Comment conjuguer sobriété et croissance
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T La Revue n°12
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Peut-on, comme le disait Pierre Rabhi en 2010, aller « vers la sobriété heureuse » ? Comment, en 2022, faire en sorte que cette sobriété qui nous est imposée, en particulier sur le front énergétique, en raison des tensions géopolitiques, devienne un choix et même le fondement d'un nouveau modèle économique, qui engloberait non seulement l'usage des énergies fossiles, mais aussi la consommation de biens et de services ? Au-delà des économies de gaz et de pétrole, mais aussi d'eau et d'autres ressources, notamment minières, que recouvre exactement le mot sobriété ? « Ce n'est pas la pauvreté, la décroissance, le côté "Amish", qu'on a bien voulu lui prêter ! », s'insurge d'entrée de jeu Barbara Nicoloso, directrice de Virage Énergie (association spécialisée dans la prospective énergétique et sociétale). « Il s'agit de développer des activités plus légères, tant en matière de consommation d'énergie que du point de vue matériel et des ressources, et de changer l'allocation des ressources en général », résume le philosophe Dominique Bourg, professeur à l'université de Lausanne et spécialiste des questions environnementales. En somme, la sobriété, c'est faire mieux, avec moins. Les entreprises doivent ainsi revoir leurs procédés de fabrication pour économiser l'énergie, l'eau, les matières premières, mais aussi concevoir des produits plus durables, via l'éco-conception, et imaginer des business modèles davantage fondés sur la location de produits ou le recyclage, par exemple, que sur l'achat, l'obsolescence, puis l'achat de nouveau.
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La sobriété touche donc aussi les individus. Au-delà de baisser la température de leur logement s'ils le peuvent et de voyager moins souvent, par exemple, si la sobriété doit être heureuse, elle doit produire, avec moins de dépenses et moins d'objets, davantage de satisfaction, de lien social, de joie de vivre et de fierté d'agir, précisément, pour le bien de la société et de la planète...