Un an après avoir appelé l'exécutif à un sursaut, le Haut Conseil pour le climat, qui fait référence pour évaluer l'action du gouvernement en la matière, tient encore le même discours : « Il y a toujours un risque majeur de ne pas atteindre les objectifs de 2030. Le rythme de baisse des émissions n'est pas du tout à la hauteur des enjeux. Seuls trois critères sur 34 avancent nettement plus vite que prévu et il y a des blocages dans tous les secteurs », a résumé Corinne Le Quéré, la présidente de l'instance indépendante, lors de la présentation de son cinquième rapport annuel, intitulé « Acter l'urgence, engager les moyens ».
A l'horizon 2030, un réchauffement de 2 degrés est même considéré comme quasiment inévitable pour l'Hexagone, qui enregistre déjà un réchauffement de 1,9 degré au cours de la dernière décennie. C'est plus que la moyenne enregistrée à l'échelle mondiale (+1,15°C).
Pour rappel, l'an dernier, la France a traversé trois vagues de chaleur et a connu 33 jours de « vigilance canicule ». 72.000 hectares ont brûlé. Les précipitations ont chuté de 25% en métropole et 75% du territoire a été touché par une sécheresse exceptionnelle des sols. Environ 2.000 communes ont ainsi traversé de fortes tensions pour leur approvisionnement en eau potable, et sept d'entre elles ont connu une interruption totale.