EDF seul chef de file du nucléaire français

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EDF devient le seul chef de file du nucléaire français
EDF devient le seul chef de file du nucléaire français (Crédits : Charles Platiau)
La finalisation de la reprise par l’électricien de l’activité réacteurs d’Areva marque une étape décisive dans la restructuration de la filière suite aux déboires d’Areva. Mais cela suffira-t-il à rendre le nucléaire français compétitif sur la scène internationale ?

Le deal avait été annoncé en juillet 2015 dans le cadre d'un plan de sauvetage d'Areva décidé par l'Etat. En 2014, l'entreprise naguère considérée comme le fleuron de l'industrie nucléaire française avait en effet terminé l'année avec une perte historique de près de 5 milliards d'euros.

Conformément à ce plan et suite aux décisions prises mi-octobre par les conseils d'administration des deux entreprises, EDF et Areva ont annoncé vendredi 22 décembre dans un communiqué commun avoir finalisé la reprise de l'activité réacteurs du groupe nucléaire par l'électricien en signant des « accords engageants définitifs ». Ces accords précisent les termes de la cession d'une participation conférant à EDF le contrôle exclusif de l'entité « New NP » filiale à 100% d'Areva NP, qui regroupera les activités industrielles, de conception et de fourniture de réacteurs nucléaires et d'équipements, d'assemblages combustible et de services à la base installée du Groupe Areva.

Une opération à 1,86 milliard pour EDF

EDF entre à hauteur de 75,5% au capital de New NP. Sur la base d'une valorisation ajustée de 2,47 milliards d'euros sans reprise de dette financière, l'électricien va débourser 1,86 milliard d'euros pour 100 % du capital. Ce montant est susceptible d'être ajusté en fonction des comptes définitifs établis à la date de réalisation de l'opération, prévue au 31 décembre 2017. Il pourra également faire l'objet d'un éventuel complément de prix plafonné à 245 millions d'euros, sur la base d'objectifs de performance mesurés postérieurement à la date de réalisation.

Initialement, la valorisation, calculée le prix de l'ex-Framatome dans les comptes d'Areva se montait à 2,7 milliards, mais elle a été révisée à la baisse suite aux difficultés rencontrées par Areva notamment dans son usine du Creusot.

L'entrée au capital de New NP de Mitsubishi Heavy Industries Ltd et Assystem, respectivement à hauteur de 19,5% et 5%, devrait intervenir concomitamment à la réalisation effective de la transaction entre EDF et Areva SA.

L'EPR finlandais exclus du périmètre

Le dénouement de l'opération fait précisément suite à l'avis positif émis par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant la mise en service de la cuve du réacteur EPR de Flamanville 3 ainsi qu'aux conclusions satisfaisantes des audits qualité réalisés dans les usines du Creusot, de Saint- Marcel et de Jeumont, s'agissant des contrats repris par New NP, pour lesquels EDF reste garanti par Areva SA de tout risque résiduel résultant de ces audits.

Mais l'Etat continuera d'assumer directement certains risques. Ainsi, les contrats relatifs au projet d'EPR Olkiluoto 3 (dont le démarrage, maintes fois reporté, est prévu pour mai 2019) et les moyens nécessaires à l'achèvement du projet, ainsi que certains contrats relatifs à des pièces forgées dans l'usine du Creusot, resteront au sein d'AREVA NP, dont il a le contrôle.

 Augmentation de capital de NewCo prévue début 2018

La dernière étape consiste en une seconde augmentation de capital de l'autre entité, NewCo, recentrée sur le cycle du combustible : extraction, de enrichissement et retraitement des déchets nucléaires.

Alors que Bercy avait recapitalisé la structure financière à hauteur de 2,5 milliards d'euros l'été dernier, cette seconde opération prévue début 2018 est réservée aux investisseurs japonais MHI et JNFL, pour un montant total de 500 millions d'euros.

Il y a quelques jours, Areva avait communiqué sur l'intégration au carnet de commandes de NewCo des commandes relatives à la fourniture d'uranium et de services de conversion et d'enrichissement dans le cadre du projet Hinkley Point C (HPC), en attente depuis début 2017.

