Eau : les industriels se veulent rassurants

Il n'existe pas de risque de contamination de l'eau potable, assurent les délégataires de ce service public essentiel, qui s'organisent pour fonctionner à effectifs réduits.
Giulietta Gamberini

3 mn

Ce virus ne résiste pas plus que les autres virus face aux procédés de désinfection en place sur nos usines de potabilisation (chlore, UV, ozone). Les scientifiques le confirment. Aucune contamination de l'eau potable n'a été observée et aucun cas de transmission du virus par l'eau potable n'a été détecté, précise Suez.
"Ce virus ne résiste pas plus que les autres virus face aux procédés de désinfection en place sur nos usines de potabilisation (chlore, UV, ozone). Les scientifiques le confirment. Aucune contamination de l'eau potable n'a été observée et aucun cas de transmission du virus par l'eau potable n'a été détecté", précise Suez. (Crédits : Reuters)

La production d'eau potable et le traitement des eaux usées seront pleinement assurés partout malgré l'épidémie de coronavirus. C'est le message que martèlent depuis le début de la crise sanitaire les principaux délégataires de ces services publics essentiels en France, Suez et Veolia.

"Il n'y a en effet pas de risque de contamination de l'eau potable", insiste Frédéric Van Heems, directeur général Veolia Eau France.

"Ce virus ne résiste pas plus que les autres virus face aux procédés de désinfection en place sur nos usines de potabilisation (chlore, UV, ozone). Les scientifiques le confirment. Aucune contamination de l'eau potable n'a été observée et aucun cas de transmission du virus par l'eau potable n'a été détecté", précise Suez.

Si en revanche, selon l'OMS, il pourrait bien y avoir des traces du virus dans les selles, le traitement courant des eaux usées suffit à en éliminer toute présence avant qu'elles soient rejetées dans la nature, rassure Frédéric Van Heems. Les éventuels résidus dans les boues stockées dans les stations d'épuration disparaîtraient en quelques heures, et les équipements de protection suffisent à préserver les salariés de toute éventuelle contamination, estime Veolia.

"Nous avons renforcé les mesures de protection du personnel sur nos exploitations (port de masque, de lunettes, de gants...)", assure pour sa part Suez.

Des rotations du personnel

Les difficultés que l'industrie de l'eau rencontre ne sont ainsi "pas spécifiques au métier" mais, comme pour les autres entreprises, dues d'une part à la nécessité de réduire les contacts entre salariés, d'autre part à l'absentéisme lié à la fermeture des écoles et à la réduction des transports en commun, explique Frédéric Van Heems. Pour les fonctions qui le permettent, le télétravail est donc privilégié.

"Certaines activités opérationnelles seront aussi dématérialisées, comme la relève des compteurs à domicile basée sur des estimations ou les accueils clientèle", ajoute Suez.

Quant aux fonctions qui requièrent une présence physique, des réorganisations sont mises en place. Les activités non essentielles, comme la maintenance ordinaire des réseaux, sont suspendues. Des rotations du personnel sont en outre organisées afin de réduire le nombre de personnes présentes en même temps sur les sites, explique Frédéric Van Heems, qui ajoute:

"Dans nos centres d'appels, nous filtrons les demandes non urgentes".

Une consommation susceptible de baisser

Lundi, avant l'annonce par le président de la République d'un confinement généralisé des Français, chez Veolia l'absentéisme était encore inférieur à 20%. "En cas d'aggravation, nous pourrons prioriser davantage nos actions", estimait le directeur général Eau France. Suez affirme pour sa part pouvoir assurer ses missions opérationnelles essentielles même avec des effectifs inférieurs à 40%.

Sans compter que "les plans de continuité (...) capitalisent sur des événements précédents, à l'exemple de l'épidémie du virus H1N1", souligne le groupe. Et que, même si aucune diminution n'a encore été constatée, les conséquences économiques de la crise risquent de faire baisser la consommation de l'eau, notamment de la part des industriels, note Frédéric Van Heems.

Giulietta Gamberini

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Commentaires 2
à écrit le 18/03/2020 à 17:57
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La délégation de service public, les partenariats public/privé, encore des choses qu'il faudra mettre sur la table, une fois la crise passée, au même titre que la mondialisation, le système financier, l'ordoliberalisme borné et le mal profond : Le Ca...

à écrit le 18/03/2020 à 17:18
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Ok pour l’eau mais faut il continuer à faire le triage des déchets ? Ça n’expose pas un danger pour les autres car les autres déchets sont incinérés non ?

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