Biodiversité  : la Caisse des dépôts lance 10 nouveaux projets territoriaux volontaires

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Si face aux 300 milliards de dollars annuels qui, selon la CDC elle-même, seraient nécessaires afin de combler les besoins de l'adaptation au niveau mondial les financements de nature 2050 constituent une goutte dans la mer, ils représentent toutefois une amorce de mobilisation spontanée du secteur privé pour cet enjeu.
Si face aux 300 milliards de dollars annuels qui, selon la CDC elle-même, seraient nécessaires afin de combler les besoins de l'adaptation au niveau mondial les financements de nature 2050 constituent une goutte dans la mer, ils représentent toutefois une amorce de mobilisation spontanée du secteur privé pour cet enjeu. (Crédits : Eric Vidal)
Dans le cadre de son programme Nature 2050, depuis 2016, la filiale CDC Biodiversité est ainsi parvenue à mobiliser 3,4 millions d'euros, au profit d'un total de 26 projets visant l'adaptation des territoires au changement climatique. Les entreprises y adhèrent volontairement, au-delà de leurs obligations de compensation.

L'initiative a vu le jour en 2016, au lendemain de l'adoption de l'Accord de Paris sur le climat. CDC Biodiversité, filiale du groupe Caisse des dépôts, qui depuis sa création en 2008 accompagne les entreprises dans la mise en œuvre de leurs compensations réglementaires, a décidé de mettre son expertise et sa légitimité au service d'un enjeu encore non suffisamment adressé en France comme à l'international : celui de l'adaptation des territoires au changement climatique qui, même si l'on parvenait à contenir le réchauffement à 2°C, affectera fortement les espaces naturels.

En partenariat avec des associations environnementalistes (la FNH, la FNE, la LPO France), des scientifiques et des établissements publiques (l'Agence française pour la biodiversité, notamment), CDC Biodiversité a alors lancé le programme Nature 2050, visant à mobiliser les entreprises afin de financer, de manière volontaire, des projets susceptibles d'avoir un fort impact sur la résilience des territoires, ainsi que de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L'engagement et de restaurer et adapter jusqu'en 2050 un mètre carré de territoire pour tous 5 euros dépensés.

Des projets ciblés et concertés

Depuis, CDC Biodiversité est parvenue à collecter auprès d'une variété d'acteurs économiques (la Banque postale, Kedge Business School, BPI France, Icade, BNP Paribas, EDF, Eiffage, GRDF, Veolia etc.) 3,4 millions d'euros, dont 3 consacrés à la réalisation de 16 projets lancés en 2017, et le reste à 10 projets tout juste sélectionnés. Une goutte dans la mer, certes, face aux 300 milliards de dollars annuels qui, selon la CDC elle-même, seraient nécessaires afin de combler les besoins de l'adaptation au niveau mondial. Ils représentent toutefois une amorce de mobilisation spontanée du secteur privé pour cet enjeu : 50 milliards de ressources déjà disponibles au monde viennent en effet aujourd'hui des pouvoirs publics.

Repartis dans l'ensemble de la France -mais pas encore en Outre-Mer-, et concertés avec les autorités locales, ces projets couvrent cinq cibles considérées aujourd'hui comme fondamentales en matière d'adaptation: la protection voire la restauration des zones humides, des continuités écologiques (trames vertes et bleues) et des écosystèmes marins et côtiers, ainsi que l'accompagnement de la transition agricole et forestière (notamment via la promotion de l'agroforesterie) et l'introduction de davantage de biodiversité en ville. Afin de réaliser ce dernier objectif, CDC Biodiversité vient d'ailleurs de souscrire un partenariat avec la Métropole du Grand Paris -qui s'ajoute ainsi à trois conventions régionales : avec l'Ile-de-France, l'Occitanie et la Région Sud.

"Catalyseur" et "co-financeur"

L'objectif est à présent de continuer sur cette voie en collectant en moyenne un million d'euros par an, à allouer à des projets sélectionnés au fur et à mesure. Seule la méthode pourrait changer. Si en 2018 CDC Biodiversité a en effet réussi à mobiliser seulement quelque 400.000 euros -un dixième des 3 millions obtenus l'année précédente- cela dépend, estime-t-elle, de l'accroissement de travail sur le suivi technique des projets, qui à équipes grosso modo constantes (35 personnes) est venu pénaliser le travail commercial. La filiale de la Caisse des dépôts espère donc dans l'avenir pouvoir jouer de plus en plus le rôle de simple garant et "catalysateur", en s'appuyant sur la capacité des collectivités locales à trouver les financements pour leurs projets. Une évolution déjà intervenue pendant ces deux ans de vie de Programme 2050 va justement dans ce sens. Alors qu'au départ les financements n'étaient pas fléchés, CDC Biodiversité accepte désormais de prendre en compte l'attachement de certaines entreprises à des projets locaux spécifiques.

CDC Biodiversité espère d'ailleurs qu'une telle approche favorise la pérennisation des projets dans le temps et dans l'espace, pour en devenir progressivement un "simple" co-financeurs. Elle travaille également sur la définition d'indicateurs permettant de mesurer objectivement l'impact de ses actions, afin d'asseoir encore davantage sa légitimité.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2018 à 8:57 :
La CDC a-t-elle pour mission de financer des associations? Un mélange des genres..

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