Cette entrée en carnet fait suite à la levée de l'ensemble des conditions résolutoires correspondantes des contrats concernés lors du second semestre de cette année. NewCo a donc confirmé son anticipation d'un cash-flow net des activités de l'entreprise compris entre - 1,5 milliard d'euros et - 1 milliard d'euro pour l'année 2017. "NewCo se fixe pour objectif de générer un cash-flow net des activités de l'entreprise positif dès l'exercice 2018, précise le communiqué. Un objectif qui reste à confirmer dans le cadre de la présentation des résultats 2017 le 29 mars prochain.

 Une intégration facteur de compétitivité ?

Jean-Bernard Lévy, Président Directeur-Général du Groupe EDF s'est pour sa part félicité  « de l'aboutissement de plus de deux années de travail pour mettre en œuvre la refondation de la filière nucléaire française, avec EDF en chef de file » , et d'une intégration qui «permettra à notre industrie d'être plus performante et efficace dans la réalisation de travaux majeurs comme le grand carénage du parc, et plus compétitive pour la construction de nouvelles centrales nucléaires alors que de nombreux pays prennent conscience du rôle majeur que le nucléaire civil peut jouer dans la décarbonation de la production d'électricité.»

Mais en dehors de ses propres projets d'EPR à Flamanville et Hinkley Point, EDF devra retrouver une compétitivité fragilisée par sa propre situation et écornée par les déboires rencontrés par Areva de ces dernières années, pour espérer tirer son épingle des appels d'offres prévus en Inde, en Afrique du Sud ou en Arabie Saoudite, notamment face à la concurrence russe, coréenne ou chinoise.

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Commentaires
a écrit le 03/01/2018 à 12:09 :
@bachoubouzouc
Merci Monsieur l'Expert et grand Professeur ! De quelle grande école d'ingénieurs sortez vous ( par la grande porte !). La décision de lancer Flamanville a bien été lancée avec la visite en catastrophe de M. de Villepin en Finlande pour constater les dégâts. La presse Franchouillarde a largement occulté ces faits à l'époque. Une partie des données Finlandaises que je détiens ne sont pas publiques, donc motus de ma part. Enfin, vous savez très bien qu'une des raisons pour lesquelles le Thorium n'est pas employé est qu'il n'a pas d'applications militaires. Les filières d'enrichissement pour l'Uranium militaire et civil sont parallèles et "s'enrichissent" mutuellement. Le Thorium
n'a aucun risque de provoquer des emballements incontrolés dans sa chaîne de réactions. Carlo Rubbia pourrait vous renseigner depuis qu'il a pris sa retraite du CERN. Kiitos & Nähkemiin !
Réponse de le 03/01/2018 à 17:02 :
Encore une fois, le processus légal pour permettre la construction de FLA3, avec notamment des consultations publiques, a été lancé au moins 3 ans avant le début du chantier d'Olkiluoto. Votre version des faits ne tient tout simplement pas debout.

Sur le thorium, rappelons que la non-prolifération n'est qu'un facteur parmi d'autres pour choisir une filière, à commencer par la facilité technique et les coûts de production d'électricité.

La filière REP s'est imposée en France contre notre filière UNGG nationale et ailleurs dans le monde parce qu'elle est relativement simple, sûre et pas chère.

Ca n'est de toute évidence pas le cas de la filière thorium sinon elle se serait elle-aussi imposée. Aujourd'hui, à ma connaissance, on ne trouve guère plus dans le monde qu'un démonstrateur thorium en Inde.

Et la non-prolifération n'est pas non plus un critère pour favoriser le thorium par rapport à la filière REP parce que cette dernière n'est pas du tout adaptée à la production de plutonium militaire (l'enrichissement de l'uranium est un autre processus qui ne se fait pas en réacteur).

Vous remarquerez d'ailleurs qu'aucun Etat doté de l'arme atomique n'a jamais fait appel à la technologie REP pour la production de sa matière fissile militaire. Pas nous, pas les américains, pas les russes, pas les nord-coréens, personne.

Car pour ce type de production, il est nettement plus efficace, discret et moins cher de faire appel à de petits réacteurs de recherche dédiés.

