Climat : abandonner totalement les énergies fossiles avant 2050 serait rentable

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D'ici à 2030, le secteur de l'énergie solaire, notamment, pourrait employer autant de personnes que l'industrie du charbon aujourd'hui, plus de 9,5 millions, estime Greenpeace.
D'ici à 2030, le secteur de l'énergie solaire, notamment, "pourrait employer autant de personnes que l'industrie du charbon aujourd'hui, plus de 9,5 millions", estime Greenpeace. (Crédits : © Mario Anzuoni / Reuters)
Les économies générées par une telle transition écologique dépasseraient les coûts induits, d'après un rapport de Greenpeace. Pourtant, le soutien public aux énergies fossiles constitue encore une importante entrave aux efforts mondiaux contre le changement climatique, dénonce l'OCDE dans un rapport publié le même jour.

100% d'énergies renouvelables et 0% d'énergies fossiles en 2050 ? Loin de relever de l'utopie, une telle révolution non seulement serait avantageuse en termes de coûts, mais permettrait aussi de créer des millions d'emplois. L'organisation non gouvernementale Greenpeace l'affirme dans son dernier rapport publié lundi 21 septembre, à moins d'un mois et demi de la COP21, la Conférence des Nations unies sur le climat qui doit se tenir à Paris en décembre.

     | Lire Réduction des émissions de CO2 : l'UE fixe ses objetifs en vue de la COP21

Le coût des renouvelables "économiquement favorable" avant 2030

Selon l'ONG, qui a réalisé son étude en partenariat avec le Centre aérospatial allemand, abandonner complètement avant la moitié du siècle le charbon, le pétrole, le gaz et le nucléaire demanderait des investissements de plus de 1.370 milliards d'euros par an d'ici-là. Mais malgré l'aspect astronomique d'un tel chiffre, l'investissement serait "plus que couvert par les économies futures", affirme Greenpeace.

Certes, à court terme, le coût de la production d'électricité via les énergies renouvelables est "légèrement" supérieur, relève le rapport. Cependant "dans quelques pays, comme la Chine et l'Inde", le scénario d'une transition radicale dessiné dans l'étude est "économique dès le départ et meilleur marché que les sources d'énergie conventionnelles d'ici à 2020", affirme-t-il. L'augmentation du prix des énergies conventionnelles pourrait par ailleurs rendre le coût des renouvelables "économiquement favorable dans toutes les régions du monde d'ici à 2030".

En outre, selon Greenpeace, un tel passage aboutirait à la création de millions d'emplois. D'ici à 2030, le secteur de l'énergie solaire, notamment, "pourrait employer autant de personnes que l'industrie du charbon aujourd'hui, plus de 9,5 millions". Quant à l'éolien, dans les mêmes délais, le nombre d'emplois du secteur "pourrait être multiplié par dix, passant de 700.000 actuellement à plus de 7,8 millions -- deux fois plus que dans les industries du pétrole et du gaz combinées".

Plus de 140 milliards d'euros par an pour soutenir les énergies fossiles

Cependant, reconnaît Greenpeace, environ 80% de l'énergie produite dans le monde provient aujourd'hui encore de combustibles fossiles. Les États continuent d'ailleurs encore massivement de les soutenir, dénonce l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport également publié lundi.

     | Lire aussi En Arabie Saoudite, haro sur les énergies renouvelables pour réduire la                                faramineuse consommation de pétrole

Malgré une légère tendance à la baisse, dans les 34 pays de l'OCDE et les six grandes économies émergentes du G20 -Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Russie et Afrique du Sud-, le soutien public aux énergies fossiles représente encore entre 140 et 180 milliards d'euros par an. Pour arriver à ce résultat, l'organisation a passé en revue environ 800 programmes de dépenses et allègements fiscaux dans son inventaire 2015. Or, en réduisant les prix pour les consommateurs ainsi que les coûts d'exploration et d'exploitation pour les compagnies pétrolières et gazières, ces mesures incitent à produire ou à consommer des combustibles fossiles et constituent ainsi une entrave aux efforts mondiaux pour réduire les émissions et lutter contre le changement climatique, déplore l'OCDE.

