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"L'Arabie Saoudite ne veut pas être la seule à baisser sa production comme en 2009", Olivier Jakob

Photo de Nabil Bourassi

Propos recueillis par Nabil Bourassi

Publié le 08 janvier 2015 à 06:00 - Mis à jour le 08 janvier 2015 à 06:28

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Oliver Jakob est analyste et directeur de Petromatrix. Il analyse pour La Tribune la nouvelle donne sur le marché du pétrole. Il s'attarde également sur les enjeux géopolitiques de ce contre-choc pétrolier et ses conséquences potentiellement explosives...

La Tribune : Le baril de Brent est brièvement passé sous les 50 dollars le 6 janvier au matin, pensez-vous que nous sommes face à une tendance baissière qui devrait se prolonger à long terme?

Olivier Jakob : À mon sens, cela devrait s'arrêter prochainement. Nous avons atteint des niveaux de prix qui ont un impact sur la production mais également sur la demande. On n'a donc plus besoin d'aller plus bas. Par ailleurs, le niveau des surplus n'est pas énorme puisqu'il n'excède pas les 3 millions de barils dans le monde, on n'a donc pas besoin de réduire la production pour provoquer une remontée des prix.

À combien estimez-vous le prix d'équilibre?

On devrait rester sur une fourchette comprise entre 60 et 70 dollars. Si on regarde en 2010, nous étions à 75 dollars, c'était alors un niveau de prix beaucoup plus tenable pour les producteurs. À 110 dollars, l'impact était trop négatif sur la demande.

Quelle est l'influence du dollar sur le cours du pétrole selon vous?

La hausse du dollar réduit l'attrait sur les matières premières, donc le pétrole mais pas seulement. Maintenant, certains pensent que c'est la baisse du cours du pétrole qui tire le dollar vers le haut, et d'autres pensent le contraire...

On voit que certains membres de l'OPEP demandent un réajustement du niveau de production pour rééquilibrer le marché, mais l'Arabie Saoudite ne semble pas vouloir agir...

L'Arabie Saoudite ne veut pas être le seul pays à couper sa production. En 2008 et 2009, elle avait lancé un mouvement de réduction de la production dans le cadre de l'OPEP, mais elle s'était retrouvée seule à le faire. Pour obliger les autres pays à participer à cet effort de réduction de la production, elle cherche donc à faire peur. Maintenant, l'Arabie Saoudite n'a pas forcément intérêt à prolonger trop longtemps ce niveau de prix très bas même si elle a enregistré des excédents budgétaires ces dernières années et qu'elle a su constituer des réserves. Une baisse prolongée peut être un facteur de déstabilisation pour le pays. J'ajoute que l'éventualité d'une succession très prochaine à la tête du royaume, compte tenu de l'état de santé très détérioré du roi, devrait pousser Ryad à retrouver un baril plus fort pour éviter une déstabilisation.

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Il y a d'autres pays dont le risque de déstabilisation est plus fort encore...

En effet ! Le Venezuela est vraiment à risque. Le gouvernement actuel est sous pression. Même si la Chine a aidé le pays ces dernières années, il n'est pas certain qu'elle continue à le faire et à augmenter son risque sur ce pays.

Y a-t-il une réelle volonté des pays de l'OPEP à gêner l'industrie du pétrole de schiste américain?

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L'Arabie Saoudite, mais également les Émirats Arabes Unis, l'ont dit très clairement. En laissant les prix du pétrole tomber, l'objectif est de réduire la croissance de la production américaine. Celle-ci augmentait au rythme d'un million de baril par jour chaque année.

Propos recueillis par Nabil Bourassi

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