Enfin, l'école d'ingénieur dont je sors est tout à fait ordinaire et n'a rien à faire dans ce débat : C'est vous qui nous avez jeté au visage le nom et les brillants titres de vos proches, et tout ça pour justifier un tissu de contre-vérités. Venir derrière s'offusquer, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.
a écrit le 02/01/2018 à 20:14 :
@bachobouzouk
Eh oui, Les Finlandais ont du essuyer les plâtres, pardon les bétons de l'EPR. Et quand Areva a vu la catastrophe, et que l'EPR Finlandais ne serait pas la vitrine de la nouvelle technologie Frouze, ils ont lancé en en panique la construction de Flamanville
en décembre 2007, en espérant le terminer avant Olkiluoto. Mais ils ont répété à Flamanville quasiment toutes les bourdes et erreurs d'Olkiluoto et même en pire. Un rapport émis par les autorités de Sécurité Nucléaires Finlandaise, Britannique et Française avait été remis à EdF qui n'en a pas beaucoup tenu compte. Une de mes nièces Finlandaises, Dr.Ing Anni J. en faisait partie. Les Finlandais avaient eu une expérience beaucoup plus positive avec les Rouskies de RosAtom qui ont construit la centrale de Lovisa il y a 25 ans.
Il aurait fallu finalement se lancer dans les centrales au Thorium, comme recommandées par mon ami Carlo Rubbia, Prix Nobel de Physique. Le Thorium ne produit pas de déchets !
Réponse de le 02/01/2018 à 22:38 :
Non, l'EPR de Flamanville a été lancé parce que le politique s'était rendu compte (trop tard) que l'industrie nucléaire avait besoin de se mettre un chantier sous la dent en attendant le remplacement du parc.

Il n'y a aucun rapport de cause à conséquence entre le REX de Olkiluoto 3 et la décision de construire FLA3. D'ailleurs, les premiers débats publics autour de la construction de FLA3 ont eu lieu en 2002 alors que le chantier de Olkiluoto 3 a débuté en 2005.

Et ça n'est pas Areva qui a décidé de la construction de FLA3 car il n'en sont qu'un fournisseur parmi tant d'autres, c'est bien l'Etat qui a décidé via son bras armé EDF.

Et les discussions avec les Autorités de Sûreté finlandaise et britannique ont, à ma connaissance, porté essentiellement sur des choix de conception côté contrôle-commande et ventilations. Et ces deux sujets n'ont absolument pas été la source des problèmes de FLA3.

Enfin si la filière Thorium était si prometteuse, on n'aurait pas 60% du parc mondial en REP, on aurait 60% du parc mondial au Thorium. Si personne ne se lance dans un truc, c'est peut-être que ce n'est pas aussi bien qu'on le pense.

Bref, je vous conseille de vous renseigner par vous-même sur ces sujets de débat très techniques. Il existe énormément de ressources en ligne, à commencer par les sites internet de l'ASN et de l'IRSN. Les avis de la famille et des amis, aussi brillants soient-ils, ça n'est pas suffisant.
Réponse de le 02/01/2018 à 23:12 :
Ah, et j'oubliais :

"Un rapport émis par les autorités de Sécurité Nucléaires Finlandaise, Britannique et Française avait été remis à EdF qui n'en a pas beaucoup tenu compte."

Dans l'industrie nucléaire, l'ASN est toute puissante. EDF n'a légalement pas la possibilité de ne pas tenir compte de son avis, sinon l'ASN interdit au réacteur de fonctionner.

Cet hiver, l'ASN a imposé l'arrêt des 4 tranches de Tricastin dans le cadre de travaux sur une digue. Et EDF a déclaré publiquement (pour la première fois à ma connaissance) qu'elle n'était pas d'accord avec la nécessité au titre de la sûreté d'arrêter ces réacteurs.

Mais l'entreprise l'a quand même fait, et ça lui a coûté de l'ordre de la centaine de millions d'euros au titre en pertes de production.
a écrit le 30/12/2017 à 14:29 :
Bonne chance aux équipes du nucléaire d'EDF : Exploitant un parc de centrales vieillissantes, misant sur un seul produit nouveau en catalogue : l'EPR, dont aucun exemplaire n'est en service depuis la première signature de contrat en 2008 compte tenu de sa complexité, affrontant une concurrence, notamment russe, aux produits plus simples, et moins chers, devant prendre en considération des populations inquiètes face aux dangers du nucléaire, il ne manque plus qu'un incident majeur pour que l'affaire soit pliée. Et ce sera une affaires à plusieurs centaines de milliards pour le contribuable, car démanteler une soixantaine de centrales a plus de 5Md€ pièce, cela va être douloureux. On peut toujours se consoler du fait que des 4 pays exploitant un parc nucléaire important, les USA, la Russie et le Japon, la France est le seul qui n'a jamais enregistré d'accident majeur.... ou s'en inquiéter!
Réponse de le 02/01/2018 à 16:49 :
1) L'industrie nucléaire française fait des réacteurs très sûrs et donc très chers parce que l'opinion publique le lui impose au travers de son parlement, de ses lois et de ses règlements. On peut en effet se demander s'il est bien raisonnable de payer pour des réacteurs très chers et très sûrs alors qu'à côté on autorise la cigarette qui fait au grand minimum 200000 fois plus de morts...

