Dans la mer du Nord, polémique sur l'avenir des plates-formes pétrolières abandonnées
Jérôme Marin

Photo d'illustration
Marten Van Dijl / Greenpeace
Jérôme Marin

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Marten Van Dijl / Greenpeace
"Nettoie tes déchets, Shell !". Dans la mer du Nord, à 190 kilomètres au nord-est des îles Shetland, en Écosse, Greenpeace a investi mi-octobre ce qui reste d'une plate-forme pétrolière, arrêtée après plus de quarante ans de service. Et que le groupe anglo-néerlandais a choisi de ne démanteler qu'en partie. Une décision qui suscite la colère des associations environnementales, mais aussi une guerre diplomatique entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe.
Cette plate-forme de forage fait partie d'un groupe de trois installations - Bravo, Charlie et Delta - construites après la découverte en 1971 du vaste gisement pétrolier Brent, à mi-chemin entre l'Écosse et la Norvège. Leur démantèlement progressif est entériné depuis 2017, car leur exploitation n'est plus rentable. Deux des trois "topsides", la partie utile en surface, ont déjà été rapatriés sur la terre ferme pour y être recyclés. Le dernier le sera prochainement. Mais Shell ne prévoit pas de démonter les "jambes" de ses trois plates-formes.
11.000 tonnes de résidus de pétrole.
"Ces structures n'ont pas été conçues pour être démantelées", assure Shell, qui souhaite donc les abandonner sur place. L'entreprise assure qu'il s'agit de la meilleure solution, s'appuyant sur "dix années de recherches" et de "plus de 300 études scientifiques et techniques". "La probabilité d'un incident technique et le risques humains et écologies sont trop élevés", fait-elle valoir, assurant que les jambes en béton peuvent résister pendant 300 à 500 ans en mer; et les réservoirs plus de 1.000 ans.
Les projets de Shell s'opposent cependant aux dispositions prévues par la convention OSPAR sur la protection du milieu marin de l'Atlantique du Nord-Est. Signée par quinze pays européens, celle-ci prévoit notamment le démantèlement complet des installations pétrolières une fois leur exploitation achevée. Une obligation inscrite après une première polémique sur la volonté de Shell de couler, en 1995, un ancien réservoir flottant dans le gisement Brent. Pour s'y soustraire aujourd'hui, la compagnie pétrolière a demandé une dérogation au gouvernement britannique. Qui y semble favorable.
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La position de Londres suscite la colère des autres capitales européennes.
La Belgique, les Pays-Bas et la Suède s'opposent aussi à une éventuelle dérogation, tout comme la Commission européenne. Une réunion de l'OSPAR s'est tenue la semaine dernière à Londres. Face aux critiques, le gouvernement britannique s'est engagé à poursuivre le dialogue avant de prendre sa décision définitive.
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Doug Parr, directeur scientifique de Greenpeace au Royaume-Uni. U
n scénario cependant écarté par Shell, qui assure que seulement 27 installations de la région présentes des caractéristiques similaires à ses trois plates-formes Brent.Jérôme Marin