Des mesures d'une "époque révolue"

Le Secrétaire général de l'organisation Angel Gurría a notamment dénoncé un comportement contradictoire :

"Les États dépensent, pour soutenir les combustibles fossiles, quasiment le double du montant nécessaire pour atteindre les objectifs de financement de la lutte contre le changement climatique définis par la communauté internationale, qui appelle à mobiliser 100 milliards de dollars (soit quasiment 90 milliards d'euros, ndlr) par an d'ici à 2020."

Environ les deux tiers des mesures recensées -financées par les contribuables- relèvent de "politiques qui sont héritées d'une époque révolue où l'on considérait la pollution comme une conséquence tolérable de la croissance économique", puisqu'elles ont été adoptées avant l'an 2000. Aujourd'hui, la baisse des cours du pétrole offre une occasion unique pour les gouvernements de changer progressivement de direction, souligne l'OCDE.

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Commentaires
a écrit le 22/09/2015 à 6:47 :
Des mesures en phase avec notre temps seraient bien plus efficaces. Exemple: le télétravail.
a écrit le 22/09/2015 à 1:47 :
Sauf que les panneaux solaires sont fabriqués à base de charbon chinois et durent au max 20 ans, que les éoliennes ne donnent leur puissance installée qu'au mieux 1/9 du temps et que greenpeace est financé par des lobys des énergies fossiles. Mais, à par ça, on nous prend presque pas pour des boeufs.
a écrit le 22/09/2015 à 0:48 :
On parle de milliards comme si le probleme etait la !
Le probleme est technique le solaire et toute les énergies écolos ne sont pas capable de prendre le relais pour l instant
Quand on aura des batteries de 1 mega watts a pas cher on aura la solution