2) La contrainte de l'approvisionnement énergétique sur l'économie devient tellement forte que si on se met à fermer un nombre significatif de réacteurs, la France le paiera par une récession. Sans exagérer. A votre avis, les français choisiront quoi ? Peut-être un jour une ou deux zones interdites de 30km de diamètre, ou -50% sur le PIB ? Perso je me pose la question.
a écrit le 29/12/2017 à 17:59 :
J'habite en Finlande. Mme. Lauvergeon-Fric m'avait promis que je recevrais du courant depuis la centrale d'Olkiluoto le 1° juillet ....2009 !
Réponse de le 02/01/2018 à 17:00 :
C'est en général ce qui arrive dans les gros projets qu'on lance pour la première fois. Alors si en plus l'industriel joue pour la première fois le rôle d’architecte-ensemblier... L'échec était prévisible et l'actionnaire de référence est coupable d'avoir laissé faire.
a écrit le 29/12/2017 à 6:34 :
Soeur Anne , ne vois tu rien venir ...?...Si ...celà est arrivé .
Bon , exit Areva ...EDF a gagné ( après une bonne decenie de guerre ) ...et nous consommateurs allons voir l'addition arriver car ...: ce n'est pas gratuit , tout celà ...et c'a se chiffre meme ...en milliards ! Et malheureusement , ce n'est surement pas fini ( de devoir passer à la caisse , vu les precautions et garanties prises par EDF . Le malheur est que manifestement , la " filière nucliaire française " ne s'en relèvera pas ; et ceci à l'heure ou nous apprenons ( cette semaine ) que nous venons de devoir ...importer une partie de notre electricité ...! Bonne leçon de réalisme surement pour les partisants du " service publique "car comme ils peuvent le constater , la politisation des entreprises n'est pas le garant d'une saine gestion par des professionels .
a écrit le 28/12/2017 à 21:37 :
Le salut est dans la fuite, déjà EDF se venge sur ses clients, 140€ cette année de plus, arriérés des 2 années précédentes alors que tout a été payé, on est dans un pays de voleurs .
Donc panneaux solaires, chaudières à cogénération et basta le compteur linky espion de nos vies.
Réponse de le 02/01/2018 à 17:15 :
On parle ici des conséquences de décisions qui ont toutes été prises ou tolérées à la tête de l’État. EDF n'y est pour pas grand chose, et ses prix ne sont, par la loi, que le reflet de ses coûts et d'une faible marge.

Par ailleurs, si vous arrivez à vous passer totalement du réseau électrique, tant mieux pour vous.

Mais il est à peu près certain que vous n'y arriverez pas (c'est impossible, à moins de vivre en quasi ermite).

Vous continuerez donc à faire appel à la sécurité du réseau une partie du temps, il faudra donc toujours autant d'infrastructures pour vous alimenter sauf qu'en plus vous allez payer du PV et de la cogé pour produire l'autre partie du temps.

Vous allez donc dépenser beaucoup plus cher en désoptimisant le système.

C'est un peu comme si, pour traverser une rivière, vous achetiez un bateau au lieu de passer par le pont payé avec vos impôts.
a écrit le 28/12/2017 à 16:44 :
C'est généralement mauvais signe. Il va falloir ouvrir grand le porte monnaie dans qq temps.
Réponse de le 28/12/2017 à 17:46 :
Bien sûr. Et pour cela, on peut remercier tous les gouvernements depuis les années 90-2000, qui ont imposé à EDF des baisses du tarif réglementé au détriment du désendettement de l'entreprise.
Réponse de le 29/12/2017 à 2:39 :
Vous oubliez les augmentations de capital massives en faveur d'EDF et la hausse irrémédiable du coût du nucléaire qui est une énergie désormais du passé avec ses risques, déchets, manque de compétitivité, et inadaptée à des échanges énergétiques locaux plus efficients.
Réponse de le 29/12/2017 à 18:20 :
@ "@Bachoubouzouc"

À ce jour, les augmentations de capital d'EDF représentent entre 5 et 10 milliards d'euros. Soit un à trois ans de subvention au solaire à l'éolien, ou encore un quart à la moitié des dividendes qu'EDF a versé à l'Etat sur les 10 dernières années.

