Contrats gaziers : l'italien ENI déclare trois pays non grata

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La chute des prix du pétrole impacte les prix du gaz sur le marché international.
La chute des prix du pétrole impacte les prix du gaz sur le marché international. (Crédits : Reuters)
La chute des prix du pétrole qui impacte les prix du gaz conduit les majors à revoir leur stratégie. ENI, la compagnie pétrolière italienne, a fait savoir ce jeudi son intention de sortir des contrats gaziers de long terme conclus avec la Russie, l'Algérie et la Norvège. Par ailleurs, en dépit de la levée progressive des sanctions internationales en Iran, aucun accord avec Téhéran n'est pour le moment acté.

Le groupe pétrolier italien, ENI, a annoncé jeudi 3 décembre qu'il fera tout son possible pour sortir des contrats gaziers de long terme qui le lie à la Russie, l'Algérie et la Norvège.

"Ils perdent des millions d'euros, cela n'a plus de sens", a déclaré Claudio Descalzi, l'administrateur délégué de la compagnie pétrolière, en marge d'une conférence à Rome, ville siège du groupe énergétique italien.

Cette décision s'explique pour plusieurs raisons :

- Panne sèche en Algérie

La chute des prix du pétrole impacte les prix du gaz sur le marché international. En Algérie, la production annuelle de gaz a baissé depuis les années 2000. Elle tourne autour de 82 milliards de m3 aujourd'hui, contre 90 milliards m3, rapporte le quotidien algérien El Watan.

Mais l'Algérie pourrait potentiellement bénéficier des tensions qui opposent les deux pays depuis que la Turquie a abattu un avion russe à la frontière syrienne le 24 novembre.

- Instabilité en Russie

L'administrateur délégué de la compagnie italienne  a d'ailleurs estimé que le projet de gazoduc Turkish Stream entre les deux pays était "mort", et souhaite également mettre un terme à ses contrats gaziers avec Moscou. Dans le même temps, Ankara et Moscou ont d'ailleurs annoncé ce jeudi la suspension des négociations.

- Fin de l'âge d'or en Norvège

La dégringolade du cours du baril, passé de plus de 100 dollars début 2014 à environ 45 dollars aujourd'hui, incite les compagnies pétrolières à sabrer leurs investissements. La Norvège, jadis surnommée pays des émirs aux yeux bleus a aussi la gueule de bois.

ENI, présent en Norvège depuis 1964, produit chaque jour dans ce pays environ 111.000 barils de pétrole. Mais la société italienne a fait savoir qu'elle souhaitait s'extraire des contrats gaziers conclus avec Oslo.

- Attentisme en Iran

S'agissant de l'Iran, la major italienne se donne un délai de réflexion. "On connaîtra l'an prochain les conditions pour [y] investir", a assuré Claudio Descalzi en faisant allusion à la levée progressive des sanctions internationales contre Téhéran.

Samedi 28 novembre, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a de son côté affirmé que son pays espère attirer 25 milliards de dollars d'investissements pétroliers et gaziers grâce à un nouveau contrat-type plus attractif. Le nouveau contrat-type, qui sera également présenté à Londres les 22 et 24 février, va permettre aux société étrangères d'être partie prenante dans la phase de production et non plus seulement dans celle d'exploration.

(Avec Reuters et AFP)

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