COP21 : un prix plancher pour le carbone... ou une taxe ?

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Leurs propositions ne semblent pas être contradictoires, mais plutôt complémentaires et définies par des périmètres géographiques et temporels différents. D'une part et d'autre de l'Atlantique, deux Françaises, Ségolène Royal et Christine Lagarde, ont rouvert le débat entre mercredi et jeudi sur les moyens par lesquels les Etats devraient accélérer la transition écologique.
Face au fonctionnement encore imparfait du marché du carbone européen, pourtant principal instrument de la politique climatique de l'UE, la ministre française de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal, a proposé jeudi 8 octobre la création d'un prix plancher du carbone pour le secteur électrique dans l'Hexagone. Lors du colloque annuel de l'Union française de l'électricité (UFE), l'association professionnelle du secteur de l'électricité, elle a déclaré:
Cette proposition sera mise sur la table dans le cadre de la réflexion engagée sur l'évolution de la fiscalité écologique, qui figurera dans un projet de loi de finances rectificative en fin d'année (ou "collectif budgétaire"), a précisé le ministère de l'Energie à l'AFP.
Depuis 2009, l'UE peine à redresser le marché du carbone lancé en 2005 dans le but d'inciter les entreprises à investir dans des technologies moins polluantes. Du fait du ralentissement économique, mais aussi du développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, la demande de quotas d'émission (ou "droits à polluer") a chuté et les excédents se sont accumulés, pesant sur le prix du carbone. Celui-ci est aujourd'hui plus de trois fois inférieur au prix qui avait été envisagé au moment de la mise en place du mécanisme.
Pour sa part, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé la veille que ce serait le "bon moment" pour introduire une "taxe carbone", afin de financer la lutte contre le réchauffement climatique tout en redressant les finances des Etats.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Lors de l'assemblée générale FMI-Banque mondiale à Lima, au Pérou, et à deux mois de la conférence de Paris sur le climat, la dirigeante a souligné que cette contribution permettrait aux ministres des Finances du globe de reconstituer les "matelas de sécurité" budgétaires qui ont été durement affectés par le récent ralentissement économique mondial, "pour combattre la prochaine crise". "C'est le propre des ministres des Finances" de chercher "des sources de revenus", a-t-elle souligné.
La dirigeante a affiché sa préférence pour une taxe par rapport au système concurrent d'un marché carbone, où les entreprises s'échangent des quotas d'émissions de CO2 moyennant finances, comme en Europe. Selon elle, cet impôt pourrait permettre d'abonder le fonds de 100 milliards de dollars par an que la communauté internationale s'est engagée à mettre sur pied d'ici à 2020 pour freiner le réchauffement climatique. Quelque 61 milliards ont pour l'heure été réunis, a révélé l'OCDE mercredi.
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Christine Lagarde a également estimé que c'était "le bon moment" pour supprimer les subventions aux prix énergétiques qui pèsent, selon le FMI, 5.400 milliards de dollars et qui sont actuellement "perdus".
(Avec AFP)
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