Là on parle de l'endettement d'EDF, de l'ordre de 35-40 milliards d'euros. On n'est pas à la même échelle.

Quant au "échanges énergétiques locaux plus efficients" vous parlez de quoi exactement ? Ou plutôt : Savez-vous vraiment vous-même de quoi vous parlez ?
a écrit le 28/12/2017 à 12:23 :
Cela apparaît surtout comme un moyen de couler Edf (pour brader l'entreprise ensuite ?). Au fait , a t-on augmenté lauvergeon ?
a écrit le 28/12/2017 à 10:13 :
C'est vraiment une performance en France qu'on arrive toujours à trouver un côté positif ( souvent complètement inexistant ) avec des formulations ad hoc "EDF seul chef de file du nucléaire français ", surtout quand il s'agit de cacher des pertes de plusieurs milliards et sans que les problèmes externes ne soient résolus.
Réponse de le 29/12/2017 à 6:38 :
...celà est encore pire que la langue de bois : là c'est de l'intox ...!
a écrit le 27/12/2017 à 21:36 :
Combien le sauvetage d'Areva par l'Et ...les contribuables ? 5,3 milliards de $ . Dérapages des coûts des chantiers EPR ( x 3 à 4), délais de livraison à rallonges, problèmes de fiabilité de certaines cuves (défauts de l'acier), stratégie hasardeuse d'expansion et de vente de l'électricité à l'international, en contradiction avec la loi de transition énergétique, coûts de maintenance et de démantèlement exorbitants (sont ils vraiment provisionnés ?) . Le cours de l'action EDF a plongé en bourse le 13/11 : une sanction . Décideurs et noblesse d'Etat ( Ena, X-Ponts) nous emmènent dans le mur.
Réponse de le 28/12/2017 à 17:48 :
"coûts de maintenance et de démantèlement exorbitants (sont ils vraiment provisionnés ?)"

Exorbitants par rapport à quoi ? Et oui, ils sont globalement bien provisionnés, dixit la Cours des Comptes.
Réponse de le 29/12/2017 à 2:43 :
Le démantèlement de Brennilis était supposé provisionné aussi et a dépassé de 20 fois les estimations initiales. Les démantèlements réservent chaque fois des imprévus et mauvaises surprises, idem pour le stockage. C'est la méthode classique de ce secteurs nucléaire mensonger d'annoncer des prix bas puis de les remonter au fil du temps. Comme pour les EPR.
Réponse de le 29/12/2017 à 18:23 :
"Les démantèlements réservent chaque fois des imprévus et mauvaises surprises"

Et le démantèlement de Chooz A, ou de Maine Yankee si on va voir à l'étranger, ils ont connu beaucoup de surprises ?

Par pitité, n'affirmez pas péremptoirement des choses si de toute évidence vous ne connaissez rien au sujet.
Réponse de le 02/01/2018 à 23:59 :
"C'est la méthode classique de ce secteurs nucléaire mensonger d'annoncer des prix bas puis de les remonter au fil du temps. Comme pour les EPR."

1) Annoncer des prix bas qui ne seront jamais respectés, ça n'est pas vraiment le propre du nucléaire, c'en est devenu par exemple un stéréotype du secteur du BTP sur lequel même Astérix a fait des blagues !

Toutes les entreprises affichent des prix bas pour attirer le client et remporter le marché, et ensuite se rattraper sur la maintenance ou les pièces détachées.

2) Sauf que ça n'est pas ce qu'a fait EDF dans ce cas-ci, puisqu'ici EDF est son propre client :

C'est EDF qui construit ce réacteur pour lui-même, et c'est dans son intérêt d'avoir effectivement les coûts de production les moins chers. Je vous rappelle qu'on était à l'époque dans les prémisses de l'ouverture à la concurrence.

Les estimations qui ont été données à l'époque (basées sur les coûts de construction du palier N4, le plus récent alors) étaient destinées pour information à un grand public qui de toute façon n'était pas décideur, puisque c'était le gouvernement qui arbitrait en son nom. EDF ne prévoyait évidemment pas que son chantier allait déraper, et n'avait donc pas des chiffres qu'elle aurait caché à l'Etat et au grand public.

