La réunion des ministres européens de l’Energie, qui se tenait ce mardi à Luxembourg, ne marquera pas l’Histoire : aucune décision pour lutter contre la crise énergétique qui secoue le continent n’aura émergé de ce rendez-vous exceptionnel. Et pour cause, la balle se trouve aujourd’hui dans le camp de la Commission, laquelle freine les ambitions de certains Etats membres, la France en tête.C'est une rengaine désormais bien connue : Bruxelles doit aller plus vite et plus fort pour contenir la crise de l'énergie, martèle depuis plusieurs semaines le gouvernement français, agacé par la pusillanimité de la Commission européenne. De fait, celle-ci freine toujours sur l'éventuel plafonnement du prix du gaz utilisé pour produire de l'électricité en Europe, malgré les demandes pressantes de l'Hexagone à ce sujet. Et tarde par ailleurs à clarifier plusieurs points techniques, pourtant nécessaires au déploiement concret des mécanismes approuvés par les Vingt-Sept afin de lutter contre la volatilité des cours.
C'est en tout cas ce qui ressort de la réunion des ministres de l'Energie, qui se tenait mardi à Luxembourg après le Conseil européen exceptionnel de jeudi et vendredi. « [Leur] demande [à la Commission] est très précise : mettez-nous un règlement sur la table, qu'on puisse le négocier et boucler », explique-t-on au cabinet de la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, à l'issue du rendez-vous.
« Il y a une volonté très ferme exprimée par les ministres de l'Energie que, face à chacune des commandes du Conseil européen, il y ait une proposition de texte dans des délais rapprochés. [...] Il faut avancer sur la plateforme d'achat conjoint de gaz, les mécanismes lutte contre la volatilité des prix, et mettre en place un corridor de prix [...] Or, pour avancer, il faut des textes », a affirmé mardi Agnès Pannier-Runacher à des journalistes.
Passer d'une idée générique à une application pratique
Il faut dire que plusieurs points restent pour le moins obscur. Par exemple, la Commission européenne a proposé mardi dernier d'établir, à titre temporaire, une limite de prix pour les transactions effectuées sur la principale bourse gazière européenne, le TTF (Title Transfer Facility). Plutôt qu'un plafond, il s'agirait d'un « corridor dynamique » censé empêcher l'achat de gaz lorsque les cours s'envolent à des niveaux non acceptables, afin de lutter contre leur extrême volatilité. Vendredi, les Vingt-Sept ont d'ailleurs approuvé le mécanisme sur le principe.