Crise énergétique : Berlin nationalise la filiale allemande du russe Gazprom
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La filiale russe détient le plus grand réservoir d'Europe situé à Rehden (nord-ouest).
DADO RUVIC
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La filiale russe détient le plus grand réservoir d'Europe situé à Rehden (nord-ouest).
DADO RUVIC
L'Allemagne n'en finit plus de secourir ses entreprises de l'énergie autrefois ultra dépendantes de la Russie. Après la nationalisation du géant Uniper, asphyxié par les coupures du gaz russe, l'Etat allemand a annoncé lundi prendre le contrôle de la filiale allemande du géant russe Gazprom. Berlin administrait déjà cette filiale depuis avril, suite au déclenchement de la guerre en Ukraine mais sa situation financière désastreuse la pousse à aller jusqu'à la nationalisation.
La filiale allemande de Gazprom, rebaptisée SEFE, « est une entreprise clé pour la fourniture d'énergie en Allemagne », précise le ministère de l'Economie. Outre-Rhin, le sujet est d'autant plus clé que l'inflation atteint des records et que le tissu industriel germanique est directement menacé.
SEFE compte d'ailleurs parmi ses clients des services publics municipaux et détient une part de marché en Allemagne d'environ 20%. Le groupe possède aussi de nombreuses infrastructures de transport et de stockage de gaz, dont le plus grand réservoir d'Europe situé à Rehden (nord-ouest).
Gazprom va également perdre une partie du contrôle dans une autre infrastructure stratégique pour l'approvisionnement du gaz en Europe : le gazoduc Yamal-Europe dont un important tronçon passe par la Pologne. Le gazoduc Yamal-Europe, ouvert en 1994, relie la ville de Torjok, dans le centre de la Russie, via la Pologne à l'Allemagne, sur plus de 2.000 kilomètres. Gazprom détenait 48% de cette société, contre 52% pour l'État polonais.
Varsovie a en effet annoncé lundi placer sous tutelle d'Etat la participation de l'énergéticien russe dans la société EuRoPol Gaz qui gère Yamal sur le territoire polonais.
Dans les deux cas, ces interventions publiques visent à garantir la sécurité de l'approvisionnement en gaz dans le contexte de bras de fer énergétique entre Moscou et les Occidentaux depuis l'invasion russe de l'Ukraine.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Unique actionnaire de Gazprom Germania, Gazprom avait annoncé, le 1er avril, qu'il avait retiré ses actifs de sa filiale.
Un arrêté comptable datant de fin août indique que SEFE compte un milliard de capitaux propres pour 3 milliards d'euros de dettes, signifiant qu'elle se trouve en situation de surendettement.
« Les partenaires commerciaux et les banques ont suspendu leurs relations d'affaires avec la société ou sont réticents à en nouer de nouvelles », a indiqué le ministère allemand de l'Economie.
Pour assainir la situation financière et clarifier le lien de propriété, Berlin va procéder à une manœuvre comptable: le capital incluant les réserves va être réduit dans un premier temps à 0. L'ancien actionnaire russe va ainsi perdre le contrôle, moyennant une indemnité qui reste à déterminer.
À son tour, l'Allemagne injectera 225 millions d'euros dans la société, devenant ainsi le « nouvel actionnaire unique ».
Berlin prévoit également de porter à 13,8 milliards d'euros un prêt de la banque publique allemande SKF à l'entreprise, afin d'augmenter les fonds propres de celle-ci via un échange de dettes contre des actions.
Ces mesures seront financées par le plan de soutien de 200 milliards d'euros décidé début octobre par Berlin pour protéger son économie face à la crise énergétique et qui a été critiqué par plusieurs pays européens.
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Le gouvernement hongrois a annoncé lundi la mise en place d'un ministère séparé dédié aux questions énergétiques, sur fond de flambée des prix.
Le sujet était auparavant intégré dans un large portefeuille de la Technologie et de l'Industrie, dirigé par Laszlo Palkovics qui a préféré quitter son poste.
Désormais il existera un ministère distinct pour répondre « à la hausse des prix provoquée par la guerre en Ukraine et à la politique de sanctions (de l'Union européenne) », a-t-il expliqué.
« Il est attaché de longue date à l'énergie verte (en particulier parcs éoliens et centrales photovoltaïques), alors que d'autres y sont fermement opposés », a écrit le site d'informations Telex.
L'intéressé, figure influente du gouvernement Orban depuis 2018, ne s'est pas exprimé publiquement.
Au cours de la dernière décennie, le Premier ministre hongrois a privilégié le recours au nucléaire et aux hydrocarbures russes, dont le pays d'Europe centrale est fortement dépendant.
Depuis le début du conflit en Ukraine, le dirigeant a pris soin de préserver de bonnes relations avec le Kremlin pour continuer à recevoir gaz et pétrole. Il a par ailleurs obtenu des dérogations à l'embargo européen sur le brut russe.
(Avec AFP)
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