Mentir délibérément sur ce chiffre n'aurait donc eu pour EDF pas beaucoup de sens, et l'entreprise a été de toute façon la première à s'en mordre les doigts puisque c'est elle qui paye en premier la facture.
a écrit le 27/12/2017 à 20:42 :
À l'époque areva était considéré comme le fleuron du nucléaire... Aujourd'hui au niveau politique j'ai entendu dire dans les médias que mondialement macron en serait un...j'espère que ça finira pas comme areva sinon on va casquer.
Réponse de le 29/12/2017 à 6:41 :
Ce n'est pas Areva qui etait le fleuron : c'etait ...Framatome . Et , merci à E Macron d'avoir finalisé la fin de cette gabgie dans la gestion d' Areva .
a écrit le 27/12/2017 à 16:18 :
réponse à CB:parler d'énergie fossile à propos du nucléaire est faire un commentaire politique et non technique; Quand on parle d'énergie fossile il s'agit d'une énergie qui par oxydation génére de la chaleur, de l'eau et du gaz carbonique. A ce que je sache vous n'oxydez pas l'uranium , ce n'est donc pas une énergie fossile.
a écrit le 27/12/2017 à 13:35 :
2 études nous montrent le coté obscure des énergies vertes.

1 - Le bilan des énergies renouvelables est très loin d'être vert.
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité vient de publier les conclusions d'un colloque intitulé Biodiversité et transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses. Ainsi, on apprend que les éoliennes tuent chaque année des centaines de milliers d’oiseaux et que l'énergie hydraulique est responsable de la disparition d’écosystèmes.

2 - L'utilisation intermittante des centrales au gaz, pour répondre à l'intermittance des énergies renouvelables, augmente leurs émissions de CO2.
Les centrales à cycles combinés au gaz naturel sont faites pour être utilisées à pleine puissance et à puissance constante. Démarrer une centrale, modifier la puissance augmente les émissions de CO2 par kwh, parfois de façon importante.
Réponse de le 29/12/2017 à 2:50 :
On utilise de moins en moins des centrales à gaz avec les renouvelables mais du stockage bien mieux adapté. Et pour les oiseaux, comparez avec les impacts du nucléaire lors du réchauffement des rivières et relargages de Fukushima en mer ou les impacts d'oiseaux sur les buildings ou encore les activités des chats vous verrez que c'est bien moindre pour l'éolien qui tourne lentement et auquel la plupart des oiseaux s'adaptent.
Réponse de le 29/12/2017 à 18:30 :
@ Luc

"On utilise de moins en moins des centrales à gaz avec les renouvelables mais du stockage bien mieux adapté."

Il n'existe aujourd'hui aucune technologie de stockage déployable à suffisamment grande échelle, tous les systèmes de batterie qui sont installés ici et là ne le sont qu'à des fins d'expérimentation ou à des doses vraiment homéopathiques et particulièrement chères.

Le problème de l'intermittence du solaire et de l'éolien reste béant à moyen terme, et c'est la raison pour laquelle ces énergies ne pourront pas (et de très loin) atteindre les objectifs qui leur sont attribués dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

Les allemands et danois ont complètement échoué la décarbonisation de leur électricité, et sont encore moins en mesure de traiter leur consommation d'hydrocarbures.

Soit ils se (re)lancent à fond dans le nucléaire en plus des VE, soit ils réalisent une récession économique comme jamais on n'en a connu, soit ils ratent complètement leurs objectifs. Il n'y aura pas d'autre choix, et il semblerait qu'ils aient déjà préféré la dernière option.
Réponse de le 02/01/2018 à 16:33 :
Luc, je maintiens :

Le stockage de l'électricité n'existe pas autrement qu'à petite échelle (au mieux de l'ordre de quelques GWh dans les STEP, et quelques dizaines/centaines de MWh dans les batteries) et à fort coût pour tout ce qui n'est pas des STEP, dont le potentiel est totalement limité. Or le besoin dans un mix à fort taux de solaire et d'éolien se compte en centaines de TWh.

On est donc bien dans quelque chose de l'ordre de l'expérimentation chère et de l'homéopathique.

