BNP Paribas lance un fonds indiciel sur l'économie circulaire

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Les grandes capitalisations boursières sélectionnées sont représentatives de cinq modèles d'économie circulaire identifiés par Accenture : le recours à des matières premières issues de l'économie circulaire, l'adhésion aux économies du partage et de la fonctionnalité, l'extension de la durée de vie des produits et leur recyclage ou réutilisation lorsqu'ils arrivent en fin de vie.
Les grandes capitalisations boursières sélectionnées sont représentatives de cinq modèles d'économie circulaire identifiés par Accenture : le recours à des matières premières issues de l'économie circulaire, l'adhésion aux économies du partage et de la fonctionnalité, l'extension de la durée de vie des produits et leur recyclage ou réutilisation lorsqu'ils arrivent en fin de vie. (Crédits : Charles Platiau)
Le fonds sera coté dès jeudi 23 mai sur Euronext Paris. Il vise à permettre aux investisseurs de participer aux opportunités liées à une meilleure gestion des ressources.

Selon BNP Paribas Asset Management (BNPP AM), il s'agit d'une première mondiale.  Le gestionnaire d'actifs lance à partir du 23 mai sur Euronext Paris un fonds indiciel construit en tenant compte de la participation des entreprises sélectionnées à l'évolution d'un modèle économique linéaire à un modèle circulaire.

L'objectif est de "permettre aux investisseurs de prendre part aux opportunités liées à ce changement de paradigme", explique Isabelle Bourcier, responsable des gestions quantitative et indicielle de BNPP AM. Des opportunités loin d'être négligeables, puisque dans une étude publiée en 2015, le cabinet Accenture avait évalué à 4.500 milliards de dollars la création de valeur potentiellement imputable à l'économie circulaire à l'horizon 2030.

50 actions internationales de grandes capitalisations boursières

Intitulé "BNP Paribas Easy ECPI Circular Economy Leaders UCITS ETF", le fonds répliquera un indice (l'"ECPI Circular Economy Learders Equity") construit par ECPI group, une société italienne spécialisée dans l'élaboration d'indices d'investissement durable. Depuis sa création en 1997, elle en a déjà conçu une cinquantaine, couvrant les principales classes d'actifs, géographies et thématiques.

Lancé en juillet 2017, celui consacré à l'économie circulaire sélectionne 50 actions internationales des plus grandes capitalisations boursières les mieux notées en matière de critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG) et représentatives des cinq modèles d'économie circulaire identifiés par Accenture : le recours à des matières premières issues de l'économie circulaire, l'adhésion aux économies du partage et de la fonctionnalité, l'extension de la durée de vie des produits et leur recyclage ou réutilisation lorsqu'ils arrivent en fin de vie.

La première sélection du fonds - qui sera revue deux fois par an - voit la participation de 55% d'entreprises américaines, 30% d'européennes et 15% de japonaises. Le secteur de la consommation représente plus de 40%, suivi par les nouvelles technologies (23%) et l'industrie (19%). Alors que l'indice superforme par rapport au MSCI World, l'indicateur synthétique de risque et de rendement du fonds - qui sera ensuite coté aussi en Allemagne et en Italie - est de 5 sur 7.

Un ETF bas carbone lancé il y a plus de 10 ans

Le lancement de ce fonds s'inscrit dans une prise en compte croissante des critères d'investissement durable par BNPP AM dans son offre, explique le gestionnaire d'actifs. "BNPP AM fait partie des trois plus importants fournisseurs d'ETF ESG en Europe", précise notamment Isabelle Bourcier, en rappelant qu'il a "été le premier gestionnaire d'actifs à lancer un ETF sur le bas carbone il y a plus de 10 ans".

Le caractère croissant de la pression réglementaire comme d'image pesant sur les entreprises, mais aussi du risque d'une raréfaction des matières premières, dans l'ensemble des secteurs économiques, pousse d'ailleurs la filiale de BNP à se pencher tout particulièrement sur l'économie circulaire. BNP Paribas finance ainsi directement des acteurs du secteur tels que le restaurant "zéro gaspillage" Simon Lemon, la startup Clean Clup, qui développe une solution de réutilisation de gobelets, et l'entreprise de valorisation des déchets Phenix. Dans le cadre du développement de solutions de leasing, il a également incubé la plateforme de location de matériel agricole Kintessia, et affirme soutenir les résolutions d'actionnaires demandant davantage de transparence à certaines multinationales à propos de leur utilisation de plastique.

Des indicateurs encore peu matures

Quant aux interrogations suscitées par la présence dans le Top 10 du fonds de grands groupes comme LVMH (en tête de liste), Kering, Ford, plus souvent pointées du doigt pour leur contribution à la pollution mondiale et à l'épuisement des ressources que pour leurs vertus environnementales, BNPP AM reconnaît le risque d'un biais lié à leur proactivité en matière d'économie circulaire: en partant de plus bas, leurs démarches sont particulièrement valorisées par l'indice.

Les indicateurs en la matière sont en outre encore très peu matures, admet le gestionnaire d'actifs : la réutilisation et le recyclage des emballages sont par exemple considérés comme de valeur égale, conformément au modèle d'Accenture, alors que les spécialistes de l'économie circulaire considèrent la première démarche comme bien plus vertueuse en termes de consommation des ressources. Sans compter que la rareté des informations publiques sur la performance des entreprise dans ce domaine attribue un poids particulier à leurs engagements déclaratifs.

Une méthodologie destinée à évoluer

"Il ne faut toutefois pas sous-estimer l'impact potentiel sur l'ensemble de leur secteur des grandes capitalisations de l'indice", souligne Robert-Alexandre Poujade, analyste ESG chez BNPP AM.

"Comme cela a été le cas pour ans l'ETF bas carbone, la méthodologie va évoluer avec l'affinement des indicateurs", ajoute Isabelle Bourcier.

BNP Paribas travaille notamment sur une amélioration de ces indicateurs avec l'Institut national de l'économie circulaire (Inec) français. Il espère parvenir à de premiers résultats avant la fin 2019, et compte bien les soumettre à l'ECPI - dont l'activité d'administration de l'indice est toutefois indépendante. Dans l'élaboration de ses scores ESG, le gestionnaire prend d'ailleurs déjà en compte divers critères exprimant la réponse des entreprises à la pression réglementaire sur le plastique.

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Commentaires
a écrit le 22/05/2019 à 9:07 :
"la réutilisation et le recyclage des emballages sont par exemple considérés comme de valeur égale, conformément au modèle d'Accenture"

Ce qui est complètement grotesque mais bon, l’approximation à géométrie variable selon ses intérêts et le secteur financier, ça fait un.

Sans parler des experts bidons aux salaires à 5 chiffres... des prêcheurs ne peuvent pas rendre une économie progressiste seulement l'enfoncer continuellement dans l'obscurantisme.

Secteur qui part de trop loin, trop d'inertie, trop de conservatisme, trop de cupidité.

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