Jeudi et vendredi, une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement se retrouveront à Paris pour repenser le système financier international afin de mieux venir en aide aux pays les plus vulnérables aux effets du réchauffement climatique. Nombre d'observateurs attendent qu'une large coalition de pays se forme en faveur d'une taxe sur le transport maritime. D'autres instruments fiscaux sont aussi à l'étude.Trouver de nouvelles sources de financements pour venir en aide aux pays les plus vulnérables au changement climatique. C'est l'un des principaux enjeux du sommet « Pour un nouveau pacte financier mondial », qui se tiendra jeudi et vendredi à Paris. Emmanuel Macron y accueillera une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement afin de repenser le système financier international, qui « ne répond pas à la question de la lutte contre le changement climatique tant du point de vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, que du point de vue de l'adaptation », a souligné devant la presse, Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation Européenne pour le Climat et architecte de l'Accord de Paris.
Cette réunion s'inscrit six mois après que la COP27 de Charm El-Cheikh, en Egypte, a été marquée par une crise de confiance dans les mécanismes de solidarité internationale, les pays du sud réclamant aux pays riches des compensations financières pour leurs pertes et dommages, qui désignent les conséquences irréversibles du changement climatique (dégâts provoqués par un ouragan, des inondations, l'érosion côtière, la montée des eaux ou encore la sécheresse). Le coût économique de ces pertes pourrait s'élever à 580 milliards de dollars par an en 2030.
Or les pays les moins développés sont plus frappés par les effets du dérèglement climatique, tout en étant les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre. Dans le détail, les 46 pays les moins développés de la planète abritent 14% de la population mondiale et sont responsables d'à peine 1% des émissions de CO2 issues des énergies fossiles.
Plusieurs instruments fiscaux à l'étude
«La clé de ce sommet c'est la question des taxes internationales solidaires. Le financement des pertes et dommages ne va pas se faire par des prêts de la Banque mondiale. Il faut du cash», appuie Friederike Roder, vice-présidente du plaidoyer sur la finance de développement et le climat au sein de l'ONG Global Citizen.
Dans cette optique, plusieurs instruments fiscaux sont à l'étude. L'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) en a listé une demi-douzaine. Les premiers sont directement liés aux activités ou aux produits responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES). Au menu : une taxe carbone sur le transport maritime, une taxe de solidarité sur les billets d'avion (à l'image de la taxe Chirac instaurée en France en 2006) ou encore une taxe mondiale imposée aux producteurs de pétrole, de gaz et de charbon. D'autres travaux envisagent aussi une taxe sur les superprofits des entreprises des énergies fossiles. La seconde catégorie d'instruments n'est pas liée directement à l'empreinte carbone des produits ou services taxés, mais à leur fort potentiel quant à la mobilisation rapide de ressources importantes, explique l'institut. Il s'agit, par exemple, d'une taxe sur les transactions financières, comme les actions ou les échanges de devises internationales.