Pour l'instant c'est de la propagande
a écrit le 21/09/2015 à 21:59 :
La vie rêvée des écologistes tendance Greenpeace et WWF, reprise avec gourmandise par Nico: la fin de la démocratie puisque "l'écologie n'est pas compatible avec la démocratie". C'est reprendre à la lettre les délires de Dominique Bourg (fondation Nicolas Hulot), qui pense que les citoyens non éclairés (comme lui) ne comprennent rien aux enjeux environnementaux.
Bref il milite pour la suppression du sénat et de l'assemblée nationale, les décisions et avis étant dictées par une assemblée des sages (verts, voire très verts), non élus mais désignés... par qui, on à bien une idée.
La dictature écologique est d'ailleurs déjà bien engagée (médias, éducation nationale...). La dernière en date étant un appel pour punir "les crimes climatique" et bien entendu mettre au piloris les gens qui pensent autrement que par le prisme du catastrophisme actuel. La peur est un bon moyen de contrôle.
Heureusement, les verts politiques sont tellement nuls, qu'il reste encore un espoir pour que citoyens se rendent ci-ompte de l'arnaque écolo pilotée par les ONG environnementales non élues et sans mandat électif faut-il le rappeler.
Réponse de le 22/09/2015 à 10:11 :
je n'ai pas souhaité ni parlé de la fin de la démocratie... juste de sa façon de fonctionner actuelle..
De quel complot écologiste parlez vous?? Vous pouvez vous mettre la tête dans le sable et refuser les données des scientifiques de multiples disciplines . Le déni est un bon moyen de contrôle. D'ailleurs vos amis lobbyistes pétroliers, gaziers, charbonniers vous en remercient. Tiens au fait qui a voté pour eux? N est ce pas là une forme de dictature soft?
Mettre un terme aux subventions de ces énergies ne me parait pas être un horizon démentiel, c'est le sujet de cette article. Visiblement même ça c'est déjà trop pour vous, on comprend pour qui vous roulez.
a écrit le 21/09/2015 à 19:52 :
Pour régler tous nos problèmes, il suffirait de financer les retraites par une taxe sur l'énergie.
a écrit le 21/09/2015 à 18:08 :
il est clair que continuer à subventionner des aides aux énergies fossiles est une erreur. Et encore, je suis en dessous de la réalité. Nous serons jugés comme des criminels dans le futur. Les pires de l Histoire d'ailleurs car nous savions tout, ça fait désormais près de 50 ans que le sujet est sur la table. Les esclavagistes seront de doux Humanistes par rapport à nous.
Alors à quoi bon ergoter sur la qualité d'un travail de Greenpeace?
C'est très malheureux mais un sujet comme l'écologie n'est pas compatible avec la démocratie que nous pratiquons, pas plus que la dictature d'ailleurs. Dans le premier cas, tout ce qui compte c'est de se maintenir à la prochaine élection donc on caresse l'électeur avec par exemple son diesel. Dans le second c'est pareil sauf qu il y a pas de prochaines élections et donc d'électeurs, mais un peuple prêt à vous pendre.
Notre si bel ecosystème est mal barré...
Réponse de le 22/09/2015 à 11:03 :
@Nico Ce qui est en jeu c'est le sort de l'humanité mais l'écosystème de la planète lui n'a pas besoin de l'intervention de l'homme pour se préserver et il a su par le passé se remettre de désordres beaucoup plus importants que ceux résultant de l'activité humaine: astéroïde supervolcans etc;
a écrit le 21/09/2015 à 17:42 :
Ecouter greenpeace, c'est comme écouter un vendeur de voiture, ca sert à rien, et on perd son temps. les deux passent leur temps à mentir.
a écrit le 21/09/2015 à 16:49 :
Un rapport de Greenpeace ... bref du spam
a écrit le 21/09/2015 à 15:23 :
Il faut arrêter de faire la com de Greenpeace, qui fait de l'intox, bue goulûment par des groupies qui la ressorte sans réfléchir.
Oui, il faut améliorer la performance énergétique dans l'industrie, les transports et le résidentiel. Oui, il faut économiser les énergies fossiles. Oui, il faut développer les renouvelables. Oui, il faut prolonger le nucléaire pour gérer la transition (voir le résultat désastreux de l'Allemagne et matière de rejet carbonés).
Mais se fier aux calculs économiques des “experts” de Greenpeace”. ? Je me marre.
Un journal sérieux comme la Tribune devrait étudier le fameux rapport avant d'en faire la promotion. C'est de la com de bas étage.
Réponse de le 21/09/2015 à 16:43 :
Tout à fait en phase avec vous. Il faut bien sur aller à marche forcé vers la transition énergétique.
Mais vous avez raison, Greenpeace lave plus vert que vert. Prédire qu'elle sera le prix de l'énergie en 2030 relève tout simplement de la boule de cristal. Il y a deux ans il était à plus de 100 $ le baril et on nous prédisait qu'il monterait encore bien plus haut... Il est aujourd'hui à moins de 50 $.
L’Allemagne ouvre une nouvelle mine de lignite à ciel ouvert à Garzweiler sans que celà n'émeuve beaucoup Greenpeace. Pourtant la lignite est sans doute le pire de tous les combustible et cette nouvelle mine à ciel ouverte s'étendra sur 5000 ha (L’aéroport de NdlL près de Nantes ne bétonnera que 160 ha, pourtant on entend parler que de lui) et nécessitera le déplacement de 7600 habitants et 12 villages (quelques dizaines d'hab et 0 villages pour NddL).
Si l'Allemagne émet 2 fois plus de Co2 par habitant que la France c'est quand même grâce à des organisations comme Greenpeace qui se sont focalisées sur le nucléaire et ne se sont jamais émues des centrales au charbon et lignite au nombre de 70 en Allemagne contre 3 en France.
Les bons sentiments, c'est bien mais les faits sont têtus comme disait Lenine.
a écrit le 21/09/2015 à 15:03 :
Est-ce que Greenpeace est l'organisation la plus objective pour traiter de ce sujet. on peut penser que genre d'article vont fleurir d'ici décembre prochain dans le cadre de la COP 21 Bonjour le bourrage de crane et basta pour l'objectivité! Quant aux emplois annoncés on en reparlera en 2030... (si c'est comme ceux annoncés avec la création de l'€ ou ceux du MEDEF on peut attendre!) mais d'ici là un certain nb d'entre nous seront morts ou atteints d'Alzheimer donc ces chiffres tout comptent n'engagent personne et sortent du chapeau Greenpeace

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