Par ailleurs, le problème environnemental des ENR n'est pas les petits oiseaux (je n'en ai jamais parlé) mais l'incapacité technique pour le solaire et l'éolien à faire baisser massivement les émissions de CO2. Et donc les ressources qu'on gâche là dedans au lieu de les dépenser dans des solutions qui marchent.
Réponse de le 03/01/2018 à 19:33 :
@bouchoubouzouc
Le seul système efficace de stockage de l'énergie produite dans les heures creuses de consommation et particulièrement par les énergies "intermittentes", aussi dites "renouvelables" par abus de langage, est le
"stockage-hydraulique" par transferts interniveaux. En cas de surproduction on pompe les eaux du niveau inférieur vers le haut. Et en cas de demande excédant l'offre, on turbine l'eau du niveau supérieur vers le bas. Les Suisses sont les champions de ce genre de systèmes qu'ils ont déjà déployés pendant la II ° Guerre-Mondiale entre le lac de Zürich et le Sihlsee,
avec station de contrôle ( pas pour rigoler !) à Lachen. Une autre réalisation est entre le lac Léman et le lac de l'Hongrin. Cette dernière structure a eu pour effet de réaliser des échanges de poissons entre le bassin du Rhone et celui du Rhin. Des réalisations du même genre se situent en Autriche et il est évident que tout le massif Alpin se prête bien à cette technique. Une nouveauté récente consiste a reremplir le bassin supérieur en repompant depuis l'aval avec l'énergie intermittente des éoliennes. Cette solution a été mise en service en Laponie Finlandaise au niveau de la rivière d'Oulu et du bassin de la Saima.
a écrit le 27/12/2017 à 9:19 :
Je suis abasourdi par les commentaires que je lis quand je vois que,malgré les remarques de certains lecteurs, beaucoup continuent à mélanger nucléaire et énergies renouvelables. Les renouvelables ne sont pas une alternative au nucléaire et le nucléaire est simplement une alternative aux énergies fossiles qui s'épuisent très vite.
Réponse de le 27/12/2017 à 14:08 :
Je souhaite simplement rectifier les propos précédents, le nucléaire est une énergie fossile.
L'uranium est extrait du sol et enrichi par la suite.
L'uranium deviendra rare si nous l'utilisons comme aujourd'hui.
Etudions le thorium comme combustible plus rependu sur le globe.
Réponse de le 29/12/2017 à 6:50 :
..." Technique " ...On en douterait ; Je vous donne 2 pistes ( sur les nombreuses qui existent ) : Tapez donc ...Wikinger ...sur votre clavier , et vous y trouverez une alternative à la fois renouvelable , et industrielle ( malheureusement non française ). Chercher dans l'actualité cette semaine le chiffre de nos ( en France ) importations d'electricité . Et , souvenez vous que l'on nous a " vendu " le nucleaire pour son cout bas de production ( hors ce n'est manifestement pas le cas ) .
a écrit le 26/12/2017 à 19:43 :
A chaque fois il y a l’affichage d'une expertise, mais pour le moment il y a peu de preuves d'efficacité, sinon on aurait déjà résolu la plus part des problèmes et EDF disposerait de dizaines de Milliards d'Euros de provisions pour assurer la maintenance et la sécurité des vieilles centrales et gérer les déchets.
Le problème est que l'on ne sort pas du nucléaire aussi facilement que du charbon.
Cette filière, malgré les services qu'elle a pu rendre par le passé, présente un risque financier majeur pour EDF. Et EDF c'est l’État.
Mieux vaut juger aux faits et non aux promesses.
Réponse de le 27/12/2017 à 9:15 :
La compétitivité se mesure à l'aulne de ses concurrents. TEPCO avec wastinghouse subit encore Fukushima. Rosatom tchernobile
Les Chinois étaient partie prenante d'inkley point. L'Epr manque d'une nouvelle cuve et de commandes manuelles. Quant au rachat de l'électricité, il faut le confier à RTE. Quand à la méthanisation, on pourrait nettoyer les berges et économiser 60 mds par an avec le GPL et on aurait sur 10 ans 5 fois plus que demandé pour les centrales nucléaires. Rien n'est perdu. Il faut oublier le pessimisme
a écrit le 26/12/2017 à 16:00 :
Après le désastre d'AREVA, Dame Lauvergeon conserve-t-elle ses avantages acquis et sa Légion d'Honneur ?
Réponse de le 29/12/2017 à 6:52 :
...mystère ...! mais , je crois , il faut etre condamné , pour se voir retirer sa rosette ; hors dans cette histoire , celà va prendre ...des lustres .
a écrit le 26/12/2017 à 15:54 :
Après le désastre d'AREVA, Dame Lauvergeon conserve-t-elle ses avantages acquis et sa Légion d'Honneur ?
Réponse de le 26/12/2017 à 16:27 :
bien sur ; tant que le francophobe hollande ne sera pas poursuivi devant le TPI pour augmentations criminelles du chomage et de la dette ;
a écrit le 26/12/2017 à 15:43 :
Le nucléaire civil a connu de nombreux accidents au cours de son histoire qui auraient pu malgré tout continuer de lui donner une certaine légitimité mais voilà il y a eu t il y a encore Fukushima.

