Déchets nucléaires : le projet de Bure est en partie à revoir selon l'ASN

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L'ASN réclame aussi des compléments en vue de la demande d'autorisation de création, portant sur la justification de l'architecture de stockage, le dimensionnement de l'installation pour résister aux aléas naturels, sa surveillance et la gestion des situations post-accidentelles.
L'ASN réclame aussi "des compléments en vue de la demande d'autorisation de création", portant sur la justification de l'architecture de stockage, le dimensionnement de l'installation pour résister aux aléas naturels, sa surveillance et la gestion des situations post-accidentelles. (Crédits : Gleb Garanich)
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) considère que le projet Cigéo "a atteint, dans son ensemble, une maturité technique satisfaisante". Mais elle demande de réétudier les options de stockage des déchets bitumineux inflammables.

Le projet est sur la bonne voie mais doit encore être amélioré. C'est le verdict prononcé lundi 15 janvier par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à propos du projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Ce projet, qui vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets radioactifs de moyenne ou haute activité à vie longue, "a atteint dans son ensemble une maturité technique satisfaisante au stade du dossier d'options de sûreté", estime l'ASN dans son avis définitif. Mais la partie concernant les déchets bitumineux, qui représenteront environ 18% de l'ensemble des déchets stockés par Cigéo et sont très inflammables, n'est pas au point selon le gendarme du nucléaire.

"Sur ce point, l'Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui gère ce projet, NDLR] doit revoir sa copie. Si ce sujet n'est pas traité de manière satisfaisante, le stockage de ces déchets ne sera pas autorisé par l'ASN", indique le président de cette dernière, Pierre-Franck Chevet, dans un entretien au journal Le Monde.

Un calendrier tenable

Cette question avait été soulevée par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), bras technique de l'ASN, qui avait demandé à l'Andra d'étudier deux options pour y remédier: d'une part la possibilité d'un prétraitement de ces déchets pour neutraliser leur inflammabilité avant leur enfouissement, d'autre part celle de revoir la conception de leur stockage. Dans son avis définitif, l'ASN demande que la première solution soit privilégiée mais que la seconde piste soit également étudiée. Elle réclame aussi "des compléments en vue de la demande d'autorisation de création que l'Andra prévoit de déposer en 2019", portant sur la justification de l'architecture de stockage, le dimensionnement de l'installation pour résister aux aléas naturels, sa surveillance et la gestion des situations post-accidentelles.

"Le dossier est très bien avancé. Il est tout à fait possible de tenir le calendrier", juge Pierre-Franck Chevet.

L'Andra prévoit en effet de soumettre sa demande d'autorisation de création de Cigéo en 2019 avant un démarrage de la phase pilote prévu vers 2025. Issus essentiellement de combustibles des réacteurs nucléaires, les déchets devant être stockés à Bure représentent 3,2% du volume total des résidus radioactifs, mais ils concentrent à eux seuls 99,9% de la radioactivité.

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a écrit le 15/01/2018 à 16:02 :
D’où vient ce drôle de réflexe qu'il faut enterrer ses déchets, du feu ? des morts ? Les éléments radioactifs ne sont pas un déchet mais une grande réserve d'énergie. Quelle idée incongrue d'aller enterrer ces fûts si profondément qu'ils seront inaccessibles en cas de problème, détérioration ou incendie. Nous n'avons pas encore finit de déterrer les obus et mines de la dernière guerre dans le Nord-Est, ni le chlordécone aux antilles, ni le mâchefer, ni le mercure des mines d'or, ni le pyralène des transformateurs, etc. sans parler des médicaments et autres plastiques dans les rivières, océans et nappes phréatiques. Pourquoi à nouveau enterrer des produits nocifs ? pour les cacher à nos enfants ?
Réponse de le 15/01/2018 à 20:59 :
Le problème des obus ou du mercure dans les mines d’or est justement qu’ils ne sont pas enterrés assez profond. Ils présentent un danger pour la nature et les humains là où ils sont.

Les produits de fission ne seront jamais d’aucune utilité. Quel intérêt de les garder à la surface, où n’importe quelle catastrophe naturelle ou humaine pourrait provoquer leur diffusion dans l’environnement ?

L’intérêt du confinement géologique est que même si ces produits remontent à la surface, il leur faudra tellement de temps qu’avec la décroissance radioactive ils ne seront plus dangereux une fois arrivés au niveau du sol.

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