Déchets : en Île-de-France, la poubelle de tri est la plus génératrice d'emplois directs

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Sans surprise, ces rapports s'inversent dès lors que l'on prend en compte les emplois indirects, générés surtout par les activités les plus capitalistiques.
Sans surprise, ces rapports s'inversent dès lors que l'on prend en compte les emplois indirects, générés surtout par les activités les plus capitalistiques. (Crédits : iStock)
Cette performance s'explique en partie en raison des modes de collecte et du moindre poids de ces déchets. Mais elle est aussi largement due au caractère encore manuel du tri.

Comparé à l'ensemble des flux constituant les déchets ménagers pris en charge par le service public, celui des emballages et des papiers et cartons est le plus vertueux en termes de création d'emplois directs. C'est l'un des principaux enseignement ressortant d'une étude menée récemment par l'Observatoire régional des déchets d'Île-de-France (Ordif), à l'échelle de la région et en fonction des données de 2014. Pour 1.000 tonnes de déchets traités, 5,4 emplois équivalent temps plein (ETP) se révèlent en effet nécessaires pour ce flux, contre 1,5 pour le verre et 1,4 pour les ordures ménagères résiduelles.

Si ces proportions s'expliquent en partie en raison du moindre poids des emballages et des papiers (un mètre cube de ces déchets pèse 90 kg, contre 300 kg pour ceux de la poubelle résiduelle dite "grise"), ce qui impacte significativement le calcul des moyens consacrés à la collecte, pratiquée essentiellement porte-à-porte, la hiérarchie reste vérifiée dès lors que l'on analyse le nombre d'ETP créés par million d'euros investis (hors TVA) par les collectivités territoriales: 13,2 grâce à la poubelle de tri, contre 10,5 pour le verre et 6,9 pour les ordures ménagères résiduelles.

Plus de 1.000 emplois dans les centres de tri

Cette plus grande création d'emplois s'explique selon l'Ordif en effet non seulement par la collecte, mais aussi par le mode de traitement de ces déchets. Pour 1.000 tonnes, 2,5 des 5,4 ETP sont en effet consacrés au traitement, à savoir au tri, certes de plus en plus mécanisé, mais encore largement manuel. Le traitement des ordures ménagères résiduelles, qui en Île-de-France sont surtout incinérées, dans des usines demandant peu de moyens humains, ne mobilise que 0,2 ETP.

Plus de 1.000 ETP sont d'ailleurs recensés par l'Ordif dans les centres de tri d'Île-de-France, ainsi que 1.300 agents des collectivités dans les fonctions de support au tri. Des chiffres à comparer au 11.000 emplois directs globalement consacrés aux déchets ménagers pris en charge dans la région par le service public  -dont un autre millier a toutefois aussi été répertorié au sein des usines d'incinération.

L'incinération à la tête des emplois indirects

Sans surprise, ces rapports s'inversent néanmoins dès lors que l'on prend en compte les emplois indirects, mobilisés par les consommations intermédiaires des opérateurs des déchets dans d'autres branches d'activité. Sur 7.000 au total, 2.600 (38%) sont en effet générés par l'activité d'incinération, en raison de son poids dans le budget des collectivités locales ainsi que de son caractère intensément capitalistique: les dépenses associées à ce mode de traitement dépendent en effet surtout de la construction d'usines ou de l'achat d'équipements. Si la collecte mobilise dans son ensemble 1.600 emplois indirects (23% du total, contre 60% de ceux directs), le tri des collecte sélectives n'en génère que 298.

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a écrit le 24/06/2018 à 8:34 :
Pour les cartons il faudrait donner des cours de "pliage" (disons démontage), des voisins (Savoie) en mettent entiers dans le conteneur (jaune) et ça remplit vite [le reste ne tombe pas bien rangé dedans mais en vrac et de travers], ça leur évite de stocker pour déposer en déchetterie à l'occasion, pourtant en maisons, on a un garage, de la place. Il suffit souvent de couper le scotch et ça fait un truc plat, comme livré par le fabricant, à l'encombrement très faible.
Dans Paris intramuros, on se demande comment ça peut être efficace à 100%, le tri, comment caser des conteneurs partout, même 'esthétiques', la place manque. S'il faut trop se déplacer, ça rend la collecte moindre.
Réponse de le 24/06/2018 à 10:42 :
Chez nous chaque foyer reçoit en dotation un nombre fixé de sacs de déchets recyclables en fonction de la composition du ménage.
Si l'on a besoin de sacs supplémentaires, il faut les acheter au syndicat de commune, cela incite à compacter les cartons.

Pour les ordures ménagères, les poubelles sont pucées et il y a un système de redevance au nombre de lever (et non au poids). Le coût de la redevance de base est fixe mais à chaque fois qu'on économise une levée, il y a une remise sur la redevance. Un citoyen économe peut ainsi réduire sa facture d'un bon 30%.

De mon point de vue, c'est un bon système, incitatif et non punitif.

D'autre part, la communauté de commune vend des composteurs à un prix cassé, c'est très efficace pour réduire la quantité des ordures ménagères quand on est en milieu rural.
Réponse de le 24/06/2018 à 13:33 :
Quand dans un immeuble vos voisins ont déjà du mal à comprendre que les conteneurs ne sortent pas dans la rue et ne reviennent pas tout seul dans leur local ... Vous êtes obligé de passer derrière eux pour relocaliser les sacs dans le bon bac (parce que les couleurs, bien que pensées pour les daltoniens, ne suffisent pas pour les intellectuellements défaillants - pour rester poli). Alors si en plus vous leur demandiez de formater ce qui est mis dedans, n'en parlons pas ...

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