Combinaison d'une énergie puissante mais dangereuse avec les intérêts privés qui a fait que marge bénéficiaire oblige des sécurités primordiales pour la centrale ont été enlevées, à l'origine du drame actuel qui continue d’irradier l'océan et les terres.

Du coup est il raisonnable dans ce contexte de penser compétition économique alors que la préservation de nos 56 réacteurs est d'abord une question de survie ? Il est indispensable d'anticiper une fin définitive de cette énergie mais elle ne pourra se faire que progressivement du fait de sa dangerosité d'autant que nous n'avons pas encore les outils pour les démanteler.

Énergie contrainte d'être préservée en attendant des intérêts privés d'autant que les renouvelables la rendent moribonde.
Réponse de le 29/12/2017 à 11:10 :
Les "intérêts privés" n'ont aucun intérêt au nucléaire, ils préfèrent largement le charbon dont ils n'assument pas les externalités négatives (émission de gaz à effet de serre).
Le nucléaire est toujours porté par la puissance publique, car les externalités négtaives (stockage des déchets) sont assurés par les Etats.
Trump pense un peu comme vous.
a écrit le 26/12/2017 à 14:16 :
Les egos démesurés de Proglio et surtout d’Ane nous ont coûté plus qu’un bras
Réponse de le 27/12/2017 à 1:11 :
En attendant,les francais vont continuer a payer, de gre ou de force.
a écrit le 26/12/2017 à 13:28 :
passés aux oubliettes, Framatome, Alcatel-Alsthom, la cogema...

Tous ces fleurons ayant chacune leur domaine d'expertise au meilleur niveau international ont disparu.
EDF comme AREVA font tout et surtout n'importe quoi. On est obligé de sous traiter aux Japonais pour avoir des pièces de métallurgie correcte. Avec le recul c'est un désastre industriel, cette filière. D'ailleurs on n'est même plus capable de construire des centrales neuves.

Pour ce qui est du nucléaire français, le parc est vieillissant et ne pourra être maintenu qu'en dépensant énormément d'argent. Et les problèmes de traitement des déchets comme celui du démantèlement sont mal pris en compte et quasiment pas budgétisés.

C'est comme si on avait une voiture de 250 000 km. Il lui faut,en plus de l'entretien courant, une réfection de tous les joints moteurs, un changement de l'embrayage, des freins, des amortisseurs et du pot d'échappement.

Certes le véhicule est amorti mais il faut remettre tellement d'argent pour obtenir un véhicule moins performant et moins sûr qu'un véhicule neuf qu'on peut se poser la question de la rentabilité.
Réponse de le 28/12/2017 à 21:59 :
Vous avez probablement tout dit... et je m'en voudrais d'y mettre mon grain de sel (et c'est très mauvais pour les artères) même si ça donne un bon p'tit goût des Fêtes aux plats bien cuisinés. Les flops se suivent et se ressemblent... et EDF/Areva ne s'ajoutent qu'au tableau de chasse des idioties et des inepties que la France sait si bien produire... parce qu'elle sait si bien y faire.
Réponse de le 29/12/2017 à 6:59 :
Vous oubliez pas mal de choses : déjà Renault , sauvé in extremis par Ghosn,et la SNCF , en phase d'etre debranchée de son assitance respiratoire
a écrit le 26/12/2017 à 13:20 :
Quel nucléaire français ? : des vieilles centrales qui ont grandement besoin de se faire recaréner (puisque c'est le mot politiquement correct pour ça), et un EPR qui ne marche toujours pas (même si c'est moins politiquement correct de le dire).
a écrit le 26/12/2017 à 12:48 :
Il aurait fallu aller plus loin : séparer Edf nucléaire du reste, et le fusionner avec Areva.
Aujourd’hui les chiffres Edf sont pollués par le nucléaire qui est une industrie uniquement politique : dépend juste du niveau de subvention des énergies renouvelables et de la durée de vie des centrales

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