainsi son plus fort recul depuis décembre 2008 et voit sa capitalisation fondre de six milliards d'euros environ. Total, de loin la plus forte pondération du CAC, a entraîné l'indice parisien, qui a terminé en baisse de 0,92% alors que l'indice sectoriel européen du pétrole et du gaz abandonnait 2,37%.

A ce stade, les investisseurs s'inquiètent davantage de l'impact de la fuite sur la production du groupe que de ses conséquences sur l'environnement et jouent la prudence en attendant de pouvoir se faire une idée précise de l'ampleur de la catastrophe. "Les investisseurs appliquent le principe de précaution face à une situation encore incertaine, avec en mémoire l'accident récent qui a affecté BP", a souligné Romain Burnand, co-dirigeant de Moneta Asset Management.

Un plan dans "les jours à venir"

L'explosion et le naufrage et la plate-forme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, avaient fait onze morts en avril 2010. Quelque 4,9 millions de barils de pétrole brut s'étaient échappé du puits Macondo, foré pour le compte de la "major" britannique BP. Après la catastrophe, BP avait perdu plus de 52% de sa valeur en Bourse en moins de deux mois. "Avec le souvenir de Macondo, le marché reste très nerveux sur ce genre de nouvelles tant que le problème n'est pas quantifié", a déclaré un trader. "Cet évènement impacte la production de Total et crée un risque de pollution -limité à ce stade- mais pas encore circonscrit", a-t-il ajouté, notant que le groupe n'avait pas encore décidé de la meilleure manière dans sa façon de traiter l'incident.

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Total a en effet expliqué étudier toutes les options possibles pour faire face à la fuite de gaz, y compris le creusement d'un puits de secours. "Il y a deux options pour intervenir. L'une consiste à creuser un puits de secours, ce qui pourrait prendre environ six mois. L'autre est une intervention sur la plate-forme pour sceller le puits (...) ce qui serait une option plus rapide", a déclaré à Reuters David Hainsworth, responsable sécurité, santé et environnement chez Total Exploration & Production UK. "Nous prévoyons de décider d'un plan dans les jours à venir", a-t-il ajouté. "Les premières indications montrent qu'il n'y a pas d'impact significatif sur l'environnement et que l'utilisation de dispersant n'est pas nécessaire à ce stade", a ensuite fait savoir Total dans un communiqué. "Un avion de surveillance a confirmé la présence d'irisations à proximité de la plate-forme. Il s'agit de boues de forage et/ou de produits légers associés au gaz représentant un volume actuellement estimé à environ 30 m3", a ajouté le groupe.

Technip baisse aussi en Bourse

Outre la mobilisation de 10 à 20 ingénieurs spécialisés, Total a fait appel aux services de Wild Well Control, société qui était intervenue pendant la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010. Le titre Technip a lui aussi chuté en Bourse de Paris, clôturant en recul de 3,17% à 6,151 euros alors que certains intervenants évoquaient des rumeurs selon lesquelles la responsabilité du groupe de services pétroliers, qui a construit la plate-forme de production des champs d'Elgin et Franklin, pourrait être engagée. "La plate-forme que Technip a construite pour le champ Elgin-Franklin est la PUQ, une plate-forme de production de type TPG500. Or, Total a indiqué dans son communiqué que la fuite de gaz se situait sur une des deux plates-formes de puits", a cependant souligné une porte-parole du groupe dans un mail adressé à Reuters.

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Total a interrompu la production et évacué son personnel sur place (238 personnes) à la suite de la fuite de gaz survenue dimanche. La plate-forme produisait jusqu'alors neuf millions de mètres cubes de gaz par jour, l'équivalent de 3% de la production britannique de gaz naturel, ainsi que 60.000 barils par jour de brut léger. Les conséquences pour l'environnement de fuites de condensats de gaz naturels sont nettement moins graves que celles des marées noires pétrolières, a fait savoir le ministre britannique de l'Energie. Une zone d'exclusion maritime et aérienne a toutefois été décrétée autour de la plate-forme, a précisé Total.

latribune.fr (avec Reuters)

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