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Gaz : les livraisons de Gazprom à l'Italie suspendues

latribune.fr

Publié le 03 octobre 2022 à 06:36 - Mis à jour le 03 octobre 2022 à 06:40

ENI gaz italie

Samedi, les livraisons de gaz russe au géant italien des hydrocarbures, ENI, étaient au point mort.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le géant gazier russe, Gazprom, a cessé ses livraisons du précieux hydrocarbure envers son homologue italien, Eni, samedi, se disant dans « l'impossibilité de transporter le gaz vers l'Autriche » à cause de nouvelles règles contractuelles imposées par cette dernière depuis le 1er octobre.

L'inquiétude règne en Italie alors que Gazprom a totalement suspendu ses livraisons de gaz pour la journée de samedi à Eni. C'est ce qu'a annoncé le géant italien des hydrocarbures dans un communiqué expliquant que « Gazprom nous a communiqué ne pas pouvoir confirmer la livraison des volumes demandés pour aujourd'hui (samedi, NDLR) en invoquant l'impossibilité de transporter le gaz à travers l'Autriche ». L'essentiel du gaz russe livré à l'Italie passe par l'Ukraine, à travers le gazoduc TAG qui arrive à Tarvisio dans le nord du pays, à la frontière avec l'Autriche. Mais samedi, les flux de gaz russe destinés à Eni à travers ce point d'entrée étaient donc nuls.

Selon un porte-parole d'Eni cité par l'agence de presse italienne AGI, « Gazprom affirme ne pas être en mesure de respecter les règles nécessaires pour obtenir le service de répartition du gaz en Autriche là où il devrait le livrer, alors qu'il nous résulte que l'Autriche continue de recevoir du gaz au point de la livraison à la frontière slovaco-autrichienne ». « Nous travaillons en vue de vérifier avec Gazprom s'il est possible de réactiver les flux vers l'Italie », a-t-il précisé. Le géant gazier russe justifie, en effet, cette soudaine suspension des livraisons par « des changements de régulations » décidés par l'Autriche. Gazprom a publié un communiqué expliquant que « le transport de gaz russe (...) à travers l'Autriche a été suspendu en raison du refus de l'opérateur autrichien de confirmer les autorisations de transport », assurant « travailler à la résolution du problème avec ses acheteurs italiens », a-t-il dit.

Les problèmes portent sur des « détails contractuels » dans le compte chargé du transit vers l'Italie, a écrit le régulateur du secteur E-Control sur Twitter, répondant que ces nouvelles règles, entrées en vigueur au 1er octobre, étaient « connues de l'ensemble des acteurs du marché depuis des mois ». Il attend que « tous s'y conforment et prennent les mesures nécessaires pour remplir leurs obligations ».

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Alternative norvégienne

L'Italie n'est pas le seul pays européen à être privé de gaz russe, loin s'en faut. Depuis septembre, les livraisons de l'hydrocarbure transitant par le gazoduc Nord Stream 1 alimentant notamment l'Allemagne sont complètement à l'arrêt alors que l'hiver arrive. L'Europe peut néanmoins compter sur la Norvège, devenue premier fournisseur du Vieux Continent de gaz naturel liquéfié (GNL). Ses livraisons ont augmenté de 8%.

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Si cette manne est plus que bienvenue pour les Européens, il leur faut encore faire accepter à Oslo un plafonnement des prix du gaz que le pays refuse pour l'instant en bloc. Le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, s'est, en effet, dit récemment « sceptique » à cette idée. « Nous abordons les discussions avec l'esprit ouvert, mais nous sommes sceptiques à l'égard d'un prix maximum pour le gaz. (...) Un prix maximum ne changera rien au problème fondamental, à savoir qu'il y a trop peu de gaz en Europe », a-t-il argué. Selon la Norvège, en plafonnant le prix du GNL, l'UE prend le risque de voir les livraisons se détourner, les fournisseurs pouvant être tentés d'aller voir ailleurs. Les autorités norvégiennes estiment aussi qu'il revient aux groupes pétroliers et à leurs clients en Europe de négocier eux-mêmes les termes de leurs contrats et de privilégier ceux à long terme, aux prix fixes et donnant donc plus de visibilité, que ceux au comptant (spot), dont les prix varient. « Ce n'est pas le gouvernement norvégien qui vend le gaz. Ce sont les entreprises. Et, en principe, ce ne sont pas non plus les autorités européennes qui achètent le gaz », avait dit le Premier ministre norvégien, oubliant toutefois de dire que l'Etat norvégien détenait 67% d'Equinor, le principal fournisseur de gaz du pays.

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